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BACON (Francis) (Roger)

BACON (Francis). Homme d'État et philosophe anglais (1560-1626). Grand chancelier à Londres (1617), il fut ensuite emprisonné. A étudié le rôle de l'induction dans les sciences expérimentales : tables de présence et d'absence des phénomènes. Métaphysique sensualiste.

BACON (Roger), philosophe et savant anglais (llchester, Somerset, 1214 -Oxford 1294), surnommé le Docteur admirable. Entré dans l'ordre des Franciscains, il est d'abord un commentateur d'Aristote, avant de développer (dans le De speculis, la Metaphysica et le De computo naturalï) sa vision de l'univers. Le Communia naturalium fait même le point de toutes les connaissances de son époque. Les thèses paraissent suspectes à l'Eglise, qui le fait emprisonner pendant quinze ans, de 1277 à 1292. L'un des esprits scientifiques les plus avertis de son temps, il est le premier à s'être aperçu que le calendrier latin était erroné. On l'a considéré comme l'inventeur de la poudre à canon, dont il aurait en fait emprunté la formule aux Arabes.

BACON (Francis), baron Verulam, chancelier d'Angleterre et philosophe (Londres 1561 - id. 1626). Fils du garde des Sceaux sous la reine Elisabeth 1re, il fait des études de droit et devient avocat de la Couronne. Accusé de vénalité en 1621, il perd sa charge et se trouve exclu de la vie publique. Il consacre ses dernières années à la science et à la philosophie. Auteur d'Essais de morale et de politique (1597), il est surtout célèbre pour avoir fondé l'épistémologie moderne et dégagé la méthode de la science expérimentale et inductive. Cette nouvelle logique décrit les trois moments de la recherche scientifique : 1° l'observation des faits; 2° la position d'une hypothèse par induction; 3° la vérification expérimentale de l'hypothèse par le plus grand nombre de faits. C'est Bacon qui préconisa une organisation rationnelle de l'expérimentation en constituant des « tables de présence », « d'absence » et « de degrés », destinées à isoler les causes véritables d'un phénomène. Son ouvrage principal est le Novum organum scientiarum (Nouvelle méthode des sciences) [1620], qui définit tous les principes qui sont encore ceux de notre épistémologie.

