Agnès (v. 1025-1077) ; impératrice, régente de l'Empire [1056-1062].
Agnès (v. 1025-1077) ; impératrice, régente de l'Empire [1056-1062]. En 1043, le remariage de l'empereur Henri III avec A., fille de Guillaume V d'Aquitaine et de Poitou [1039-1058], née vers 1025, sert à consolider la mainmise impériale sur l'ancien royaume de Bourgogne et l'Italie. Mariée à Besançon, couronnée à Mayence, fêtée à Ingelheim, A. entre dans les vues politiques et religieuses de son époux et doit gérer sa difficile succession lorsqu'il décède le 5 octobre 1056. Leur fils Henri IV, élu roi et successeur de son père en 1053, n'a pas six ans. A. réussit à parachever le compromis lorrain mis au point par Henri III, mais, méditative et pieuse, restée étrangère et toujours davantage isolée, ne parvient pas à dominer les contradictions de son époque et de la politique impériale. Elle doit composer avec des princes qui renforcent les tendances centrifuges de duchés toujours remuants. Rodolphe de Rheinfelden qui, en 1057, s'impose comme titulaire du duché de Souabe, reçoit l'administration de la Bourgogne et la main d'une fille d'A., Mathilde. En 1061, le duché de Bavière, rattaché à la couronne en 1053, est confié au comte saxon Otton de Northeim. La même année, le duché de Carinthie est attribué à Berthold de Zahringen. En Hongrie, l'impératrice ne peut soutenir efficacement son protégé le roi André contre l'usurpation de son frère Bêla. En 1061 toujours, c'est la mort dans l'âme qu'elle accepte de sanctionner le coup de force des réformateurs romains, qui ont porté au trône pontifical Alexandre II sans solliciter l'avis de lacour impériale ; elle cause ainsi le schisme d'Honorius [II] (Cadalo de Parme), antipape impérial. En avril 1062, l'opposition, menée par l'archevêque de Cologne Annon, chasse A. du pouvoir et met la main sur le jeune empereur et sur la régence. Abandonnant les affaires sans résistance, comme soulagée de leur poids, A. va vivre en Italie et à Rome, selon ses goûts, c'est-à-dire comme nonne et aux côtés de réformateurs comme saint Pierre Damien. Jusqu'à sa mort, elle fait quatre voyages en Allemagne pour tenter de réduire les différends de son fils avec le pape ou avec son gendre Rodolphe de Rheinfelden, toujours en vain.
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