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BROGLIE (ALBERT, DUC DE)

Homme politique et historien français né et mort à Paris (1821-1901). Il prit la tête du groupe royaliste de l'Assemblée nationale en 1872, puis fut ambassadeur à Londres. Président du Conseil en 1877, il fit dissoudre la Chambre. Mais après de nouvelles élections survenues quelques mois plus tard, face à une majorité républicaine, il se retira de la politique. Il est l'auteur de nombreux livres historiques. Il a aussi laissé des Mémoires. Son petit-fils Maurice (1875-1960), physicien, travailla sur les rayons X et la radioactivité. Louis (1892-1987), frère du précédent, prix Nobel de physique en 1929, est le père de la mécanique ondulatoire.

Broglie, Albert de (Paris 1821 -id. 1901); homme politique français.

Petit-fils de Mme de Staël, fils d’un ministre de Louis-Philippe, B. quitte la diplomatie quand Louis Napoléon Bonaparte prend le pouvoir. Académicien en 1862, auteur d’ouvrages comme La Liberté divine et la liberté humaine (1865) ou L’Eglise et l'Empire romain au IVe siècle (1866), il anime en 1865 l’Union libérale, avec Thiers, Dufaure, etc. Député orléaniste de l’Eure en 1871, après un échec en 1869, nommé ambassadeur à Londres, il prend la tête de l’opposition conservatrice qui force Thiers à démissionner en 1873 ; Mac-Mahon en fait alors le chef du gouvernement de l’Ordre moral : il révoque préfets et maires, poursuit la presse républicaine, multiplie les mesures répressives. L’obstination du comte de Chambord ayant fait échouer un projet de restauration, B. fait proroger pour sept ans les pouvoirs de Mac-Mahon à la tête de l’État, espérant qu’entre-temps la mort de Chambord permettra une restauration orléaniste. La manœuvre choque les légitimistes intransigeants, qui votent avec les républicains et les bonapartistes pour le renverser en 1874. La même coalition l’empêche d’être élu sénateur inamovible. Envoyé au Sénat par l’Eure en 1875, il dirige à nouveau le gouvernement pour six mois en 1877, au lendemain de la crise du 16 Mai ; mais les républicains remportent les élections, malgré les mesures coercitives qu’il a multipliées : c’est la fin de sa carrière politique. Au Sénat, il défend les congrégations et attaque la politique étrangère du pays, mais en 1885 il n’est pas réélu et se consacre alors à ses Mémoires et à des ouvrages sur Maurice de Saxe, Talleyrand, etc.

Bibliographie : D. Halévy, La Fin des notables, 1929 ; id., La République des ducs, 1937.

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