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AUTOÉROTISME

AUTOÉROTISME

C'est un type de sexualité où la satisfaction est obtenue par le sujet sans recourir à un objet extérieur, mais par le seul usage de son propre corps, comme dans la masturbation. Dans un sens plus spécifique, on parlera d'autoérotisme lorsque la satisfaction est obtenue par l'excitation d'une zone érogène isolée. L'autoérotisme est un des stades du développement sexuel humain: la libido de l'enfant trouve à se décharger par investissement de zones de son propre corps. Une telle organisation libidinale, chez l'adulte, est considérée comme une perversion (étymologiquement un renversement) de la fonction sexuelle normale.

autoérotisme, jouissance sexuelle éprouvée en l’absence de partenaire. Celle-ci peut survenir spontanément, pendant le sommeil, mais le plus souvent elle est recherchée par le sujet, au moyen de l’onanisme. Chez les enfants, d’autres activités, d’un caractère moins évidemment sexuel, telles que la succion du pouce ou le balancement du corps, sont des comportements autoérotiques qui déterminent une détente et un bien-être. En pratique, ces activités disparaissent d’elles-mêmes, quand les sujets ont atteint une certaine maturité affective. Lorsqu’on les retrouve chez l’adulte, elles sont le signe d’une régression.

succion des doigts Cette activité automatique de l’enfant est banale. Elle prolonge chez le nourrisson le plaisir de la tétée, lui sert à tromper sa faim ou à se consoler de l’absence de sa mère. Elle a donc la valeur substitutive d’une fonction auto-érotique. Les mesures coercitives employées par les parents pour faire cesser cette pratique jugée abusive, sinon anormale, à partir d’un certain âge, variable avec le degré d’indulgence de chacun, sont vaines et néfastes. Ce n’est ni en grondant ni en menaçant qu’on peut empêcher un enfant de sucer son pouce. Bien souvent, au contraire, ces interdictions ne parviennent qu’à transformer le malaise intérieur du sujet en culpabilité anxieuse. Cependant, quand elle se prolonge dans la troisième enfance (sept à douze ans), la succion des doigts peut devenir symptomatique d’un trouble affectif, nécessitant le recours à un spécialiste.


Le choix d’un Objet sexuel, représenté par une personne totale et d’un autre sexe que celui du Sujet, avec qui a lieu un échange génital, n’est pas inscrit de nature dans les formes de l’érotisme humain. 1. Les première phases du développement montrent un « étayage » (appui) de la fonction sexuelle sur des activités et des fonctions « prégénitales », en marge des activités dites de conservation. La sexualité se décharge alors par l’intermédiaire de zones érogènes (la bouche, l’anus, les muqueuses en général, le tégument, etc.), selon un régime de fonctionnement « auto-érotique ». Celui-ci inclut inévitablement, et bien avant qu’elle ne prenne un rôle « récapitulateur » et centralisateur, la zone génitale (on assiste ici aux diverses phases de développement de la masturbation qui, notons-le, est traitée avec la même réprobation que le suçotement, les jeux d’introduction ano-digitale ou tout autre forme auto-érotique primaire). 2. En somme, l’auto-érotisme se détache de la relation aux objets « conservatoires » et témoigne des « excès » de la libido qui engendre comme une « perversion » de la fonction (ce phénomène normal pourra bien garder des caractères extrêmes : ingestion érotique de produits non comestibles, introduction de corps étrangers dans les orifices, et jusqu’à l’usage sexuel de la douleur dans le masochisme érogène...). Au cours de son développement progressif - de l’auto-érotisme des « pulsions partielles » au choix d’objet hétérosexuel, homosexuel ou narcissique, en passant par des phases ou régimes sexuels archaïques (stade oral, anal, phallique) - la libido aura à « retrouver » l’Objet qu’elle a « abandonné » au profit du régime auto-érotique, selon le seul principe du plaisir ; régime où le propre corps, ses parties, sa totalité, puis le propre Moi, « suffisaient » à la satisfaction (compte-tenu des soins maternels nécessaires à assurer la conservation). 3. En fait les chose se passent sur un registre beaucoup plus psychologique (psycho-sexuel). L’abandon de l’Objet de l’autoérotisme paraît correspondre à la condition de création des fantasmes de désir et des fantasmes d’objets (sexuels). Et pour se jouer dans l’imaginaire, et bientôt dans le symbolique, c’est la « relation d’Objet » (avec ses mécanismes psychiques d’introjection, de projection, de rejection, etc.) qui est en cause derrière l’apparence d’un « auto-érotisme » sans phrase. Pour autant qu’il existe à l’état isolé, l’auto-érotisme ne saurait correspondre qu’aux tous premiers mois de l’existence ; des phénomènes, telle l'angoisse du huitième mois au visage de l’étranger (R. Spitz), montrent l’investissement précoce, si ce n’est d’un « Objet », d’une image humaine privilégiée. « L’auto-érotisme » de l’enfant est un pis aller... « Dans ses divers auto-érotismes, l’enfant ne se complaît tellement qu’en vertu du caractère inaccessible des objets dont sa fantaisie rêve, et en raison surtout des inachèvements de son propre organisme qui lui rendent impossible d’atteindre, auprès d’eux, à des objectifs sexuels précis » (Marie Bonaparte). 4. Mais comme le narcissisme, ce que l’auto-érotisme perd peut-être (au cours du développement de la théorie psychanalytique) de correspondance avec un « stade » historiquement situable, il le regagne comme dimension, et orientation de la sexualité, dans le cadre de la totalité des phénomènes. A côté de nombreux phénomènes d’auto-érotisme secondaire (masturbation dans les conditions de privation, de frustration, etc.), l’auto-érotisme (associé à une activité fantasmatique particulière) est une condition de certaines « perversions », assortie, il est vrai, d’une tentative de retour à l’objectalisation (transvestisme, auto-fellation, masturbation anale, etc.).