Databac

SFORZA

Célèbre famille italienne qui régna sur le duché de Milan de 1450 à 1535.

Fils naturel du condottiere Jacopo Muzio ou Giacomuzzo Attendolo, dit Sforza, qui combattit pour Florence, pour le pape, puis pour Jeanne II de Naples, Francesco Ier Sforza (* 1401, † 1466), duc de Milan en 1450, dut à sa valeur militaire d'être très recherché par les princes italiens. Il acquit une grande puissance en servant successivement des camps opposés. En 1434, il enleva la marche d'Ancône au pape Eugène IV, puis Pesaro en 1443. Devenu duc de Milan à la mort de son beau-père, Filippo Maria Visconti, il étendit son autorité sur toute la Lombardie et devint de fait l'arbitre de la politique en Italie après s'être allié à Cosme de Médicis et à Louis XI, qui lui abandonna Gênes et Savone en 1464. Galeazzo Maria Sforza (* 1444, † 1494). Fils aîné et successeur de Francesco Ier, duc de Milan de 1466 à 1476. Il fut un prince typique de la Renaissance italienne, grand amateur d'art et protecteur de Bramante, d'une grande prodigalité, débauché et cruel. Un complot républicain mit fin à ses jours. Ludovico Sforza, dit il Moro, le More (* 1451, † Loches, 17.V.1508). Frère de Galeazzo Maria ; il s'empara du pouvoir en 1480 mais ne devint duc de Milan qu'en 1494. Il appela le roi de France Charles VIII à son aide contre les Aragon, mais le futur Louis XII ayant fait valoir ses droits d'héritier des Visconti sur Milan, Ludivico se retourna contre les Français. Chassé de Milan en 1495, revenu en 1496, chassé de nouveau en 1500, il fut livré par les Suisses à Louis XII, qui l'interna à Loches, où il mourut. Prince fastueux, il avait protégé Bramante et Léonard de Vinci.


Sforza, Francesco (1401-1466) ; condottiere, seigneur de Milan [1450-1466].

Fils d’un brillant capitaine d’aventure, Gia-comuzzo Attendolo (1369-1424), surnommé « S’efforce » (Sforza) et qui s’était illustré au service de Florence, des Este et de Jeanne II de Naples, S. prend lui aussi la carrière des armes. Vaillant et bon stratège, qui développe l’emploi de l’artillerie, il est dès 1426 au service du duc de Milan Filippo-Maria Visconti avant de s’emparer pour son propre compte de la marche d’Ancône. En 1437, il triomphe, pour le compte du pape, de Venise et de Florence, du capitaine du Visconti, Niccolô Piccinino. Visconti le gagne à sa cause en lui donnant la main d’une fille naturelle, Bianca, et l’espoir de sa succession. Après de nouvelles hostilités (1439-1441), qui n’ont pour but que de faire monter la dot, S. épouse Bianca et reçoit Crémone et Pontremoli. À la mort du Visconti (13 août 1447), l’héritage, contesté, menacé, vole en éclats. Avec habileté, S. se sert de Venise puis l’écarte pour reconstituer la constellation milanaise et se faire offrir le pouvoir dans la ville (févr. 1450). Il lutte contre le pape Eugène IV et la reconnaissance de son pouvoir mais aussi de sa puissance est définitive au traité de Lodi (5 avr. 1454), puis lorsque l’année suivante il apparaît comme le chef de la Ligue italienne qui regroupe Milan, Venise, Florence, Rome, Naples. Il peut alors se consacrer pleinement au gouvernement de la ville. Un frère, Gabriele, ermite augustinien, est promu archevêque de Milan (1454-1457). Son fils Galeazzo Maria (assassiné en 1476) lui succède et confirme l’alliance avec le roi de France Louis XI dont il épouse la belle-soeur, Bonne de Savoie. Leur fils Giovanni (ou Gian) Galeazzo Maria (1494) est d’abord sous l’énergique tutelle de Bonne, puis sous celle de son oncle, Ludovic dit le More. Celui-ci, en 1494, accède directement au pouvoir en manoeuvrant le roi de France Charles VIII, mais ne peut résister à l’assaut de Louis XII, qui prend le titre de duc de Milan et s’empare de l’héritage revendiqué au nom de Valentine Visconti en 1499.

Bibliographie : C. Bec, I. Cloulas, B. Jestaz, A. Tenenti, L’Italie de la Renaissance : un monde en mutation (1398-1494), 1990.


Sforza, Ludovic, surnommé le More (1452-Loches 1508) ; duc de Milan.

