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Bonaparte, Lucien (Ajaccio 1775-Viterbe 1840) ; prince de Canino.

Bonaparte, Lucien (Ajaccio 1775-Viterbe 1840) ; prince de Canino. Le troisième fils de Charles Buonaparte se fait remarquer très jeune par son esprit d'indépendance et son intelligence. Orateur du club des Jacobins d'Ajaccio, il se prononce en mai 1793 contre la trahison anglaise de Paoli. Réfugié sur le continent, il se marie une première fois avec Christine Boyer avant d'être emprisonné pour jacobinisme dans l'été 1795. Libéré sur l'intervention de Napoléon, il est élu au Conseil des Cinq-Cents en 1797. Il en devient président. Ce poste lui permet de préparer le 18 Brumaire. Nommé au Tribunat il accède en décembre 1799 au poste de ministre de l'intérieur. Mais déjà il s'oppose à son frère sur la question de la succession et à Fouché sur ses probables prévarications. Il démissionne et reçoit en compensation l'ambassade de Madrid. Rentré en France, il retrouve le Tribunat, mène grand train, protège Mme de Staël, Chateaubriand et Béranger, collectionne les tableaux et se remarie avec Alexandrine Jacob de Bleschamp, veuve d'un agent de change, qui lui donne neuf enfants, dont Pierre Napoléon qui plus tard allait assassiner le journaliste Victor Noir (1870). Ce mariage aggrave le conflit en suspens avec l'Empereur. Il refuse de divorcer et, hostile à la monarchie dynastique qui s'annonce, il part pour Rome en avril 1804. Pie VII l'accueille favorablement et lui concède la châtellenie de Canino en février 1808. Il se réconcilie toutefois avec son frère au moment des Cent-Jours. Lors de l'abdication, il se réfugie de nouveau dans les Etats pontificaux, soutenu face aux alliés par le pape, rédige ses Mémoires, ampute par besoin d'argent sa collection de tableaux, loue son palais de Canino et s'installe à Viterbe où il meurt le 30 juin 1840 d'un cancer à l'estomac. Bibliographie : J.-P. Rioux, Les Bonaparte, Bruxelles, 1982,1.1 et II.

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