Brandt, Herbert Karl Frahm, dit Will (Lübeck 1913-Unkel 1992); chancelier allemand.
Brandt, Herbert Karl Frahm, dit Will (Lübeck 1913-Unkel 1992); chancelier allemand.
Fils naturel d'une petite employée, il quitte à vingt ans l'Allemagne pour la Scandinavie après avoir adhéré à un groupuscule marxiste d'extrême-gauche. Journaliste en Norvège (1933-1940) et en Suède (1940-1945), il ne fait, dans son pays, que de rares retours clandestins sous le pseudonyme de Brandt, au service du SAP, groupe « gauchiste » du parti socialiste. Citoyen norvégien, il revient en Allemagne, correspondant de presse des journaux d'Oslo au procès de Nuremberg et chargé de mission du gouvernement norvégien auprès du Conseil de contrôle interallié à Berlin. En 1947, il redevient allemand et s'engage dans la vie politique, comme militant puis responsable du parti social-démocrate (SPD). Elu maire de Berlin-Ouest en 1957, il est immédiatement confronté aux tensions internationales (janv. 1959 et juill-août 1961). Candidat malheureux aux élections la même année, il se consacre à l'administration de Berlin, doit faire face à l'agitation étudiante et choisit d'atténuer par sa modération les rigueurs de la situation créée par le Mur. En 1966, il forme avec le chrétien-démocrate Kiesinger un gouvernement de « Grande Coalition » et développe, en tant que vice-chancelier, sa politique d'ouverture vers l'Est (Ostpolitik). « L'ère Brandt» (1969-1974) est marquée à l'extérieur par la normalisation des relations de la RFA avec les pays de l'Est (traité sur les fondements de déc. 1972, Grundlagenvertrag) et, à l'intérieur, par l'amorce de mesures sociales (protection des salariés, programme scolaire « immédiat » - Sofortprogamm). Mais, le bilan socio-économique de ces années reste à l'avantage des classes moyennes. Auréolé par l'obtention du prix Nobel de la paix (1971), il doit cependant faire face à des difficultés sociales et politiques internes renforcées par les incertitudes de l'Ostpolitik. Il démissionne après le scandale Guillaume, un de ses collaborateurs convaincu d'espionnage pour la RDA. Présidant l'internationale socialiste depuis 1976, il dirige le SPD jusqu'en 1987, assiste à la réunification allemande et meurt en 1992.
Bibliographie : W. Brandt, De la Guerre froide à la détente 1960-1975, 1978 ; W. Brandt, Mémoires, 1990.
BRANDT, Karl Herbert Frahm, dit Willy (Lübeck, 1913-près de Bonn, 1992). Homme politique allemand. Président du Parti social-démocrate (1964-1987), il fut chancelier de la République fédérale (1969-1974). Il voulut rendre à l’Allemagne une politique indépendante de celle de l’allié américain et engagea une politique d’ouverture à l’Est, l'Ostpolitik. Issu d’une famille populaire d’Allemagne du Nord, Willy Brandt, de son vrai nom Herbert Frahm, milita très tôt à l’aile gauche du Parti social-démocrate (SPD) puis émigra en 1933, après l’arrivée au pouvoir de Hitler, en Norvège où il devint citoyen de ce pays sous le nom de Willy Brandt. De retour en Allemagne en 1945, il fut correspondant de journaux norvégiens au procès de Nuremberg puis collaborateur de la représentation diplomatique de Norvège à Berlin. De nouveau citoyen allemand en 1947, il milita activement au sein du SPD et devint, en 1955, président du Parlement de Berlin-Ouest. Elu maire de la ville (1957-1966), il symbolisa à partir de 1961 - date de la construction du mur - l’opposition au régime communiste. Aux élections générales de septembre 1961, Brandt fut candidat du SPD à la chancellerie face au chancelier Adenauer, mais ce fut un échec, renouvelé lors des élections de 1963 -l’opinion allemande lui préférant Ludwig Erhard. En décembre 1966, Brandt, président du SPD depuis 1964, accepta de constituer avec les chrétiens-démocrates et les libéraux un cabinet de grande coalition dans lequel il fut vice-chancelier et ministre des Affaires étrangères. Au lendemain des élections de 1969, les libéraux changèrent d’alliés et appuyèrent le SPD rejetant, fait sans précédent, les chrétiens-démocrates dans l’opposition. Devenu chancelier fédéral (octobre 1969-mai 1974), Brandt, comme Adenauer, se consacra surtout à la politique étrangère. Sans abandonner ses liens d’amitié avec les Etats-Unis, le chancelier inaugura une politique d’ouverture vers l’Est (Ostpoli-tik) normalisant les rapports de la RFA avec l’URSS et les démocraties populaires, particulièrement la RDA. Il signa à Moscou, en août 1970, le traité reconnaissant comme polonais les anciens territoires allemands à l’est de la ligne Oder-Neisse et reconnut la RDA avec laquelle furent noués des liens politiques, économiques et culturels. VOstpolitik permit aussi le règlement de la question allemande qui empoisonnait les relations Est-Ouest depuis 1945 et permit l’entrée à l’ONU des deux Allemagnes en 1973. La politique de Brandt lui valut une grande popularité internationale mais provoqua un certain malaise dans une partie de l’opinion allemande, accentué par des gestes spectaculaires comme l’agenouillement du chancelier devant le monument célébrant le martyre du ghetto de Varsovie. Cependant, son prestige fut sanctionné par l’attribution du prix Nobel de la paix (octobre 1971) et confirmé par sa brillante réélection de novembre 1972. Contesté sur sa gauche pour sa politique économique jugée trop libérale (attentats de la bande à Baader) et atteint personnellement par l’affaire de l’espion Guillaume - proche collaborateur de Brandt, agent des services secrets est-allemands - il démissionna en mai 1974.
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