Auguste et Auguste, époque d’
Auguste (63 av. J.-C. - 14 apr. J.-C.). Le premier des empereurs romains. Son nom de naissance était Gaius Octavius. Né le 23 septembre, il était le fils de la nièce de Jules César. Pour l’histoire de sa famille. Après son adoption par César, il s’appela C. Julius César Octavianus (Octavien) ; après 27 av. J.-C., il fut connu par son titre. Quand César fut assassiné en 44 et que son testament révéla qu’il avait adopté Octave et l’avait nommé son héritier, Octave quitta la Grèce où il était allé terminer son éducation, et revint en Italie à l’âge de dix-neuf ans pour venger César. Doué de flair politique, il s’attacha l’appui des vétérans de César, et des républicains modérés qui s’étaient opposés à lui, y compris Cicéron (6), arriva à un compromis avec Antoine, le chef du parti de César, et M. Lépide, gouverneur provincial, césarien plutôt vacillant. Ensemble, ils instaurèrent un triumvirat en 43 et dirigèrent Rome et l’Empire. Octave obtint comme provinces l’Afrique, la Sicile et la Sardaigne. Quand Jules César (qui était mort) fut déifié en 42 (voir religion 2, 3), Octave devint divi filius, « fils d’un dieu » et acquit ainsi une aura divine. Le traité de Brindisie en 40 réduisit les différences entre les triumvirs, et Antoine épousa Octavie, sœur d’Octave, événement dont certains pensent qu’il fut l’occasion de la quatrième Bucolique de Virgile. Octave épousa Livie à qui il demeura fidèle toute sa vie bien qu’elle ne lui ait pas donné d’enfants. Dans l’intervalle, l’influence d’Octave se développa considérablement, et quand en 36 il obligea Lépide à se retirer du triumvirat, il fut seul à gouverner l’Empire occidental de Rome. La liaison d’Antoine avec la reine égyptienne Cléopâtre, qui lui aliéna Rome, renforça davantage la position d’Octave. En 31, la guerre fut déclarée à Cléopâtre ; se rangeant à ses côtés, Antoine fut battu lors de la bataille navale d’Actium et se suicida. Cette année, Octave avait régularisé son autorité en étant élu consul et son devoir était alors, de toute évidence, de restaurer la république ; encore fallait-il concilier ce devoir avec le fait qu’il n’avait aucune intention de renoncer au pouvoir absolu qu’il détenait maintenant. En 27, Octave déposa sa dictature de facto et remit le gouvernement de l’État au Sénat, restaurant formellement la république par ce geste. Il conserva néanmoins le consulat, et pour provinces l’Espagne, la Gaule, la Syrie et l’Égypte, en même temps que le commandement de la plus grande partie de l’armée, ainsi que d’autres pouvoirs. Il reçut en plus, sur la proposition de L. Munatius Plancus, le titre d’Auguste (gr. sebastos, vénérable) qui le mit au-dessus de l’État. C’est sous ce titre qu’Octave fut connu par la suite ainsi que comme imperator («général», origine du mot empereur en français) qui fit ultérieurement partie du titre officiel des empereurs romains. Il fut également appelé officieusement au début, princeps, c’est-à-dire «premier citoyen », terme souvent utilisé sous la République, en particulier au pluriel, afin de désigner les hommes d’Ètat influents, anciens consuls et autres. Ce fut le titre qu’il préféra. En 2 av. J.-C., sur la proposition de Messalla, le Sénat lui décerna l’ancien titre honorifique républicain pater patriae, « père de la patrie». Son autorité réelle était écrasante. En 23, il démissionna du poste de consul, mais reçut à la place l’autorité tribunicienne à vie, qui lui donna en fait le gouvernement absolu. Pendant les années qui suivirent, il organisa les provinces, et fit des réformes religieuses et morales qui tendaient à restaurer les anciennes vertus romaines de simplicité, de dur labeur, et de mariages fidèles et prolifiques. Il fut largement aidé dans ce but par les hommes de lettres influents de son époque. La mort prématurée de jeunes gens pleins de promesses au sein de sa famille contrecarra ses plans de succession, et il dut accepter Tibère, fils d’un mariage précédent. Quant aux plans d’Auguste pour la succession voir marcellus 2, agrippa 1 et 2, et drusus 3. Quand il mourut, en 14 apr. J.-C., il fut décrété qu’il serait déifié et rangé parmi les dieux de l'État (voir religion 2, 4). Sa vie avait été essentiellement une application des vertus qu’il avait prêchées. Le gouvernement de la République s’était achevé avant qu’il ne prenne le pouvoir, mais il essaya d’instaurer une paix civile reposant sur les traditions romaines, sans porter atteinte aux intérêts de parti. Il n’en laissa pas moins derrière lui l’impression d’un homme dont les idéaux furent toujours subordonnés à un but pratique.
