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Bebel, August (Cologne 1840 - Passugg, Suisse, 1913) ; homme politique allemand.

Bebel, August (Cologne 1840 - Passugg, Suisse, 1913) ; homme politique allemand.

Fils d'un sous-officier prussien mort prématurément, B. connaît dans sa jeunesse des conditions d'existence misérables. Après avoir fréquenté l'école des pauvres et l'école élémentaire, il apprend le métier de tourneur. Ses années de compagnonnage le conduisent à Leipzig qui est alors le centre du mouvement ouvrier allemand. En 1861, il s'inscrit à l'Association des travailleurs de Leipzig, qui ne poursuit pas encore des buts politiques. Mais déjà l'action de Lassalle et la création de son « Association générale des travailleurs allemands» (1863) entraînent une politisation croissante du mouvement ouvrier. À cette époque, B. estime encore que « le socialisme et le communisme sont des concepts totalement étrangers ». Sous l'influence de Wilhelm Liebknecht, il se convertit à la pensée marxiste ; en même temps, il s'éloigne de plus en plus de Lassalle. Cette attitude l'amène à prendre position contre la politique prussienne de la « Petite Allemagne ». B. combat aussi le point de vue des lassalliens qui défendent à Eisenach (1869) l'idée d'une stricte organisation centralisée d'un « parti socialiste des travailleurs », au sein duquel la pensée marxiste s'unit au radicalisme bourgeois pour constituer une « social-démocratie » typiquement allemande. Malgré des dissensions internes, B. est à partir d'Eisenach le chef incontesté du parti social-démocrate allemand. À partir de 1868, B. appartient sans discontinuité d'abord au Parlement d'Allemagne du Nord puis, en 1871, au Reichstag. Malgré les lois d'exception contre les socialistes (oct. 1878), la social-démocratie allemande se développe et devient le plus puissant parti du pays : en 1890, le parti compte 1 500 000 électeurs et seul le système électoral inégalitaire l'empêche de constituer la plus importante fraction au Reichstag. B. exerce également une grande influence sur l'opinion publique grâce à ses nombreuses publications. En particulier, son ouvrage La Femme et le Socialisme connaît une large diffusion et, en 1910, en est à sa 50e édition. Après la levée des lois antisocialistes, l'incertitude règne quant à l'attitude future de l'État à l'égard de la social-démocratie ; les milieux conservateurs se préoccupent de l'issue des élections du 20 février 1890. Le parti social-démocrate adopte une position modérée afin d'éviter l'apparition d'une nouvelle crise. Lors des discussions avec la « jeune » opposition, B. explique que, pour construire l'Etat socialiste de l'avenir, il est nécessaire de conquérir les masses par le suffrage universel. La position personnelle de B. au sein du parti sort renforcée de toutes ces épreuves. En conformité avec Vollmar, il conçoit « l'activité politiquement réformatrice » du parti comme un « frein », convaincu qu'il est que la lutte finale pour la victoire du socialisme est sur le point d'éclater. Comme Engels, il croit pouvoir établir le « calcul mathématique exact » du moment où la social-démocratie pourra prendre possession de l'héritage de la « société bourgeoise moribonde ». B. participe très activement aux vifs débats internes qui ont lieu au tournant du siècle concernant la tactique politique que le parti devrait suivre pour accéder au pouvoir. Il apporte également une importante contribution dans le débat théorique sur les fondements idéologiques du parti.

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