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ABANE Ramdane

ABANE Ramdane (1920-1957)

Homme politique algérien.

Le FLN (Front de libération nationale) aurait-il réussi à rassembler la grande majorité des Algériens s’il n’avait trouvé en Abane Ramdane la tête politique qui lui faisait alors défaut ? Né le 20 juin 1920 à Azouza en Grande Kabylie, Abane Ramdane passe son baccalauréat au collège de Blida (1941). Son service militaire terminé, il obtient, grâce à l’intercession d’un notable, un emploi de secrétaire adjoint à la commune mixte de Chateaudun du Rhummel. Il ne l’occupera pas longtemps. Son adhésion au Parti du peuple algérien (PPA) lui vaudra des tracasseries après le succès recueilli par cette organisation indépendantiste aux élections municipales (octobre 1947). Il en devient permanent et en applique scrupuleusement les orientations.

Lorsque la direction décide l’exclusion d’un de ses membres les plus connus, le Dr Lamine Debaghine (1917-2003), et des militants soupçonnés de « berbérisme » (culturalisme berbère), c’est Abane qui défend le point de vue de celle-ci dans la région de Skikda. Arrêté en 1950, jugé et condamné, il est libéré le 19 janvier 1955. « Vous êtes des criminels », dit-il au colonel Omar Ouamrane quand celui-ci l’informe des conditions dans lesquelles a eu lieu l’insurrection du 1er novembre 1954 qui inaugure la guerre d’indépendance, mais il s’y engage sans réserve et entre dans la clandestinité. Grâce à lui, le FLN occupe le terrain politique, intègre en son sein tous les éléments des partis qui acceptent de se dissoudre, et mène contre son rival le MNA (Mouvement national algérien) de Messali Hadj une guerre implacable, refusant toute discussion sur son monopole.

Au congrès de la Soummam dont il est l’organisateur (août 1957), Abane fait adopter un programme et une formule de direction qui l’opposent à Ahmed Ben Bella et à Mohamed Boudiaf. Membre du CNRA (Conseil national de la Révolution algérienne) et du CCE (Comité de coordination et d’exécution), il est mis en minorité en août 1957 lors du premier coup de force des militaires du FLN-ALN (Armée de libération nationale). Il refuse de se soumettre et d’accepter leur suprématie sur les politiques. Responsable du journal El Moudjahid, il décide seul que la reconnaissance de l’indépendance est un préalable à toute négociation. Craignant à tort ou à raison son influence sur l’Aurès et l’Algérois, les chefs militaires l’attirent dans un guet-apens au Maroc sous prétexte de régler des problèmes avec le roi Mohammed V et l’assassinent fin décembre 1957, supprimant ainsi toute alternative à leur mainmise sur le FLN-ALN.