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Benoît XV, Giacomo Della Chiesa (Gênes 1854-Rome 1922) ; pape [1914-1922].

Benoît XV, Giacomo Della Chiesa (Gênes 1854-Rome 1922) ; pape [1914-1922]. Originaire d'une famille de la noblesse génoise, il poursuit ses études à Rome, au collège Capranica, puis à l'Université grégorienne, et est ordonné prêtre en 1878. Il fréquente ensuite pendant deux années l'Académie des nobles ecclésiastiques où l'Église romaine forme ses futurs diplomates. Secrétaire particulier du cardinal Rampolla del Tindaro (que le pape Léon XIII fait secrétaire d'État en 1887), Giacomo Della Chiesa entre en 1887 comme minutante (scribe) à la secrétairerie d'État et s'initie aux grandes questions internationales ; il est promu successivement substitut de la secrétairie d'État (1901), mais est éloigné de Rome par Pie X qui le fait archevêque de Bologne (1907) et le nomme tardivement cardinal (1914). Élu pape le 3 septembre 1914 par le conclave qui se réunit à l'aube du premier conflit mondial, il prend le nom de Benoît XV et s'efforce en vain pendant toute la durée de la guerre (où l'Italie s'engage à son tour en 1915 aux côtés des Alliés) de mettre fin aux hostilités. Il affirme fermement la neutralité du Saint-Siège dès sa première encyclique, Ad Beatissimi (1er nov. 1914). Le nom de B. demeure principalement attaché à la note diplomatique du 1er août 1917 qu'il adresse à l'ensemble des puissances belligérantes : il y propose une restitution réciproque des territoires occupés, l'évacuation de la Belgique, la liberté de la navigation et l'ouverture de négociations sur les conflits territoriaux, et condamne vigoureusement la guerre comme un « carnage inutile ». La note pontificale suscite une vive réprobation en France, où le gouvernement Clemenceau entend poursuivre la guerre jusqu'à ce que la France ait recouvré les provinces arrachées par l'Allemagne en 1871 et où le dominicain Ser-tillanges manifeste publiquement la désapprobation des catholiques français ; l'accueil est également décevant en Allemagne. En 1918, le Saint-Siège est exclu, à la demande de l'Italie, des négociations préalables au traité de Versailles. B., avec l'aide de son secrétaire d'État, le cardinal Gasparri, poursuit néanmoins dans l'après-guerre une intense activité diplomatique et religieuse en Europe orientale, notamment en Pologne et auprès de la Russie bolchevique ; il obtient le rétablissement des relations diplomatiques avec la France (1920) et célèbre la même année la canonisation de Jeanne d'Arc. Il multiplie les initiatives missionnaires. Le pape oeuvre enfin à un rapprochement avec l'Italie libérale, où il soutient les mouvements d'action catholique et consent sans l'appuyer à la création d'un premier parti démocrate-chrétien, le Partito Popolare Ita-liano (PPI) de Luigi Sturzo ; mais l'arrivée de Mussolini au pouvoir, l'année même de la mort du pape (1922), en interdira le développement. Bibliographie : G. Goyau, Papauté et Chrétienté sous Benoît XV, 1922.

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