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Bethmann-Hollweg, Theobald von (près d'Ebeeswalde, Brandebourg, 1856-Hohen-finow 1921) ; homme politique allemand.

Bethmann-Hollweg, Theobald von (près d'Ebeeswalde, Brandebourg, 1856-Hohen-finow 1921) ; homme politique allemand. Dès son entrée en fonction à la chancellerie du Reich en juillet 1909, B. est confronté à de sérieux problèmes : le refus de plus en plus manifeste de Guillaume II de se considérer comme le représentant de la volonté politique générale au sein d'un système constitutionnel, les discordances politiques entre le Reich et la Prusse, l'ignorance de Bülow des transformations politiques et sociales, enfin la question de la répartition des pouvoirs dans la direction de l'Empire, notamment entre les organes militaires et civils. D'esprit fondamentalement conservateur quoique ouvert aux courants de son temps, B. a acquis une longue expérience dans la haute administration. À partir de 1906, il est ministre de l'intérieur de Prusse et secrétaire d'Etat à l'intérieur pour l'Empire. Il semble tout à fait apte à pouvoir concilier la structure sociale de l'Empire et le système politique conservateur façonné par Bismarck. Ce chancelier scrupuleux, intimement convaincu de la gravité de la situation mais velléitaire sur le plan politique, ne paraît pas être à la hauteur de sa mission. Face à l'attitude rigide des conservateurs, il ne parvient pas à réformer le système électoral prussien dit des « trois classes ». Il ne fait pas non plus preuve de constance à l'égard du Parlement et du ministère d'Etat de Prusse. L'Allemagne entre donc dans la Première Guerre mondiale avec un parti social-démocrate (SPD) qui, depuis les élections législatives de 1912, représente la plus importante fraction au Reichstag (110 sièges), mais sans que son importance corresponde réellement à son poids politique. Dans le domaine de la politique étrangère, B. est confronté lors de sa prise de fonctions au problème inquiétant de l'isolement de l'Allemagne, depuis que l'Angleterre et la Russie ont conclu en 1907 une alliance. Il sait clairement que la situation extérieure du Reich dépend des relations avec le Royaume-Uni, celles-ci étant conditionnées par la question de la flotte, ce qui entraîne une série de négociations entre 1909 et 1911. Ces dernières s'achèvent en 1912 avec la visite à Berlin du ministre britannique de la Guerre Haldane. Les discussions échouent, car B. exige qu'en échange de concessions allemandes sur cette question, l'Angleterre s'engage formellement à rester neutre en cas de guerre. L'affaire aboutit d'autant moins que l'amiral Tirpitz, chef de la marine allemande, s'active à développer la flotte impériale. Il n'empêche que des conversations se poursuivent entre Berlin et Londres sur divers sujets internationaux, comme la politique coloniale ; une coopération diplomatique s'établit même lors des guerres balkaniques. Néanmoins, l'Allemagne ne réussit pas à remettre en cause l'alliance de l'Angleterre avec ses partenaires de l'Entente et B. s'illusionne quant à la position britannique. En juillet 1914, il ne croit toujours pas que la Grande-Bretagne puisse entrer en guerre. Après l'attentat de Sarajevo, il essaie de maintenir la paix. Guillaume IL qui assure la primauté de l'autorité politique sur l'appareil militaire, s'y refuse. Sur le plan intérieur, la déclaration de guerre a lieu sous le signe de la trêve parlementaire. Le Reichstag, y compris le SPD, vote les crédits de guerre et se rallie au gouvernement. B. attache à son nom une triste célébrité en qualifiant de « chiffon de papier » le traité qui garantissait la neutralité de la Belgique, envahie par l'armée allemande. Mais les espoirs d'une victoire rapide se dissipant, les oppositions politiques commencent à se faire sentir. Une rude controverse s'élève dans le pays sur les buts de guerre poursuivis par l'Allemagne de Guillaume IL À la fin de l'année 1916, B. prend des initiatives de paix, mais celles-ci demeurent vagues, ce qui place le chancelier dans une position ambiguë quand l'Alle magne se lance à outrance dans la guerre sous-marine. Bien qu'il soit à la fois conscient des limites de la puissance allemande et convaincu de la nécessité d'obtenir le soutien du SPD, B. ne se montre pas conséquent en ne renonçant pas au programme annexionniste défendu par les milieux militaires, industriels et conservateurs. Il perd progressivement tout appui politique. Une nouvelle crise survient, avec la scission du SPD et l'opposition du centre à la stratégie de guerre sous-marine. En 1917, un rassemblement parlementaire regroupe les centristes, les sociaux-démocrates et les progressistes. Dans son message pascal de 1917, B. annonce des réformes intérieures mais pour un avenir jugé lointain. Il suffit que Hindenburg et Ludendorff demandent son renvoi pour qu'il tombe. Il s'éteint à Hohenfinow le 1er janvier 1921.

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