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RITES CHINOIS (querelle des)

Querelle qui opposa entre eux les missionnaires catholiques des XVIIe et XVIIIe s. à propos des méthodes d'apostolat à utiliser à l'égard des Chinois. Fondateur des missions jésuites en Chine, le père Matteo Ricci, arrivé dans le pays en 1582, s'était vite rendu compte que, dans cette civilisation millénaire, la religion chrétienne ne pourrait s'implanter sans respecter les rites accomplis en l'honneur de Confucius et des ancêtres. Après la mort du père Ricci (1610), cette attitude fut respectée par les autres missionnaires jésuites, et le christianisme connut de brillants succès au XVIIe s. Mais, à partir de 1631, d'autres missionnaires, dominicains, franciscains, augustins se prononcèrent unanimement contre les tolérances accordées par les jésuites. Le dominicain Juan Bautista de Morales, expulsé de Chine, soumit au Saint-Siège un rapport contre les rites chinois, qui furent condamnés comme superstitieux par Innocent X (12 déc. 1645). Les jésuites déléguèrent à Rome le père Martini, qui obtint d'Alexandre VII, en 1656, un nouveau décret tolérant l'hommage à Confucius comme « un culte purement civil et politique ». La querelle fut rouverte en 1693, quand Mgr Maigrot, des Missions étrangères de Paris, vicaire apostolique au Foukien, édicta un mandement qui interdisait aux chrétiens les rites chinois. Par un décret de 1704, le Saint-Office condamna les méthodes des jésuites. Le légat pontifical Thomas de Tournon, envoyé en Chine en 1705, fit preuve de la plus grande ignorance des choses du pays et commit tant de maladresses qu'il fut expulsé par l'empereur K'ang-hi (1706). Furieux de son aventure, il pressa pour une nouvelle condamnation des rites, que le pape Clément XI prononça par la bulle Ex Illa Die (19 mars 1715). L'empereur répliqua en interdisant la prédication du christianisme (1717) et en ordonnant l'expulsion de tous les missionnaires, sauf les jésuites (1724). La querelle se termina par la bulle Ex Quo Singulari Providentia (11 juill. 1742) de Benoît XIV, qui condamnait une nouvelle fois les rites et exigeait des missionnaires jésuites la prestation d'un serment qui les proscrive. C'est seulement le 8 déc. 1939 que Pie XII autorisa de nouveau les chrétiens chinois à pratiquer leurs rites ancestraux. Mais, dix ans plus tard, le communisme triomphait en Chine et proscrivait l'ensemble des cultes.

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