Angevins de Naples
Charles Ier d'Anjou (1227-1285), devenu par investiture du Saint-Siège roi de Sicile et de Naples en 1265, avait installé sa famille à Naples et délibérément tourné sa politique vers l'Italie du Nord et la Méditerranée orientale. A sa mort en janvier 1285, il laissait une situation gravement compromise face au roi Pierre III d'Aragon, maître de la Sicile et détenteur de son fils Charles II le Boiteux. Après la croisade d'Aragon du roi de France Philippe III, qui tourne court par suite de sa mort en octobre 1285, Charles II [1285-1309] réussit par de longues négociations à obtenir sa propre libération (1288). Reconnu et couronné par le pape en 1289, il profite de la mort de Pierre III d'Aragon et du soutien de Charles de Valois pour négocier la paix de Caltabellotta (29 août 1302) par laquelle il renonce à la Sicile au profit de Frédéric, fils de Pierre III, à qui il marie sa fille Eléonore. Il renonce à l'Anjou et au Maine pour en doter sa fille Marguerite, mariée à Charles de Valois (1290). Il réussit à soumettre à nouveau tout le Piémont, et poursuit la politique d'expansion vers l'Orient par des alliances matrimoniales en Achaïe et en Epire. Il prépare l'avènement au trône de Hongrie de son petit-fils Carobert, père de Louis Ier de Hongrie (août 1310). Le règne du fils de Charles II, Robert, dit le Sage [1309-1343], marque l'apogée de la première dynastie angevine. Echouant de nombreuses fois dans ses tentatives de reconquête de la Sicile, confronté à l'agitation des partisans de l'empereur et des Vis-conti de Milan au nord de l'Italie, Robert réussit à l'intérieur du royaume de Naples à gouverner en monarque absolu et incontesté, grâce à une administration sage, qui se caractérise par une importante législation et par une collaboration avec les communautés urbaines. Amateur de littérature et d'astrologie, il fait de sa cour un foyer humaniste où viennent Pétrarque et Boccace, et protège les artistes. Il est lui-même l'auteur de sermons et d'un traité de théologie. La couronne revient à sa mort à Jeanne, sa petite-fille, âgée de dix-sept ans, mariée à André de Hongrie, fils de Carobert, en 1333. L'assassinat de ce dernier le 18 septembre 1345 provoque la guerre contre le roi de Hongrie Louis le Grand, qui s'installe à Naples en 1348, mais doit renoncer au trône de Naples en 1352. Louis de Tarente, descendant de Charles II, nouvel époux de Jeanne Ire, rétablit la situation, puis se fait reconnaître comme roi. Il gouverne alors seul le royaume, aidé du sénéchal Nicolô Acciaiuoli, et reconquiert la Sicile. Mais il est confronté à une agitation chronique en Provence où sévissent par ailleurs des bandes de routiers. À sa mort en 1362, Jeanne Ire, cherchant un nouveau protecteur, épouse Jacques III de Majorque, bientôt atteint de folie. Elle restaure le domaine piémontais, traite avec Frédéric d'Aragon qui lui prête hommage pour la Sicile, et avec Louis d'Anjou, frère du roi de France Charles V, qui affiche des prétentions sur la Provence. Optant pour le pape d'Avignon au début du Grand Schisme (1378), elle adopte Louis d'Anjou pour en faire son héritier en 1380. Cette attitude lui vaut l'opposition de Charles de Duras, descendant de Charles II qui, soutenu par le pape romain Urbain VI et le roi de Hongrie, l'emprisonne puis l'assassine en juillet 1382. Les débuts de la deuxième maison d'Anjou se caractérisent donc par la lutte de ses représentants, Louis Ier (1384) puis Louis II, reconnus par les papes d'Avignon, contre Charles III de Duras (t 1386) puis son fils Ladislas, véritables détenteurs du pouvoir à Naples. En effet malgré l'intervention du roi Charles VI et le soutien d'une armée levée en Provence, Louis II ne parvient pas à reprendre pied en Italie. Ladislas réprime durement les grandes familles qui s'opposent à lui et occupe Rome et les Etats de l'Église de 1407 à sa mort en 1414. Il laisse le royaume à sa soeur Jeanne II, qui se heurte à l'opposition du pape Martin V élu à la fin du Schisme et désireux de recouvrer ses terres. Elle fait appel au roi d'Aragon Alphonse V contre Louis III, fils de Louis II, champion de Martin V. Mais Alphonse d'Aragon ne reste pas à Naples et Jeanne II, sans héritier, désigne Louis III comme son successeur en 1421. À la mort de Louis III en 1434, la couronne échoit à son frère René, duc d'Anjou, alors prisonnier du duc de Bourgogne, qui renonce définitivement au royaume de Naples en 1464, pour le laisser au roi d'Aragon. René renoue avec les possessions de sa famille en France, épousant Jeanne de Laval en 1454, s'installant en Provence en 1464. Administrateur tatillon et exigeant en Pro- vence, prince fastueux et mécène, René laisse le comté en 1480 à Charles du Maine, son neveu, fils de Louis III. Charles lègue la Provence au roi de France Louis XI et meurt en décembre 1481. Ce sont les droits de Louis III et de René d'Anjou sur le royaume de Naples que Charles VIII et Louis XII invoqueront pour justifier leurs expéditions italiennes. Bibliographie : E.G. Léonard, Les Angevins de Naples, 1954 ; N. Coulet, A. Planche, F. Robin, Le Roi René, le prince, le mécène, l'écrivain, le mythe, Aix-en-Provence, 1982.
Liens utiles
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- Louis III d'Anjou1403-1434Héritier de Naples, de Sicile, de Jérusalem, et ainsi de suite : en fait, charmant et cultivé, iltient le comté de Provence et avec amour.
- Innocent VIII1432-1492C'est ce pape, génois et Cybo de son nom, qui appelle Charles VIII en Italie, par inimitiécontre Ferrand Ier de Naples.
- Giovanni Paesiello1741-1816Né à Tarente, fut l'élève de Durante à Naples, il séjourna en Russie de 1776-1784 auprès dela grande Catherine.