Attale Ier Sôter (269-197 av. J.-C.) ; roi de Pergame [238 ?-197].
Attale Ier Sôter (269-197 av. J.-C.) ; roi de Pergame [238 ?-197]. Située à 110 km au nord de Smyrne, à 30 km de la mer, perchée sur un éperon, Pergame, ce nid d'aigles que se disputent des roitelets locaux, entre dans la grande histoire au cours des dernières années du régent des Hautes-Satrapies, Antiochos Ier (281-161), par une trahison. Lysimaque, officier d'Alexandre le Grand, avait reçu, à la mort du Conquérant, la Thrace en héritage. Il agrandit son royaume, inquiète un autre officier Séleucos Ier, devenu roi des immenses territoires asiatiques de l'Empire. En 281, Lysimaque est battu et tué à Couroupédion par son ancien compagnon, lequel est assassiné quelques mois plus tard. Or, Lysimaque avait confié à un eunuque, un certain Philé-tairos, une partie du trésor de guerre macédonien qu'il gardait à Pergame, citadelle imprenable. Et avant Couroupédion, Philé-tairos s'était rallié à Séleucos qui l'avait laissé maître de Pergame, une fonction que lui reconnaît encore le fils et successeur de Séleucos, Antiochos Ier. A la mort de Philétairos, son neveu et fils adoptif, Eumène, s'affranchit de la tutelle du Séleucide, défend la nouvelle principauté contre les attaques de ce dernier, en accroît la superficie au nord-ouest et au sud, sans jamais, cependant, s'en déclarer le roi. Il doit pourtant payer tribut aux Tolistoages, une des trois tribus celtes - les Galates -établies dans l'Asie Mineure centrale (région d'Ankara) pour s'assurer qu'ils ne pillent point son État naissant. A Eumène, succède (241) son « neveu » A. Peu après, A. remporte une belle victoire (238 ? 237 ?) sur les Galates et sur Antiochos Hiérax (fils d'Antiochos II et frère de Séleucos II). À l'occasion de ce triomphe, A. prend, le premier de sa famille, le titre de roi tandis que les cités de la côte le proclament Sôter (Sauveur). Profitant des luttes fratricides qui déchirent les Séleucides, il étend son domaine des Détroits au Taurus, de l'Égée à la Phrygie. Mais en 222, A., face au général d'Antiochos III, Achaios, perd les terres nouvellement conquises d'Anatolie. Malgré tout, il lui reste le coeur de sa principauté, regroupé autour de Pergame. À l'ouest un nouveau danger se précise, celui de la Macédoine de Philippe V. L'État per-gaménien risque d'étouffer, enserré à l'ouest, au nord et à l'est par des puissances ennemies. À la recherche d'alliances, A. se lie aux Étoliens et par eux (212) à Rome qui était alors engagée dans la guerre contre Hannibal. Puis, devant la progression de Philippe V en mer Égée (203-201), A., prudent, s'allie avec Rhodes, république marchande forte sur le plan militaire et importante sur le plan diplomatique. Aussi lorsque Philippe V menace Rhodes, débarque en Carie, marche sur Pergame, A. fait appel à Rome (201). La deuxième guerre de Macédoine est engagée (200-194). A. se met à la disposition de Rome qui, avec la flotte de Rhodes et celle de Pergame, trouve en Égée une supériorité maritime. Le vieil A. ne voit pas le dénouement, heureux pour les siens, de la guerre. Il meurt au début de 197, âgé de plus de 70 ans. Bon soldat, politique avisé, il avait favorisé les arts et les sciences de façon passionnée. Surtout, en ayant choisi l'alliance romaine et en y restant fidèle, il modifie le destin du royaume de Pergame. Devenu en quelque sorte, et un peu malgré lui, le gendarme de Rome dans cette partie de la Méditerranée, il va jouer un rôle décisif dans l'histoire du monde grec au IIe siècle. Succède à A. son fils Eumène II [197-159]. Énergique, fin diplomate, il contribue à l'échec des négociations entre Antiochos III et Rome qui auraient eu pour effet d'éliminer son propre royaume. Il n'est donc pas étonnant de le voir aux côtés de Rome, lors de la bataille de Magnésie du Sipyle (189) qui, avec la paix d'Apamée (188), règle le sort de l'Asie Mineure. Le royaume de Per-game s'étend jusqu'au Taurus, reconstitue grosso modo ce qu'A. avait conquis, puis perdu. Désormais, Eumène II est le plus puissant souverain de la région. Il mène une politique personnelle, annexe un morceau de Bithynie, guerroie contre le roi du Pont, bat à trois reprises les Galates toujours remuants et inquiète même Rome. Son frère et principal collaborateur Attale II (190-138) lui succède, poursuit la politique traditionnelle fondée sur l'amitié avec Rome. En Cappadoce, en Syrie, en Thrace, l'influence de Pergame se fait sentir. N'ayant pas de fils, il associe au pouvoir son neveu, Attale III, qui lui succède pour un règne court [138-133], marqué par un seul acte important, son testament. Èn effet, le roi laisse au peuple romain un héritage fabuleux : son royaume, tous ses biens mobiliers et immobiliers, à l'exception de Pergame elle-même et de son territoire civique. Sous le nom d'Asie, le royaume devient en 129 la première province romaine en Orient. Le poids politique de Pergame fut bref et limité. Son éclat artistique fut intense et durable. Car ces rois, sans grands ancêtres, ont su créer un style et transformer la forteresse en un centre rayonnant de la culture hellénistique. Cela dans tous les domaines : urbaniste (une ville nouvelle, ou plutôt trois villes étagées sur trois terrasses, est créée qui peut rivaliser avec les cités les plus somptueuses d'Orient) ; intellectuel (la plus grande bibliothèque après celle d'Alexandrie, une école de rhéteurs) ; artistique (musée, écoles de sculpture et d'architecture, naissance de la critique d'art) ; économique (création du parchemin, parfums) ; religieux (renommée de l'Asklépèion). Parmi les oeuvres les plus représentatives, l'autel de Zeus (musée de Berlin), le plus grand autel grec connu (77 m sur 69 m) ; le téménos d'Athéna, d'où provient le groupe du Gaulois mourant, aujourd'hui au musée du Capitole, à Rome. Bibliographie : E. Will, Histoire politique du monde hellénistique, 2e éd., Nancy, 1982.
Liens utiles
- LOUIS VI LE GROS (vers 1081-1er août 1137) Roi de France (1108-1137) Fils de Philippe Ier et de Berthe de Hollande, Louis VI est connu sous le sobriquet de " le Gros " en raison de l'obésité maladive qu'il tient de ses parents.
- NAPOLEON III, Louis Napoléon Bonaparte(20 avril 1808-9 janvier 1873)Président de la République (1848-1852)Empereur des Français (1852-1870)Fils du roi de Hollande, Louis Bonaparte, et d'Hortense de Beauharnais,il est le neveu de Napoléon Ier.
- FRANÇOIS Ier(12 septembre 1494-31 mars 1547)Roi de France (1515-1547)Lorsqu'il monte
- HENRI II(31 mars 1519-10 juillet 1559)Roi de France (1547-1559)Le 31 mars 1547, Henri II succède à son père François Ier.
- LOTHAIRE(941-2 mars 986)Roi de France (954-986)Fils et successeur de Louis IV d'Outremer (surnommé ainsi parce qu'ils'était réfugié en Angleterre sous les règnes de Robert Ier et Raoul, quiavaient déposé son père, Charles le Simple).