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Albret ; famille du sud-ouest de la France

Albret ; famille du sud-ouest de la France. Jusqu'au milieu du XIIIe siècle, les A. se sont nommés Lebret ou Lebred (Lebretensis). Le nom « Albret », tiré de la localité actuelle de Labrit, n'apparaît qu'au cours du xve siècle. Leurs célèbres armoiries (de couleur rouge, sans aucune figure) sont prises à la cour d'Edouard Ier, par imitation du héros Perce-val (« le Bret »). Le premier Lebret connu est Amanieu Ier (milieu XIe siècle). Puis, Amanieu V ( 1240) participe à la croisade des Albigeois aux côtés de Simon IV de Montfort et cherche à protéger ses terres de l'hérésie. Amanieu V se rapproche d'Henri III, le roi d'Angleterre, duc de Guyenne. Amanieu VI [1240-1270] est conseiller de celui-ci (1242-1243), participe au soulèvement contre Simon V de Montfort (1251-1252), puis se soumet au roi d'Angleterre (1254). À sa mort, il laisse comme héritier un enfant, Bernard Aiz IV [1270-1280], placé sous la tutelle de Géraud V d'Armagnac. L'essentiel du patrimoine familial se trouve alors dans le Bazadais méridional. Les A. possèdent la seigneurie de Cazeneuve, celle d'Aillas, celle de Meil-han-sur-Garonne et celle de Casteljaloux, leur résidence principale. Ils commencent à s'implanter aussi à Nérac. La puissance des A. augmente par une politique d'alliances matrimoniales, avec les familles de la Marche et d'Angoulême, avec celles de Bergerac et de Pons, d'Armagnac, de Tartas et de Grilly. La lignée des sires d'A. continue sans interruption jusqu'en 1280. À la mort de Bernard Aiz IV, qui laisse deux filles pour héritières, son frère Amanieu VII recueille l'héritage, l'aînée des filles ayant épousé Bernard VI d'Armagnac. Amanieu VII [1282-1326] est longtemps au service d'Edouard Ier, prend part à la guerre contre le roi de France (1294) et participe activement comme ambassadeur au règlement du conflit. Pour ses services, Edouard Ier lui remet des terres en Gascogne et en Angleterre. En conflit temporairement avec le roi d'Angleterre, Amanieu VII retrouve toute sa puissance avec l'accession de Bertrand de Got, archevêque de Bordeaux, au siège pontifical (Clément V). On a pu dire à ce moment qu'Amanieu est « roi en Gascogne ». Les années 1307-1313 voient toutefois la dégradation de ses relations avec l'Angleterre, au profit du roi de France. Dans les années 1320, Amanieu fait appel plusieurs fois au roi de France au côté duquel il se retrouve à sa mort. La puissance territoriale des A. augmente au xive siècle par la résolution en leur faveur des successions de Tartas (1312-1323) et de Bergerac (1314-1340). Mathe d'A. ayant épousé en 1314 Elie Rudel, seigneur de Bergerac, et jouant des contrats de mariage, de donations et de procès, elle est maîtresse à la mort de son mari (juin 1334) de Gensac, Miremont, Castelmauron, Montignac, Montcuq et Pujols. Bernard Aiz V, sire d'A. [1326-1359], et Guitard, seigneur de Tartas, sont sollicités, comme vassaux, par le roi d'Angleterre en lutte contre le roi de France et Bernard Aiz se rallie finalement à l'Anglais en 1338. En 1340, il est lieutenant d'Édouard III dans le duché de Guyenne et lui reste fidèle jusqu'à sa mort (1359). À cette époque, les A. ont des possessions en Bazadais (Aillas, Meil-han ainsi que plus loin Casteljaloux et Nérac), dans les Landes (Labrit, Sore et Pis-sos, Labouheyre, Sabres), en Bordelais, en Cernès (Castelnau) et dans la ville de Bordeaux même. A la fin du xve siècle, la puissance des sires d'Albret est toujours importante. Ils acquièrent encore les comtés de Périgord et de Castres et la vicomté de Limoges (1470), le royaume de Navarre, les comtés de Béarn et de Foix (1484). Au xve siècle, on remarque parmi eux Charles d'A., comte de Dreux, mort à Azincourt (1415) et Jean II d'A., roi de Navarre par son mariage avec Catherine de Foix. Devenu Jean III de Navarre, celui-ci tente en vain de défendre ses possessions espagnoles attaquées par Ferdinand II le Catholique. Il perd la Haute-Navarre, réunie en 1512 à la Castille, ne conservant de ce royaume que la partie située au nord des Pyrénées (Basse-Navarre). Son fils, Henri II de Navarre, épouse en 1527 la soeur du roi de France François Ier, Marguerite de Valois-Angoulême, veuve du duc d'Alençon (Angoulême 1492-Bigorre 1549). Très instruite, possédant sept langues, dont le latin, le grec et l'hébreu, auteur de l'Heptaméron, des nouvelles inspirées du Décaméron de Boccace, Marguerite de Navarre fait de la cour de Nérac un foyer de l'humanisme et de la Renaissance. Protectrice du courant évangélique, elle y accueille l'humaniste Lefèvre d'Étaples après la dissolution du groupe de Meaux, et laisse se développer en Béarn le protestantisme auquel adhérera leur fille Jeanne, mère du futur Henri IV (voir Jeanne d'Albret). Le dernier représentant de la lignée est César-Phoebus d'Albret, comte de Miossens, maréchal de France, qui meurt en 1676 avec une fille pour seule héritière. Bibliographie : J.-B. Marquette, Les Albret, Bazas, 1975-1979, 5 vol. (Cahiers du Bazadais).

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