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SIN-KIANG, Xinjiang en pinyin

Région autonome ouïgoure de la Chine occidentale, appelée aussi « le Turkestan chinois ». Son nom, en mandarin, signifie « nouvelle frontière » ; capitale Ouroumtsi (Urümqi). Composée de deux parties, au N. la Dzoungarie, pays de steppes, et au S. l'immense désert du Tarim, le Sin-kiang couvre le sixième de la Chine. En 1953, les minorités ouïgoures, kazakhes et tibétaines constituaient 90 % de la population du Sin-kiang, contre à peine 60 % en 1995. Pendant des siècles, le Sin-kiang a été l'intermédiaire entre l'Inde et la Chine (v. SOIE, route de la). Il fut longtemps le domaine des peuples de la steppe : Hiong-nou, Huns Hephthalites, Turcs, Ouïgours. Ces derniers y furent supplantés par les Mongols de Gengis Khan (XIIIe s.), auxquels succédèrent les Kalmouks. Malgré un intérêt manifesté dès le Ier s. av. J.-C., ce n'est qu'au XVIIe s., sous les premiers empereurs mandchous, que la Chine établit définitivement son hégémonie sur cette région, qui devint une province impériale en 1884. Le régime communiste en fit, en 1955, la « Région autonome ouïgoure du Sin-kiang », terre de défrichement et de développement qui possède d'importantes ressources de sous-sol, en particulier les plus riches gisements de pétrole de toute la Chine. Après les destructions causées par la Révolution culturelle, le Sin-kiang a connu de nombreux incidents nationalistes entre 1978 et 1981. Dans les années 1990, l'agitation a repris, sous l'influence de la guerre en Afghanistan et de l'accession à l'indépendance des trois républiques musulmanes de l'ex-URSS, contiguës à la région : le Kazakhstan, le Tadjikistan et le Kirgizhstan. De lourds problèmes demeurent aussi concernant le sous-développement du Sin-kiang par rapport au reste du pays.

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