Auguste, époque d’. Terme appliqué à la période littéraire qui suivit l’époque de Cicéron, et dont l’empire d’Auguste constitua le contexte de formation. En gros, elle enjambe le moment qui va de l’assassinat de Jules César en 44 av. J.-C. jusqu’à la mort d’Ovide en 17 apr. J.-C. (Auguste mourut en 14 apr. J.-C.); ses grands auteurs sont Virgile, Horace, Tibulle, Properce, Ovide et Tite-Live. Cette époque démarra dans le fracas, les destructions et les massacres de la guerre civile, vit la mort du gouvernement républicain après la bataille d’Actium en 31 av. J.-C. et se termina après le retour de la tranquillité et de l’ordre qui suivirent quasiment un siècle de révolution. L’activité politique telle qu’elle existait sous la République arriva à son terme avec l’institution de l’Empire; l’ambition d’Auguste était de restaurer quelque chose de l’esprit de la République à son apogée, et d’imprégner le peuple italien des anciennes traditions et vertus romaines. La liberté de recherche historique et politique, la liberté d’expression étaient, dans une certaine mesure, limitées; d’où peut-être l’éclipse générale de la littérature oratoire et en prose. Le soutien accordé à la politique d’Auguste par les poètes et les historiens de son temps donnent à la littérature de cette période sa saveur unique. L’empereur lui-même s’adjoignit délibérément cet appui, de même que d’autres patrons qui occupaient de hautes positions officielles, des hommes tels que Mécène et Messalla. Leurs écrits sont sérieux et mûris, leurs thèmes souvent tirés d’une tradition moralisante, mais cependant pleins de vie parce que les auteurs sont inspirés par l’amour de l’Italie et des valeurs romaines traditionnelles. Même Ovide et Properce, qui paraissent souvent négliger la politique contemporaine, montrent le plaisir qu’ils tirent de la scène italienne. La poésie, en particulier, est caractérisée par un raffinement technique croissant et, ce qui est moins évident, par un mélange subtil et enrichissant de thèmes grecs et romains, qui exige de ses lecteurs une appréciation plus intellectuelle.
Augustes, les (gr. sebastos «vénérable»). Titre détenu exclusivement par tous les empereurs romains excepté Vitellius. Quand l’empereur Dioclétien instaura une tétrarchie en divisant l’Empire entre quatre dirigeants, en 293 apr. J.-C., il installa deux empereurs conjoints qui se partagèrent le titre d’Auguste, pour gouverner les moitiés occidentale et orientale de l’Empire, chacun avec un dirigeant subordonné, désigné sous le titre de César et qui pouvait espérer accéder au rang supérieur. Grâce à son autorité personnelle, l’Auguste le plus élevé pouvait en fait espérer demeurer le seul empereur. Bien que le système fût un échec en tant que mode de succession, le titre et son application générale survécurent. Le titre «Augusta» fut légué par l’empereur Auguste à sa femme Livie, et après Domitien il fut détenu par la femme de l’empereur régnant.
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