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BOULGAKOV Mikhaïl Afanassiévitch

BOULGAKOV Mikhaïl Afanassiévitch. Écrivain russe. Né le 2 mai 1891 à Kiev, mort le 10 mars 1940 à Moscou. Fils d'un professeur de théologie, il fit ses études à la faculté de médecine de l'Université de Kiev et travailla comme médecin de campagne jusqu'en 1919; à partir de 1920, il devint un professionnel du journalisme. Ses premiers récits formèrent les recueils : La Diabo-liade [1925], Les Oeufs fatals [1925], Coeur de chien [1925], qui appartiennent tous au genre « fantastique noir » et dénoncent les traits effrayants de la réalité soviétique capable d'accoucher de monstres ou d'accepter un simple chien transformé en être humain à un poste de fonctionnaire. Le roman La Garde blanche [ 1925] décrit le chaos de l'époque révolutionnaire à Kiev et, tout en glorifiant la vieille intelligentsia russe, montre le caractère inéluctable de la Révolution d'octobre dont la tâche historique fut de balayer l'ancien ré-gime pourri; transformé en drame sous le titre Les Jours des Tourbines, il eut un grand succès et fut joué au Théâtre artistique de Moscou plusieurs décennies. Par contre, les autres drames de Boulgakov, tels que La Fuite [1928], Les Derniers jours [1933-1935], La Cabale des dévots [1936], ainsi que ses comédies L'Appartement de Zoïka (1926] et L'Ile pourpre (1929] furent interdits par a censure ou bien invectivés par la critique dite prolétarienne. Boulgakov, profondément traumatisé par le sort de ses oeuvres, essaye, en 1930, d obtenir l'autorisation d'émigrer, mais il fut nommé à un poste secondaire au Théâtre d'Art de Moscou (assistant-metteur en scène) où il resta jusqu'à ses derniers jours sans pouvoir se manifester en tant qu'auteur. Son grand roman Le Maître et Marguerite [1928-1940] ne put être publié que vingt-six ans après sa mort, en 1966; ce roman donne un vaste panorama de la vie à Moscou pendant les années 30 et 20; l'apparition du Diable parmi les habitants de la capitale fait ressortir les défauts cachés du régime bureaucratique. Un des plus grands écrivains russes du XXe siècle est mort, seulement connu dans son pays comme l'auteur d'une seule pièce, celle que Staline avait eu « le bon plaisir » de faire jouer.

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