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Araktcheïev, Alexis Andreïevitch, comte

Araktcheïev, Alexis Andreïevitch, comte (près de Novgorod 1769-Grousino 1834); général et ministre russe. Maître d'oeuvre en Russie de la politique de réaction à laquelle aboutit la Sainte-Alliance sous l'habile direction de Metternich, A. est issu d'une famille de propriétaires fonciers de la région de Tver (depuis 1931 Kalinine). Sa carrière avait déjà commencé sous le tsar Paul Ier. Officier d'artillerie, il appartient aux conseillers du grand-duc Paul qui, devenu tsar, lui confie de 1796 à 1798 la réorganisation de l'armée. Il donne au tsarévitch adolescent, auquel le lie une réelle affection, sa formation militaire. Nommé en 1803 par Alexandre Ier inspecteur de l'artillerie, de 1808 à 1810 ministre de la Guerre, on le retrouve à la tête du département militaire du Conseil d'Etat. Vainqueur des Suédois en 1809 et conseiller militaire écouté du tsar dans la période cruciale des guerres napoléoniennes, il acquiert de plus en plus, à partir de 1815, la position d'un favori tout-puissant qui assume de fait, en qualité de chef de la chancellerie impériale et unique interlocuteur du tsar, l'entière responsabilité des affaires intérieures de l'État. Il installe alors dans toute la Russie un régime qui allie le despotisme au contrôle tatillon - bien qu'on doive à ce conservateur dans l'âme un plan d'émancipation progressive des serfs. Ces caractéristiques se manifestent sans nuances dans les colonies militaires qu'il crée. Les soldats, qui y sont soumis à un règlement strict, associant l'exercice militaire et le travail des champs, sont censés à la fois assurer leur propre subsistance et former à demeure une force d'intervention immédiate. Cet autoritarisme suscite, après la rébellion du régiment Semionovski, la création de sociétés secrètes d'officiers révolutionnaires débouchant sur la conspiration décembriste. A. se retire de toutes ses fonctions à la disparition d'Alexandre Ier. Ainsi s'achève une période dite Araktcheïevna, visage concret en Russie de la mystique contre-révolutionnaire d'Alexandre Ier, dont A. assume seul l'impopularité.

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