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Bellarmin, Robert (Montepulciano, Toscane, 1542-Rome 1621) Jésuite et cardinal italien.

Bellarmin, Robert (Montepulciano, Toscane, 1542-Rome 1621) Jésuite et cardinal italien. B., neveu du pape Marcel II, est issu d'une vieille famille aristocratique de Toscane. Il fait partie de ces grandes personnalités de la Compagnie de Jésus, dont il devient membre en 1560, qui ont durablement influencé en leur temps les débats sur les questions spirituelles. Entré à dix-huit ans dans les ordres et devenu à l'âge de vingt-sept ans professeur de théologie à Louvain, il acquiert bientôt une notoriété à l'échelle européenne. En 1576, Grégoire XIII l'appelle à Rome. Ses cours au Collège romain connaissent une grande affluence, en raison de sa science prodigieuse, de son ouverture aux problèmes de son temps, tels ceux du droit naturel ou de la science de la nature, mais surtout en raison de sa force de conviction religieuse. B. forme ainsi de nombreux missionnaires qui se rendent dans les pays protestants, en Allemagne et en Angleterre. Le fruit de cette activité d'enseignement n'est autre que son principal ouvrage, les Disputationes de controversiis christianae fidei, ainsi que son célèbre Catéchisme. Ses écrits suscitent une énorme littérature dans le camp protestant ; on crée même à plusieurs reprises des chaires antibellarminiennes ! En dépit de ses protestations, le pape Clément VIII le nomme en 1599 cardinal et membre du tribunal de l'inquisition. C'est dans l'exercice de cette fonction qu'il exhorte Giordano Bruno à se rétracter et Galilée à renoncer à la publication de ses théories tant qu'elles ne sont pas des vérités démontrées, parce qu'elles peuvent être dangereuses pour la foi des hommes simples. Durant huit pontificats successifs, B. reste auprès des papes un conseiller plein de modération, mais pas toujours accommodant. Sixte Quint veut mettre ses Disputationes à l'index parce qu'elles ne reconnaissent à la papauté qu'un pouvoir indirect dans le domaine temporel. B. enseigne d'autre part que les princes ne tiennent pas leur autorité immédiatement de Dieu, mais par l'intermédiaire du peuple, qui a le droit de se révolter et même, le cas échéant, de changer la forme du gouvernement. B. empêche Clément VIII de trancher prématurément la querelle de la Grâce qui oppose depuis des décennies molinistes et défenseurs de saint Thomas, en démontrant que la foi n'est pas en jeu et qu'il ne s'agit que d'un point de doctrine théologique. Mais comme il a, à cette occasion, fait remarquer au pape la faiblesse de ses connaissances théologiques, ceci lui vaut d'être envoyé en punition dans l'archevêché de Capoue, où il reste trois ans. Son autobiographie, publiée par Döllinger, témoigne de sa grande piété et de sa modestie. Il est canonisé en 1930 et proclamé l'année suivante docteur de l'Église. Bibliographie : Bellarmin, Autobiographie, Munich, 1897 ; J. Brodick (S.J.), Robert Bellarmin, l'humaniste et le saint, trad. J. Boulangé, Bruges, 1963.

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