Bolivar, Simon José Antonio
Bolivar, Simon José Antonio (Caracas 1783-Santa Marta, Colombie, 1830); libérateur de l'Amérique du Sud.
Né au Venezuela, B. est issu d'une riche famille créole. Prématurément orphelin, il est élevé par son précepteur Simon Rodriguez dans l'esprit de l'Émile de Rousseau. Ses études le conduisent en Europe, où il assiste au spectaculaire auto-couronnement de Napoléon Ier, mais il est surtout fasciné par Rome et sa grandeur passée qui lui inspirent le serment de se battre pour l'indépendance de l'Amérique du Sud. Sans doute est-il alors initié à la franc-maçonnerie. Il rentre en 1807 dans la capitale du Venezuela avec le sentiment d'une mission à remplir et prend part en 1810 au soulèvement qui renverse les représentants de Joseph Bonaparte alors roi d'Espagne. Pour B. cette action ne signifie pas, comme pour beaucoup d'autres aristocrates rebelles, la confirmation du monarque déchu Ferdinand d'Espagne, mais le prélude d'une guerre d'indépendance longue et sanglante. Envoyé en Angleterre solliciter un appui à la rébellion, B. y rencontre le père spirituel de l'indépendance américaine, Francisco de Miranda, et le persuade de revenir au Venezuela. Une nouvelle république constitutionnelle indépendante y est proclamée en 1811, et Miranda reçoit le commandement suprême de l'armée et les pleins pouvoirs dictatoriaux. Affaiblis dans leur audience par un terrible tremblement de terre que l'Église officielle présente comme une punition du ciel, les patriotes subissent néanmoins très vite une lourde défaite devant les royalistes à Puerto Cabello défendu par B. Miranda capitule et tente de quitter le pays. Il en est empêché par B. qui aurait accusé le vieil homme de trahison avant de le livrer aux Espagnols. B. ne s'est jamais expliqué sur cet épisode. B. se réfugie en Nouvelle-Grenade (aujourd'hui la Colombie) où il trace dans un Manifeste de Carthagène, devenu célèbre, son programme d'action et rassemble une nouvelle armée avec laquelle il marche sur Caracas et écrase les royalistes en de sauvages combats. Proclamé libérateur du Venezuela en 1813, il reçoit les pleins pouvoirs un an plus tard. Mais les royalistes reprennent une nouvelle fois le dessus au Venezuela et en Nouvelle-Grenade et B. doit fuir en Jamaïque puis en Haïti. Sa Lettre de Jamaïque, pénétrante analyse des réalités et de la diversité de l'Amérique espagnole, précise ses idées politiques : régime démocratique au gouvernement fort, constitution de nouveaux ensembles territoriaux, alliance des nations américaines. C'est entre 1817 et 1820, après un nouveau débarquement sur le continent, qu'il parvient à libérer définitivement le Venezuela et la Nouvelle-Grenade, où une audacieuse opération de franchissement des Andes lui assure une victoire décisive. Ses dons de stratège, le renfort de volontaires européens et le soutien croissant de la population locale ont assuré le succès de sa guérilla et des campagnes acharnées contre les Espagnols. Les événements d'Europe, comme l'effondrement de l'Empire napoléonien et l'appui discret de l'Angleterre victorieuse, l'aveuglement de Ferdinand VII puis les succès de la révolution libérale de 1820 en Espagne, ont largement contribué à accélérer le développement du mouvement d'indépendance latino-américain. En 1819, B. a fait connaître au congrès d'Angostura (aujourd'hui Ciudad Bolivar) son plan de réunion du Venezuela, de la Nouvelle-Grenade et de la province de Quito (Equateur) encore asservie en un nouvel Etat, la Grande-Colombie, qui se met alors en place. Mais B., élu président à son corps défendant, délègue ses pouvoirs au vice-président Santander afin de poursuivre en personne la lutte d'indépendance inachevée en Equateur. Avec son meilleur général et ami, Antonio José de Sucre, il écrase en 1822 l'armée espagnole et entre en grande pompe à Quito. Son homologue argentin San Martin, en difficulté au Pérou, l'appelle à la rescousse. B. n'est pas défavorable à une démarche commune, mais l'entrevue de Guayaquil révèle malgré l'estime mutuelle d'insurmontables divergences, résolues par le retrait de San Martin qui abandonne à B. et Sucre la reconquête du Pérou. La bataille d'Ayacucho met fin en 1824 à la domination espagnole en Amérique du Sud. B. et Sucre poursuivent leur marche au sud du Pérou, où quatre provinces se détachent de l'ensemble argentin (alors Rio de la Plata). B. élabore un projet de Constitution de cette nouvelle République de Bolivie, dont Sucre est nommé président. Pendant que B. s'efforce d'installer au Pérou un gouvernement responsable et jette à El Cuzco les bases de l'émancipation des Indiens, la Grande-Colombie, créée de toutes pièces, se désagrège dans la vacance du pouvoir : échec dû pour une part aux dépenses élevées entraînées par les campagnes de B. et pour une autre part à l'incapacité des régions à travailler ensemble. Lorsque B., déjà gravement malade, rentre en 1826 à Bogota puis à Caracas, il est évident qu'en dépit de son prestige intact il ne jouit plus du soutien de son entourage. Son idée d'alliance continentale panaméricaine englobant l'Amérique du Sud, le Mexique, l'Amérique centrale et le Rio de la Plata, dans laquelle les nations d'Amérique latine régleraient leurs différends dans un congrès au pouvoir arbitral, se heurte à une vive opposition dans des pays à l'ossature encore fragile. Après l'infructueux congrès de Panama (1826), il faudra plus d'un siècle pour que la vision de B. devienne réalité. La popularité de B. décline face à l'opposition libérale et fédéraliste manifestée à la convention d'Ocana et B. lui-même est victime d'une tentative d'assassinat. La Bolivie et le Pérou entrés en conflit échappent à son autorité ; le rêve d'une Grande-Colombie se disloque avec la sécession de l'Equateur et du Venezuela. Aigri, le grand libérateur et fondateur des Etats d'Amérique du Sud abandonne le pouvoir en janvier 1830 et meurt sur le chemin de l'Europe où il allait chercher le repos.
Bibliographie : S. Bolivar, Pages choisies, trad. C. Vincent, 1966 ; G. Saurat, Simon Bolivar le Libertador, 1990 ; Cahier de l'Herne sous la direction de L. Tacou, Simon Bolivar, 1986.
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