Baudouin (1285-1354) ; archevêque de Trêves [1307-1354].
Baudouin (1285-1354) ; archevêque de Trêves [1307-1354]. B., issu de la puissante maison de Luxembourg, devient archevêque à vingt-deux ans après avoir été arraché à ses études parisiennes. En 1308, avec l'aide de l'archevêque de Mayence, Pierre d'Aspelt, il favorise l'élection de son propre frère Henri VII au trône d'Allemagne. Pendant les années qui suivent, il apparaît comme le personnage le plus marquant de l'épiscopat allemand ; il se fait en même temps le défenseur passionné des droits allemands contre les menées françaises depuis que le roi Philippe le Bel a avancé en 1308 la candidature au trône impérial de son propre frère Charles de Valois. Lorsque Henri se rend en Italie (1310), B. est à ses côtés ; il assiste là-bas à la mort de l'Empereur et à son enterrement à Pise. Les deux électeurs rhénans dirigent à nouveau l'élection royale de 1314 ; avec la Bohême, le Brandebourg et la Saxe-Lauen-bourg, ils soutiennent Louis le Bavarois contre le Habsbourg, Frédéric le Beau. Lors du conflit entre les Wittelsbach et la Curie, B. joue un rôle d'intermédiaire entre les deux partis. Il sait freiner les ardeurs de son neveu, Jean de Bohême, lors du séjour aventureux de celui-ci en Italie. Il devient administrateur à Mayence en 1328, à Spire et à Worms en 1331 ; en 1336, il renonce volontairement à l'archevêché de Mayence, à l'administration duquel il oeuvrait depuis huit ans. C'est B. qui rédige les conclusions de la convention de Rhens (1338), qui représentent une avancée considérable et durable pour la constitution de l'Empire : les princes-électeurs y défendent le droit qui leur revient d'élire librement le roi et rejettent l'approbation de l'élection par le pape, ainsi que toute forme de prétention pontificale à une confirmation. Ces conclusions sont conçues comme une sentence de droit coutumier, valable pour les élections à venir ; elles sont reprises et justifiées dans le traité De juribus regni et imperii, dédié en 1340 à B. par son protégé, Lupold von Bebenburg (évêque de Bamberg, 1353-1363) ; en 1356, le petit-neveu de B., Charles IV, élu dix ans plus tôt, en utilisera les conclusions pour en faire le fondement de la Bulle d'or, qui posera les conditions de l'élection du roi et les droits des princes-électeurs. L'archevêque, qui défend avec ardeur les intérêts de la maison de Luxembourg, joue encore le rôle de lieutenant général auprès de Charles. B. est le véritable créateur de l'électorat de Trêves, principauté qu'il développe et consolide par une politique délibérée de construction de châteaux forts et par toutes sortes de perfectionnements administratifs. Peu après sa mort, le Luxembourg est transformé en duché et c'est là sans doute, indirectement, le résultat de ses efforts.
Liens utiles
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- Luigi Lambruschini1776-1854Ligurien, ce barnabite, qui avait été archevêque de Gênes et nonce à Paris (où il mène lacontre-offensive ultramontaine contre Lamennais), sera, de 1836 à 1846, secrétaire d'Étatauprès de Grégoire XVI, et défenseur acharné de l'absolutisme pontifical.
- Étienne Langtonvers 1150-1228Cardinal du titre de Saint-Chrysogone, Étienne Langton fut nommé archevêque deCanterbury par Innocent III en 1207, de préférence à John Grey, évêque de Norwich, que leroi Jean avait choisi.
- Stefan Wyszynski1901-1981Évêque de Lublin (1945), archevêque de Varsovie et primat de Pologne (1948), il estnommé cardinal en 1953.
- Baudouin V de Flandre ou de Lillemort en 1067De lui