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Anne de Beaujeu (1461-Chantelle 1522) ; régente de France.

Anne de Beaujeu (1461-Chantelle 1522) ; régente de France. Fille aînée de Louis XI et de Charlotte de Savoie, Anne de France épouse en 1474 un cadet de la maison de Bourbon, Pierre de Beaujeu. Louis XI, qui méprise en général les femmes, sait apprécier chez sa fille des qualités qui rappellent les siennes : même volonté sans faiblesse, même intelligence des buts à atteindre, même ruse dans l'emploi des moyens nécessaires pour y parvenir. Comme, de son côté, Beaujeu s'est montré un serviteur fidèle, Louis XI décide, à la veille de sa mort (1483), de leur conférer conjointement la régence, le jeune Charles VIII n'ayant alors que treize ans. « Fine femme et déliée s'il en fut oncques, dit Brantôme, et vraie image en tout du roi Louis son père », Madame - c'est son nouveau titre - doit résister à la vague de réaction féodale qui suit la mort de Louis XI, et dont le duc d'Orléans - le futur Louis XII -est l'âme. Dosant avec sagesse les concessions et la résistance, elle accepte, en 1484, la réunion des états généraux à Tours, mais pour mieux profiter de la commune faiblesse des trois ordres distincts du royaume. Après quoi elle garde, sans bruit mais non sans peine, la direction du gouvernement, qu'elle doit conserver pendant sept ans. Sa préoccupation essentielle est d'assurer la réunion de la Bretagne à la France par le mariage de Charles VIII, son frère, et de l'héritière du duché, Anne. Elle y parvient, non sans difficultés, car Anne de Bretagne est demandée par de puissants princes - Maximilien d'Autriche, Alain d'Albret, Jacques de Rohan - et Charles VIII est fiancé depuis huit ans à l'héritière de Bourgogne, Marguerite d'Autriche, qui est élevée et gardée à Amboise. En décembre 1491, Charles VIII épouse Anne de Bretagne. En même temps se termine la régence d'A. Dès lors, la fille de Louis XI se dévoue entièrement aux intérêts particuliers de la maison de Bourbon. Son mari, Pierre de Beaujeu, est devenu duc de Bourbon, par la mort de son frère aîné en 1488. Quand il meurt, en 1503, il ne laisse qu'une fille, Suzanne, mariée à un cadet de sa maison, Charles de Montpensier - le futur connétable de Bourbon. A. administre les possessions considérables qui font des nouveaux ducs de Bourbon les princes féodaux les plus puissants du royaume. Quand Suzanne de Bourbon meurt sans héritier, en 1521, le roi François Ier, soutenu par sa mère Louise de Savoie, se réclame du droit féodal pour revendiquer, contre le connétable, une partie de ses possessions. A. se montre, en ces circonstances, plus dévouée aux intérêts des Bourbons qu'à ceux de la couronne de France. Elle conseille et défend son gendre dans les multiples procès. Elle meurt près de Moulins en novembre 1522 avant que la trahison du connétable n'ait définitivement compromis sa cause.

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