Bacon

(Francis, 1561-1626.) Né à Londres d'un père garde des Sceaux, il eut une formation de juriste et brigua les plus hautes fonctions : il devint grand chancelier, et baron de Verulam. Accusé de corruption en 1621, il dut renoncer à ses charges et titres honorifiques, et se consacra uniquement à la philosophie jusqu'à sa mort. ♦ Bacon est le philosophe de la connaissance scientifique qui, de même que la philosophie, lui semble compatible avec la religion, contrairement à l'opinion générale : « Si quelques gouttes de philosophie ont pu conduire à l'athéisme, la philosophie ramène à la religion celui qui s'y abreuve à longs traits. » Mais l'intérêt de la science n'est pas seulement spéculatif : il importe avant tout d'étendre au maximum la puissance de l'homme sur la nature, et donc de développer la science appliquée aux techniques. Il faut pour cela connaître les lois qui régissent l'univers, car « on ne triomphe de la nature qu’en lui obéissant ». Cet objectif repose sur quelques principes. En premier lieu, on rejettera l'autorité des Anciens, qui représentent la jeunesse et l'inexpérience du monde (ce que répétera Pascal). Bacon va surtout se montrer méfiant à l'égard de l'intellect livré à lui-même : il refuse de faire reposer la connaissance vraie sur le Cogito comme le fera Descartes - généralement d'ailleurs, « les rationalistes, à l'exemple de l'araignée, tissent des toiles d'après leur propre imagination ». Le développement de la science expérimentale (qui trouve son origine lointaine chez Aristote et commence à se préciser chez Roger Bacon*) ne peut se faire qu'en se mettant à l'école de l'expérience, ce qui ne signifie pas cependant une soumission à l'empirisme le plus strict, car « les empiristes, à l’exemple de la fourmi, amassent des faits et ne font usage que de l'expérience acquise ». Prenons modèle sur l'abeille, qui « cueille le suc de son miel sur les fleurs des champs... mais sait, en même temps, le préparer et le digérer avec une habileté admirable ». La vérité surgira ainsi de l'union de l'expérience et de la raison selon une démarche qui exprime partiellement l'esprit scientifique naissant, sans toutefois concevoir, comme son contemporain Galilée, la mathématisation de la nature. Bacon classe les sciences (sans donner au mot le sens qu’il a aujourd'hui) en fonction des facultés. A la mémoire correspond l'histoire (dont l’histoire naturelle) ; à l'imagination, la poésie et les mythes ; à la raison enfin, la philosophie, c’est-à-dire la métaphysique, l'étude de la nature et de l'homme. En fait, la connaissance scientifique repose sur la détermination de ce que Bacon appelle la forme (le mot vient d'Aristote). Mais celle-ci n’est pas seulement l'essence aristotélicienne qui permet de distinguer un phénomène d'un autre, c'est aussi, par-delà le sensible et le qualitatif, une structure permanente de nature mécanique pouvant s'exprimer en termes mathématiques. Il faut se débarrasser d'abord des formes illusoires qui encombrent l'esprit : ce sont des préjugés, des fantômes ou idoles, dont le Novum Organum fait l'inventaire. Idola tribus (idoles de la tribu) : communes à l'espèce humaine, elles proviennent de la paresse naturelle à l'esprit et donnent lieu, par exemple, à des généralisations hâtives. Idola specus (idoles de la caverne) : illusions personnelles dues à de mauvaises habitudes intellectuelles, à l'instar des prisonniers de la caverne de Platon. Idola fori (idoles de la place publique) : elles viennent de la société et sont véhiculées par les mots, porteurs de significations toutes faites et trompeuses. Idola theatri (idoles du théâtre) : erreurs commises quand, victimes de l'autorité des penseurs réputés qui se succèdent comme sur la scène d'un théâtre, nous acceptons leurs doctrines sans réflexion critique. Les éléments troubles de la connaissance seront éliminés grâce à la méthode inductive, qui dégage la vraie nature des choses dans sa pureté, un peu à la manière des alchimistes. Le savant, pour cela, doit pratiquer la « chasse de Pan » : il recueille le maximum d'informations (à l'exemple du héros antique qui retrouva Cérès en faisant preuve de sagacité) et fait varier les expériences. La nature de la vraie forme ou la cause du phénomène commencent à se manifester grâce à l'utilisation de trois tables sur lesquelles on classe les faits observés : la table de présence qui consigne les expériences où le phénomène se produit, celle d’absence où il n'apparaît pas, et la table de degrés, c'est-à-dire de ses variations. L'interprétation causale - par comparaison des tables - nécessite une expérience cruciale qui vérifie l'hypothèse. On aboutit ainsi à la mise en place, en physique, d'une structure obéissant à un processus mécanique dans lequel la finalité, traitée de « vierge stérile », ne joue aucun rôle. ♦ Cette philosophie, dont l'idée-force est de mettre l'univers au service de l'homme, trouve son prolongement naturel sur le plan politique. Bacon préconise non seulement des mesures (développement des manufactures, lutte contre le luxe, réglementation des prix) susceptibles d'écarter les « troubles et séditions » qu'engendre d'ordinaire l'indigence, mais aussi, dans La Nouvelle Atlantide, dont le titre désigne une île qui est en même temps une cité idéale, il voudrait confier le pouvoir aux savants, afin de faire progresser l'humanité dans la voie du savoir et du bien-être : « nous imiterons le vol des oiseaux et aurons des bateaux pour aller sous l'eau », déclare le gouverneur de cette île utopique. En définitive, le principal mérite de Bacon, c'est d’avoir fait sortir la science de l'obscurité médiévale et d'être ainsi au point de départ de l'épistémologie, et l'un des inspirateurs de l'esprit prométhéen de l'âge moderne.

