DENYS (saint) (du gr. Dionysos, Denis)
Très nombreux sont les saints des premiers siècles du christianisme qui ont porté ce nom et des confusions fréquentes ont été faites au sujet des plus connus. Incontestablement, celui qui est le plus familier aux Français est l’évêque de Paris «céphalophore», qui fut martyrisé et décapité à Montmartre et qui, suivant la légende, aurait marché portant sa tête jusqu’au site devenu Saint-Denis où il reçut une sépulture. Le sanctuaire qui l’abritait devint un lieu de pèlerinage avant d’être la nécropole des rois de France. (Cette légende proviendrait de l’interprétation naïve des pierres tombales représentant un martyr décapité tenant sur sa poitrine sa tête entre ses mains.) Saint-Denis de Corinthe, au IIe s., a laissé des lettres pastorales. Son témoignage sur le martyre à Rome de saint Pierre et de saint Paul est d’une grande importance. Saint Denys, dit le Grand, fut évêque d’Alexandrie (IIIe s.). Elève d’Origène et bien qu’il combattît les hérésies, en particulier le millénarisme, il devint suspect par sa sympathie pour l’école d’Alexandrie et son hypothèse sur l’origine de l’Apocalypse, dont l’auteur serait un autre Jean que l’apôtre du Christ. Mais le plus connu de tous les Denys, est celui qui a été confondu pendant longtemps avec saint Denis, évêque de Paris : c’est Denys l’Aréopagite (Ier s.). Il fut le premier évêque d’Athènes, membre de l'Aéropage, converti par saint Paul et martyr. De nombreux ouvrages lui furent attribués qui, en réalité, sont du VIe s. Ainsi quatre traités, Hiérarchie céleste, Hiérarchie ecclésiastique, Théologie mystique, Sur les noms divins, sont dits du Pseudo-Denys. D’inspiration néoplatonicienne, ils ont été pendant des siècles un lien entre la pensée antique et le christianisme ; leur influence sur la mystique médiévale et même sur la scolastique fut immense. Bien que non canonisé, l’écrivain ecclésiastique Denys dît le Petit (Dionysus Exiguus) mérite d’être mentionné pour ses ouvrages théologiques. S’il prit ce surnom, ce n’était pas en raison de sa petite taille, mais par humilité. On a assez peu de détails sur sa vie. On sait qu’il était Scythe et d’origine sans doute subcaucasienne. Il se fit moine en Syrie, et sa connaissance approfondie tant du grec que du latin le fît appeler à Rome par le pape Gélase pour l’étude et la transcription des textes patristiques écrits en grec et en syriaque, mais, lorsqu’il arriva à Rome dans l’hiver 496-497, le pape était mort. Denys logea au couvent Saint-Anastase où étaient conservées les archives, et c’est là qu’il travailla jusqu’à sa mort. Il traduisit les canons des conciles du grec en latin, des textes hagiographiques, des textes de Cyrille d’Alexandrie et de Proclus, écrivit la vie de saint Pacôme et fit une collection des Décrétales des papes. Il établit, ce faisant, une chronologie depuis la fondation de Rome dans laquelle il situa, avec un grand souci d’exactitude historique, la date de la naissance du Christ, introduisant ainsi l’usage de l'ère chrétienne. La date de Pâques divisait alors l’Orient et l’Occident; Denys s’efforça de la fixer, et son système fut adopté par Rome. Il lutta toute sa vie contre les hérésies, tenta constamment de réconcilier les Eglises d’Orient et d’Occident. Il fut aussi un des premiers canonistes.
DENIS ou DENYS, saint. Selon Grégoire de Tours, évangélisateur des Gaules et premier évêque de Paris. Décapité près de la capitale au IIIe siècle sur la colline Montmartre (mont des Martyrs), il est représenté tenant sa tête dans ses mains, d'où la légende selon laquelle il l'aurait ramassée après son supplice et l'aurait portée jusqu'à l'emplacement de factuelle abbaye qui porte son nom. Ses restes y furent transportés vers 626 après la fondation de ce sanctuaire par Dagobert. La légende le confondit avec Denys l'Aréopagite, disciple de saint Paul.
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