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BRÉHIER Emile

BRÉHIER Emile. Philosophe et historien de la philosophie, né à Bar-le-Duc (Meuse) le 12 avril 1876; mort à Paris le 3 février 1952; professeur à la Sorbonne de 1919 à 1946; directeur, durant de nombreuses années, de la Revue philosophique et membre de l'Académie des Sciences morales et politiques, ainsi que de la British Academy, de l'Académie des Lincei, de l'Académie de Belgique. Il est peu d'hommes qui, par la clarté de leur esprit et la riche objectivité de leur enseignement, aient exercé une aussi profonde influence qu'Émile Bréhier. Bien qu'il n'ait exposé sa pensée personnelle qu'à travers celle des philosophes auxquels le rattachait son sentiment commun du Logos unifiant de la pensée partout opérante et partout régulatrice, elle se dégage d'articles très denses comme L'Unique pensée d'A. Schopenhauer (Revue philosophique, octobre 1938), Doutes sur la philosophie des valeurs (Revue de métaphysique et de morale, juillet 1939), Liberté et métaphysique (Revue internationale de philosophie, août 1948) et d'ouvrages tels que : La Philosophie et son passé (2e éd., 1950); Transformations de la philosophie française (Flammarion, 1950), Thèmes actuels de la philosophie (Presses Universitaires, 1951). Ses maîtres furent : Philon, Chrysippe, Plotin et Schelling. Plus proche d'un rationalisme mystique que d'un rationalisme abstrait, il ne crut pas pouvoir adhérer à une conception théiste. Il aimait à s'appliquer le mot de Plotin : « Je m'efforce de ramener le divin qui est en moi au divin qui est en l'univers. » Il en arriva à la fin de sa vie à voir dans le champ « la réalité universelle qui dépasse la distinction de la matière et de l'esprit». Jusqu'à la fin de sa vie, défiant à l'égard des formes morbides de l'existentialisme, il tint à opposer les disciplines de la pensée à l'exaltation du sentiment et au culte de l'irrationnel : « La vocation de la philosophie, affirme-t-il, est encore, comme elle l'a toujours été, d'introduire le sang-froid et la réflexion. » Il ne voulut pas désespérer de notre temps : estimant qu'un effort de méditation et de volonté reste possible, il en appelait à la sagesse contre la pratique, à la sagesse qui est « indépendance du jugement, tolérance, sincérité, maîtrise des passions ». L'oeuvre de l'historien est immense : une Histoire de la philosophie en sept volumes (1926-1932), une édition critique, avec traduction, des Ennéades de Plotin, un Chrysippe et l'ancien stoïcisme (1910), sa thèse de doctorat, les Idées philosophiques et religieuses de Philon d'Alexandrie (1901), Schelling (1912), la Philosophie de Plotin (1928), une Histoire de la philosophie allemande (1921). Une discussion assez vive l'opposa à Maurice Blondel (v. l'étude : « Existe-t-il une philosophie chrétienne », Revue philosophique, 1930). Émile Bréhier fut élu en 1944 à l'Académie des Sciences morales dont il devint président en 1950. Ses articles épars dans diverses revues (dont Sophia) vont être prochainement réunis en volume.

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