atonisme
atonisme. Dans l’Égypte ancienne, Aton signifiait l’aspect visible du disque solaire, vénéré comme maître de la lumière, dispensateur de tous les biens : le grand dieu Amon-Rê, assisté d’une foule d’idoles, était servi par le nombreux et puissant clergé d’Héliopolis. C’est dans cette apparence sensible que, vers 1450 av. J.-C., certains prêtres situent la manifestation dé l’essence du divin, en créant le dieu Aton, auquel se voua le pharaon Aménophis IV ; celui-ci, prenant désormais le nom d’Akhenaton, établit le culte de ce dieu unique et lui consacra son règne (de 1375 à 1358 av. J.-C.). Ce fut une véritable révolution que le clergé d’Amon admit difficilement. Pour la première fois en Égypte, le monothéisme s’affirme et s’exprime librement, dans le culte, les hymnes, les envolées lyriques des poèmes et la décoration des temples de la nouvelle capitale Ikhout-Aton (aujourd’hui Tell el-Amarna) ; le disque solaire est représenté envoyant ses rayons vivifiants sur l’univers. Il ne nous reste que quelques vestiges précieux des tablettes, des tombeaux, des fragments de ces magnifiques temples élevés par le pharaon mystique, perdu dans ses rêves et qui ne fut pas pour son pays un bon souverain. Il ne sut pas voir ses ennemis ni à l’intérieur, ni à l’extérieur, et sa religion trop pure, trop simple, refusant les idoles et les dieux locaux, était loin d’être populaire. C’est pourquoi elle ne lui survécut pas, et tout souvenir de cette «hérésie» fut systématiquement détruit.