Databac

ANNÉES DE PLOMB (Italie)

ANNÉES DE PLOMB (Italie) Les « années de plomb » couvrent en Italie la décennie 1970 caractérisée par le recours à la violence politique visant à déstabiliser l’État démocratique. À la fin des années 1960 se développe un ample mouvement de mobilisation étudiante et sociale (l’« automne chaud » de 1969) et naissent des groupes d’extrême gauche activistes comme Lotta continua ou Potere Operaio. Mais le recours à la violence politique est lancé par l’extrême droite, dont des activistes, plus ou moins liés aux services secrets, amorcent fin 1969 la « stratégie de la tension », visant à empêcher le rapprochement entre Parti communiste italien (PCI) et démocrates-chrétiens (DC) et à instaurer un régime autoritaire, au moyen d’attentats aveugles, dont les plus meurtriers sont ceux de la piazza Fontana à Milan (1969, 19 morts) et de la gare de Bologne (1980, 89 morts). Inauguré en 1974, le terrorisme des Brigades rouges atteint son paroxysme avec le rapt, puis l’assassinat (mars-mai 1978) du leader de la Démocratie chrétienne, Aldo Moro. Vivant son épreuve la plus difficile depuis sa restauration, la démocratie italienne reprend le dessus grâce à la fermeté et à la rencontre des principales forces politiques du pays (DC et PCI), sans que les principes démocratiques soient remis en cause. L’action violente est vaincue mais la stratégie terroriste bloque le compromis historique PCI/DC qui aurait pu conduire à une rénovation de la vie politique et, plusieurs drames n’ayant jamais été complètement élucidés (l’affaire Moro notamment), la mémoire des années de plomb est restée brûlante.

Liens utiles