
Brissot, Jacques Pierre B. de Warville (Chartres 1754-Paris 1793); révolutionnaire français, chef des Girondins. B. a à peine trente ans lorsqu'il se jette dans l'activité journalistique révolutionnaire, après avoir commencé sa carrière comme greffier chez un procureur de Chartres. Auteur en 1780 d'une Théorie des lois criminelles où l'on trouve pour la première fois la formule : « La propriété c'est le vol », il est en 1784 enfermé à la Bastille pour un pamphlet contre la reine. Après sa libération, il trouve un emploi de gazetier à la solde du duc d'Orléans, visite l'Angleterre, la Suisse et les Etats-Unis et crée en 1786 une « Société des amis des Noirs » favorable à la suppression de l'esclavage aux colonies. De retour en France en 1789, il y fonde Le Patriote français. Député de Paris à l'Assemblée législative de 1791 à 1792, il gouverne la commission des Affaires étrangères et se prononce contre Robespierre pour le déchaînement d'une guerre européenne, parce qu'il croit ne pouvoir assurer le succès de la Révolution qu'en l'exportant au-delà des frontières. Jusqu'au début de 1793, il gère de fait la politique extérieure de la France, lui faisant déclarer la guerre à
Brissot. Coll. Roger-Viollet.
l'Autriche, puis à l'Angleterre et à la Hollande. Mais l'accueil défavorable que reçoit son grand discours du 26 juillet 1792 contre la déposition du roi est exploité par les Jacobins pour miner sa popularité. Il joue encore une fois un grand rôle à la Convention, en tant que porte-parole et chef des Girondins dits « brissotins » par leurs adversaires, mais s'expose en contrant la puissance croissante des Jacobins qui finissent par le traîner en jugement pour « fédéralisme » et le guillotiner le 31 octobre 1793. Son fils publie en 1830 ses Mémoires.
Bibliographie : S. d'Huart, Brissot : la Gironde au pouvoir, 1986.