Annon (mort en 1075)
Annon (mort en 1075) ; archevêque de Cologne [1056-1075], régent de l'Empire [1062-1065]. Fils d'un noble de Souabe, Walter de Steuss-lingen, A. est d'abord destiné à la carrière des armes, puis au clergé. En 1056, il devient archevêque de Cologne après avoir étudié à Bamberg et Paderbom, avoir enseigné à l'école cathédrale de Bamberg, avoir été reçu à la chapelle Impériale (1049-1054) puis à la prévôté de Goslar. Prince temporel soucieux du pouvoir de son Eglise (on le voit lors de l'insurrection de Cologne en 1074, qui l'expulse quelque temps de sa cité), c'est aussi un pasteur actif, préoccupé par la liturgie et la vie morale de son clergé : il réforme ainsi le monastère de Siegburg dans un esprit ascétique imité de Fruttuaria. Après la mort de l'empereur Henri III, il est tenu à l'écart par la régente Agnès. Mais, par un véritable coup d'Etat, il la renverse en s'emparant de la personne du jeune roi Henri IV à Kaiser-swerth (avr. 1062). Il devient alors le régent de l'Empire mais très vite subit des revers. Dès 1063, il doit partager la réalité du pouvoir avec son grand concurrent, l'archevêque Adalbert de Brême, qui avec beaucoup d'habileté l'évince progressivement. A l'apogée de sa puissance, A. règle brillamment le principal problème politique de l'époque, le schisme entre le pape réformateur Alexandre II et l'antipape Honorius [II] (Cadalô de Parme). Le premier a été élu le 30 septembre 1061 par les milieux réformateurs romains, à l'instigation de Hildebrand (futur Grégoire VII) comme successeur de Nicolas II. La cour allemande, non consultée, lui a suscité un antipape le 28 octobre 1061. Dans la tradition impériale, A. décide de régler l'affaire par un concile. Celui-ci, réuni à Mantoue en mai 1064, dépose Honorius [II] et confirme Alexandre IL La victoire d'A. est maladroitement obtenue : indisposant la cour allemande en ratifiant a posteriori le coup de force des réformateurs romains, il s'aliène Alexandre II qu'il a deux ans durant retenu à Lucques avec le simple statut d'évêque. Il amplifie aussi le mécontentement en favorisant ouvertement sa famille et ses fidèles (Otton de Northeim ; son frère Werner, archevêque de Magde-bourg ; ses neveux Werner, évêque de Müns-ter, et Burchard, évêque d'Halberstadt), dont plusieurs sont à l'origine de la révolte de la Saxe contre Henri IV en 1070-1074. Le pape Alexandre II prend sa revanche en invitant A. à la pénitence et en le faisant examiner, en 1070, pour simonie. Majeur depuis 1065, Henri IV poursuit de sa méfiance l'archevêque qui est aussi archichancelier impérial pour l'Italie et, du coup, archichancelier de l'Eglise romaine. En 1072, le souverain accepte sans broncher l'autorisation qu'il sollicite de se retirer de son service. Désormais loin des affaires, A. meurt le 4 décembre 1075. Pénétré de la grandeur de l'Empire et convaincu du besoin de réforme de l'Église, ce prélat d'ancienne facture a échoué à s'entremettre entre les deux puissances. Sa vie est narrée dès la fin du XIe siècle par l'une des premières et plus célèbres oeuvres de l'épique allemande, le « Chant d'A. » (Annolied), composé à Siegburg où il a été enseveli.
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