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Assurbanipal [Ashurbanipal]

Assurbanipal [Ashurbanipal] ; roi d'Assyrie [668-630 av. J.-C.]. A. est d'abord connu pour sa bibliothèque de Ninive. Retrouvée en partie, on y a dénombré plus de 23 300 tablettes d'argile, ce qui correspond au moins à 5 000 ouvrages que ce prince instruit (il prétend savoir le sumérien) et brillant avait rassemblés. Pourtant, comme tous les rois assyriens et à l'image de son père Assarhaddon [680-669], le conquérant de l'Égypte, il est avant tout un chef militaire, un roi guerrier. Et dans ce domaine, il se révèle impitoyable. À la mort subite de son père, A. hérite d'une lourde tâche : reprendre en main l'Égypte. Trois campagnes seront nécessaires. A. les confie à son turtânu (général en chef). En 663, Thèbes, capitale de la Haute-Egypte, est pillée. Jamais la ville ne se relèvera de ce désastre. Mais dix ans plus tard, Psammétique Ier se soulève dans le Delta et repousse les Assyriens jusqu'en Palestine. A. est dans l'impossibilité de répliquer : d'autres dangers menacent son empire. Au nord, malgré l'appel du roi de Lydie Gygès, il n'intervient pas contre les Cimmériens qui envahissent la Lydie. Mais entre 650 et 640, A. doit briser leur avance vers le sud. Plus grave, à l'est, le roi d'Élam passe à l'attaque. Il est battu, décapité et son royaume est divisé. Cette guerre à peine terminée, Babylone se révolte (652) sous l'impulsion du propre frère d'A., Shamash-shum-ukîn, soutenu par l'Élam et par des princes syriens. La guerre civile dure trois ans. En 648, Babylone est prise et entièrement détruite. Reste à punir les alliés et les membres de la coalition que Shamash-shum-ukîn avait mise sur pied. Dès 650, A. avait châtié les Arabes du désert syrien et vaincu les Nabatéens installés au sud de la mer Morte. En 647, il se tourne, de nouveau, vers l'Élam dévaste le pays et rase sa capitale, Suse. Élam disparaît comme puissance politique. A. peut célébrer son triomphe : l'Assyrie apparaît toute-puissante, même si elle a perdu l'Égypte. Derrière la gloire de ces victoires que chantent d'admirables bas-reliefs (les plus parfaits de l'art assyrien), l'empire est fragile, l'armée épuisée et des dangers nouveaux (Mèdes, Scythes) apparaissent aux frontières. L'Empire assyrien ne survivra pas quarante ans à A. Bibliographie : G. Roux, La Mésopotamie, 1985, p. 287-292.

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