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Bénès, Edvard

Bénès, Edvard (Kozlany 1884-Sezimovo-Usti 1948) ; président de la Tchécoslovaquie [1935-1938] puis [1945-1948]. Cet universitaire d'origine modeste formé en France se forge une pensée politique inspirée de la social-démocratie puis du radicalisme français. Favorable avec Masaryk à un État tchèque émancipé de l'Empire austro-hongrois et indépendant, démocratique et appuyé sur l'Entente, il participe en juin 1918 au gouvernement provisoire du nouvel État tchécoslovaque dont il est Premier ministre en 1921-1922, avant d'en conduire la diplomatie jusqu'en 1935. Il fonde sa politique sur le statu quo en Europe et l'arbitrage international (protocole de Genève en 1924) et s'avère un actif promoteur de la SDN qu'il préside en 1935. Chef du parti socialiste national depuis 1920, il succède à son ami T. Masaryk en 1935 à la tête de l'État. Victime de la passivité des puissances occidentales face à Hitler, il ne peut faire face à l'agressivité de ce dernier et démissionne en septembre 1938 après les accords de Munich. Exilé à Londres pendant la guerre, il reconstitue avec les communistes un gouvernement de coalition en 1941. De nouveau président en 1945, il compte s'appuyer sur l'alliance soviétique en laquelle il voit le garant de l'indépendance de son État. Mais en février 1948, sous la pression du parti communiste tchécoslovaque, il doit approuver la formation d'un gouvernement où les communistes sont majoritaires. Affaibli par la maladie, il démissionne en juin après des élections manipulées et meurt peu après.



BENÈS, Edvard (Kozlany, Bohême, 1884-Sezimovo-Usti, 1948). Homme politique tchécoslovaque. Attaché à la démocratie libérale, il fut écarté du pouvoir par les communistes en 1948 après le « coup de Prague ». Fils de paysans, Benès fit des études de droit et de science politique aux universités de Prague, Paris et Dijon. Enseignant d’économie politique à l’université de Prague (1909-1915), il se rallia aux Alliés en 1915 et rejoignit Masaryk aux côtés duquel il lutta pour l’indépendance de la Tchécoslovaquie. Secrétaire général du Conseil national tchécoslovaque, il le transforma bientôt en gouvernement provisoire (juin 1918). Ministre des Affaires étrangères (1918-1935), il représenta la Tchécoslovaquie à la conférence de la paix (1919), puis à la SDN dont il assura la présidence en 1935. Benès fonda la sécurité du nouvel État sur une alliance avec la France (Petite-Entente). Élu président de la République (1935) après la retraite de Masaryk, il se démit de ses fonctions en 1938 à la suite des accords de Munich considérés comme une trahison des démocraties occidentales et s’exila à Chicago, Paris puis Londres. Président du gouvernement tchécoslovaque en exil (1940), il signa à Moscou un traité d’alliance ( 1943). Rentré à Prague après la libération du pays par l’armée Rouge (mai 1945), il élabora avec Gottwald, dirigeant du Parti communiste tchécoslovaque, le programme d’une « révolution nationale démocratique ». Président de la République (1945-1948), il constitua un gouvernement de coalition présidé par Gottwald dont le parti avait obtenu aux élections législatives 38 % des suffrages. Cependant, la pression de Moscou dans le nouveau contexte de la guerre froide jointe aux manifestations de rue soutenues par Gottwald imposèrent à Benès la formation d’un nouveau gouvernement exclusivement communiste. Après le « coup de Prague », Benès se retira de la vie politique.

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