Asoka
Asoka [Açoka] ; roi de l'Inde [v. 270-232 av. J.-C.]. Quand Séleucos Ier Nicator, un des généraux d'Alexandre qui avait réussi la reconquête de la partie asiatique de l'empire d'Alexandre le Grand, lance en 305 une expédition vers l'Indus, pour récupérer les satrapies orientales, il se heurte à un nouveau et puissant royaume qui englobait tout le nord et le centre de l'Inde, le royaume de Candragupta (en grec : Sandracottos). Après avoir été battu, il conclut une alliance avec le roi indien, lui abandonne le Gan-dhara, une partie de l'Arachosie et de la Gédrosie, et noue des liens de parenté avec cette jeune dynastie, celle des Maurya. En revanche, Séleucos reçoit, dit-on, 500 éléphants de combat, les premiers que l'on ait jamais vus sur un champ de bataille du monde antique classique, qui scellèrent la défaite de son adversaire, Antigone, à Ipsos en 301. Les rapports des ambassadeurs séleucides à la cour des Maurya à Pâtaliputra, au bord du Gange, sont une des sources les plus importantes pour la connaissance de l'Inde dans l'Antiquité. C'est sous A., petit-fils de Sandracottos, que ce premier grand empire de l'Inde atteint son apogée. Son administration très spécialisée force l'admiration. La tradition caractérise son grand-père comme un tyran qui ne recule devant aucun moyen au nom de la raison d'État et qui seulement vers la fin de son règne semble être parvenu à l'ascèse et au renoncement au trône : une tradition veut qu'il se soit laissé mourir de faim, à l'exemple des saints jaïns. Au contraire, à travers les nombreux édits d'A. qui sont parvenus sous forme d'inscriptions, s'impose une personnalité de souverain qui s'est soumise aux principes moraux recommandés par le bouddhisme avec une force jusque-là ignorée dans l'Antiquité. L'Édit XIII garde le souvenir de l'histoire de la « conversion » du roi dans la neuvième année de son règne. Frappé par l'horreur de la seule campagne militaire qu'il fit, lors de la conquête du Kalinga (v. 260), il décide pour lui de ne vivre désormais que selon la Loi, conforme aux règles du bon ordre (Dharma), et recommande une semblable attitude à ses sujets, plus particulièrement à ses fonctionnaires. Toutefois le bouddhisme ne devient pas religion d'État, même si ce souverain le favorise dans son empire et au-delà, comme à Ceylan. Vers la fin de la vie d'A., les subventions accordées aux monastères bouddhiques semblent n'avoir pu être supportées par l'économie du plus riche de tous les pays. Après sa mort, l'Empire se divise en petits États séparés qui une fois encore, vers 185 avant J.-C., se retrouvent dans la main d'un grand conquérant, Démétrios de Bactriane. Bibliographie : J. Bloch, Les Inscriptions d'Asoka, 1950 ; A.L. Basham, La Civilisation de l'Inde ancienne, 1988, p. 42-48.