Œuvres principales : Essais de morale et politique (1597) ; Des séditions et des troubles (1598) ; Novum Organum (1620) ; De dignitate et argumentis scientiarum (1623) ; La Nouvelle Atlantide (1627).

BACON, Francis, baron Verulam (Londres, 1561 -id., 1626). Homme d’État et philosophe anglais. Il fut l’initiateur d’une théorie empiriste de la connaissance et défendit, sur le plan politique, l’absolutisme royal. Juriste de formation, membre des Communes (1584-1593), il ne joua aucun rôle politique sous le règne d’Élisabeth Ire, puis occupa sous celui de Jacques Ier les plus hauts postes dont celui de chancelier. Fidèle au parti des aristocrates, il soutint les visées absolutistes du roi contre les prérogatives parlementaires puis perdit ses fonctions à la suite d’une accusation (1621). Sa carrière politique ne l’empêcha pas de se consacrer à son vaste projet de réorganisation des connaissances, qu’il développa dans un ouvrage La Grande Reconstitution (1623), complété par la publication du Novum Organum (1620). BACON, Roger (dans le Gloucester, 1212/1220-Oxford, 1292). Théologien, scientifique et philosophe anglais. Surnommé le « Docteur admirable », il contribua à l’avènement de la méthode expérimentale. Sur les conseils de son maître Robert Grosseteste, il s’orienta, à l’université d’Oxford, vers les mathématiques et les sciences naturelles. Entré vers 1250 dans l’ordre des Franciscains, ce fut sous le pontificat de Clément IV (1265-1268), son ami et protecteur, qu’il rédigea ses principaux traités (l'Opus majus, l'Opus minus, l'Opus tertium). Les thèses philosophiques et les conceptions astrologiques qu’il y défendait lui valurent d’être emprisonné (1277-1292). Il étudia l’arc-en-ciel, le calendrier julien, dont il s’aperçut le premier qu’il était erroné, et la détermination exacte du foyer des miroirs sphériques. Il décrivit plusieurs inventions mécaniques : bateaux, voitures et machines volantes. Sa philosophie du langage est l’un des aspects les plus originaux de sa pensée.

Bacon (Roger, 1214-1294.) Philosophe et théologien anglais. Ce franciscain surnommé « Docteur admirable » s'oppose à la scolastique de l'époque et soutient que la tradition n'est pas la seule voie d'accès à la vérité. Confiant dans les pouvoirs de la raison, il estime qu'on peut établir un savoir rigoureux grâce à l'utilisation d'une méthode fondée sur les mathématiques. Dépassant l'astrologie et l’alchimie - dont on trouve cependant des traces dans son œuvre -, il se livre à un travail scientifique qui préfigure ce que sera la méthode expérimentale. Œuvres principales : Opus majus, Opus minus et Opus tertium (1265-1271).

Bacon Homme politique et philosophe anglais (1561-1626). • Ce courtisan tombé en disgrâce pour corruption est unanimement célébré comme le précurseur de la méthode expérimentale. On lui doit en effet un vaste projet de « restauration » des sciences soutenu par une méthode nouvelle qui s’oppose radicalement à l’« outil » (l'organon) aristotélicien. • S’il veut parvenir à une juste connaissance de la nature, le savant doit exorciser quatre sources d’illusion, ou « idoles » : les idoles de la tribu (qui résultent de la nature de l’espèce humaine), les idoles de la caverne (qui sont propres à chaque individu), les idoles de la place publique (qui naissent du langage commun) et les idoles du théâtre (qui découlent des dogmes soutenus par les différentes écoles philosophiques). • Désormais libre de tout préjugé, l’homme de science multipliera les expériences et les observations pour établir, à travers une suite de généralisations successives, des faits universels (méthode inductive). • Il est important de noter que pour Francis Bacon, cette « chasse aux faits » n’est nullement gratuite : elle vise à étendre la puissance de l’homme sur la nature, tant il est vrai qu’« on ne peut vaincre la nature qu’en lui obéissant ». Principales œuvres : De l'Avancement des sciences (1605), Novum Organum (1620), La Nouvelle Atlantide (1627).

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