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Albert II (1397-1439) ; duc d'Autriche sous le nom d'Albert V [1404-1439], roi allemand [1438-1439].

Albert II (1397-1439) ; duc d'Autriche sous le nom d'Albert V [1404-1439], roi allemand [1438-1439]. Fils du duc d'Autriche Albert IV de Habsbourg [1395-1404], A. lui succède à sa mort le 14 septembre 1404. Mineur, il voit ses parents de la branche Léopoldine, les deux frères Ernst der Eisem (« de Fer ») et Frédéric IV se disputer âprement sa tutelle. Dès 1411, A. prend effectivement le pouvoir et réorganise son héritage dévasté. En 1421, il devient le gendre de l'empereur Sigismond en épousant sa fille Elisabeth. A la mort de Sigismond (9 déc. 1437), A. se fait reconnaître comme roi de Hongrie et roi de Bohême (18 et 27 déc.). Catholique intransigeant et dévot, il dirige énergiquement le clergé autrichien et confisque les biens des juifs. Son autorité demeure contestée, d'autant plus qu'en Bohême qu'il doit bientôt affronter un compétiteur en la personne de Casimir, frère du roi de Pologne, soutenu par les Hussites qu'A. a combattu aux côtés de Sigismond. Les six électeurs (il manque la Bohême) choisissent A. comme roi « des Romains » le 18 mars 1438. La situation en Bohême reste confuse lorsqu'A. doit précipitamment se porter en Transylvanie où les Turcs viennent de faire irruption. Gêné par la sourde hostilité des Hongrois, il voit la Serbie lui échapper. Il meurt de dysenterie le 27 octobre 1439. Son fils, Ladislas le Posthume, ne naît que le 22 février 1440. Pris sur tous les fronts à la fois, A. n'a pas même le temps de se rendre aux deux diètes de Nuremberg qui traitent de la réforme de l'Empire (1438). Dans la question du Grand Schisme, il suit la neutralité de ses prédécesseurs, en refusant de choisir entre le concile de Bâle et le pape Eugène IV, déposé par le premier. Le 26 mars 1439, par 1' « Acceptation de Mayence » (Mainzer Akzeptation), A. et les Princes reçoivent en Allemagne de nombreux décrets du Concile, laissant la voie ouverte à des négociations entre Concile et Papauté, dont ils auraient été les arbitres. Le règne d'A., qui dure vingt mois, fait repasser à la maison de Habsbourg la couronne qu'elle n'avait pas reçue depuis Frédéric III et qu'elle devait garder jusqu'à l'aube du xixe siècle. Bibliographie : F. Rapp, Les Origines médiévales de l'Allemagne moderne (1346-1519), 1989.

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