Quatrième fils de Francesco Sforza, condottiere couronné de lauriers et futur duc de Milan, S. gouverne le Milanais à partir de 1480 à la place de son neveu Gian-Galeazzo encore mineur. Sous l’influence de son épouse Béatrice d’Este, soeur d’Alfonse d’Este de Ferrare, il s’efforce de transformer sa cour en centre culturel sur le modèle d’autres princes contemporains de la Renaissance. Il réussit à attirer à Milan, entre autres contemporains célèbres, Bramante et Léonard de Vinci. Par son frère Ascanio Maria, il possède une influence considérable à la Curie romaine. Celui-ci, cardinal et protonotaire, joue en 1492 un rôle déterminant pour l’élection du pape Alexandre VI et sera nommé en retour vice-chancelier. Lorsque Gian-Galeazzo meurt en 1494, S. semble au sommet de sa puissance. Cependant, Louis XII, le roi de France, en sa qualité de lointain parent des Visconti que les Sforza avaient écartés, veut faire valoir ses droits héréditaires sur le duché de Milan. Allié à Venise et au pape, il s’engage dans une guerre contre S. Malgré ses bonnes relations de parenté avec l’empereur Maximilien Ier, qui était marié en secondes noces avec Bianca Maria Sforza, sa nièce, il ne reçoit qu’un maigre soutien du côté des Habsbourg. Il est chassé de Milan en 1499, livré par les Suisses à Louis XII et emmené en France en 1500. Il est emprisonné à Loches où il meurt en 1508. Il est donc victime de l’expansion française en Italie que lui-même, ami de Charles VIII lors de sa campagne italienne de 1494, avait d’abord ardemment encouragée, dans la mesure où il se voulait en Italie le chef du parti anti-aragonais. Il a été l’un des mécènes les plus fastueux de son époque.

Bibliographie : L. Collison-Morley, Histoire des Sforza, 1951.


Sforza, Carlo, comte (Montignoso 1872-Rome 1952) ; homme politique italien.

Descendant d’une branche latérale de la famille des célèbres ducs et condottieres de Milan, né à Montignoso près de Carrare, fils de l’historien Giovanni Sforza, il embrasse la carrière diplomatique en 1896 et est chargé d’affaires italien à Pékin (1911-1915), puis en Serbie (1915-1918). Sous-secrétaire d’État (1919-1920), puis ministre des Affaires étrangères (1920-1921) au cabinet de Giolitti, il travaille surtout à l’entente avec la Yougoslavie. Après 1919, il est le premier homme d’État à mener une politique étrangère constructive, qui, dans ses grands principes, fut poursuivie par ses successeurs, mais son attitude conciliante dans l’affaire de Fiume, alors que la popularité de D’Annunzio et de Mussolini ne fait qu’augmenter, provoque un grand mécontentement dans l’opinion publique et il doit démissionner en juin 1921. Au début de 1922, il occupe les fonctions d’ambassadeur à Paris mais immédiatement après la formation du gouvernement par Mussolini, il remet son poste à la disposition du Duce en expliquant que son hostilité au système fasciste lui interdit d’assurer ses fonctions avec la loyauté nécessaire. Cette décision courageuse, preuve de la droiture de son caractère, est imitée par l’ambassadeur italien à Berlin, Frassati, et fait l’objet de l’admiration internationale. Elle est moins bien accueillie en Italie, où Benedetto Croce lui-même opte pour une passivité bienveillante. En exil volontaire à Paris d’abord, puis aux États-Unis à partir de 1940, S. est, avec le célèbre historien Gaetano Salvemini et le cofondateur et secrétaire général du parti populaire italien (PPI), don Luigi Sturzo, l’un des principaux intellectuels de la résistance au fascisme. À travers ses nombreux articles (collaboration régulière au Soir de Bruxelles et à La Dépêche de Toulouse) ainsi qu’à travers ses livres traduits en plusieurs langues, dont Dictatures européennes (1930) est le plus remarqué, il affirme ses convictions démocratiques et il contribue à l’unification européenne (cf. son recueil d’essais Vers les Etats-Unis de l'Europe, 1930). De retour en Italie (1943) après l’abdication du roi Victor-Emmanuel III, à laquelle il a oeuvré, il participe aux gouvernements Badoglio, Bonomi et De Gasperi ; comme ministre des Affaires étrangères (1947-juill. 1951); il contribue par son adhésion au plan Marshall et à l’OTAN (1949) à engager la politique étrangère italienne d’après-guerre dans la Communauté des démocraties occidentales.




FRANCESCO Ier SFORZA (San Miniato, 1401-Milan, 1466). Grand condottiere, dont les princes italiens se disputèrent les services. Il acquit une grande puissance en changeant, sans scrupules, d'alliances. En 1441, le duc de Milan, Filipo Maria Visconti, lui donna sa fille en mariage. À sa mort, Francesco se fit reconnaître duc de Milan malgré l'opposition des habitants (1450). Allié de Cosme de Médicis et de Louis XI de France, il s'empara de la Lombardie.


LUDOVIC SFORZA LE MORE (Vigevano, 1452-Loches, 1508). Duc de Milan (1494-1499 et 1500). Il obtint le duché de Milan à la mort de son neveu, grâce au soutien de la France. Mais lorsque Louis XII, héritier des Visconti, réclama la succession du duché de Milan, Ludovic le More se retourna contre la France. Deux fois expulsé de Milan, il fut finalement battu à No-vare (1500) et emprisonné à Loches où il mourut. Époux de Béatrice d'Este, il avait entretenu à Milan une des cours les plus fastueuses de son temps, protégeant les artistes parmi lesquels Bramante et Léonard de Vinci.


SFORZA. Célèbre famille italienne qui régna sur le duché de Milan de 1450 à 1535. Elle eut pour fondateur le condottiere Muzio ou Giacomo Attendolo. À la mort du dernier Sforza (1535), le Milanais fut annexé par les Habsbourg. Voir Francesco Ier Sforza, Ludovic Sforza le More, Maximiliano Sforza.

Liens utiles