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Que pensez-vous de cette expression : « sciences morales » ? Existe-t-il des sciences morales ? et diffèrent-elles des sciences expérimentales ?

Publié le 16/05/2020

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Ci-dessous un extrait traitant le sujet : Que pensez-vous de cette expression : « sciences morales » ? Existe-t-il des sciences morales ? et diffèrent-elles des sciences expérimentales ? Ce document contient 940 mots soit 2 pages. Pour le télécharger en entier, envoyez-nous un de vos documents grâce à notre système gratuit d’échange de ressources numériques. Cette aide totalement rédigée en format pdf sera utile aux lycéens ou étudiants ayant un devoir à réaliser ou une leçon à approfondir en Philosophie.

« Que pensez-vous de cette expression : « sciences morales » ? Existe-t-il des sciences morales? et diffèrent-elles des sciencesexpérimentales ? Préambule. — Ce qu'on entend ordinairement par « sciences morales » : celles qui étudient dans l'homme l'être mental : pensant, sentant, voulant.— En lui-même : psychologie et annexes : logique, morale, esthétique.— En relation avec ses semblables : sociologie, droit civil, politique, philologie, etc.— Dans son évolution et son activité a travers les âges : histoire.

Ces différents ordres de connaissance constituent-ils des sciences ? ungroupe homogène et compact de sciences ? diffèrent-ils des sciences expérimentales ?Telles sont les questions que nous obligent à résoudre diverses observations de philosophes contemporains.

Consultons tout d'abordleurs raisons, puis voyons-en la portée. I.

— Les adversaires des « sciences morales ». 1° Certains discutent le caractère scientifique de telles sciences :a) en raison de leur objet : trop complexe, mouvant, difficile à observer, et qui n'est pour certains qu'un épiphénomène du biologique;b) en raison de l'absence de déterminisme provenant :— de l'apparition de facteurs inattendus (grands hommes)— surtout de la liberté humaine : d'où pas de lois fixes.c) en raison du caractère qualitatif de ces notions : d'où pas de lois quantitatives : impossibilité de la mesure.A fortiori : si l'on introduit des sciences purement idéales et normatives (morale, logique, politique, etc.), tout caractère scientifiquedisparaît. 2° D'autres s'attaquent à la possibilité non de constituer ces sciences d'une façon valable, mais de les grouper en un faisceau homogène.а) On y trouve des sciences réelles (psychologie, sociologie, histoire), qui établissent des rapports entre les faits (ou lois), et des sciencesnormatives (logique, morale, esthétique, politique), qui établissent des règles (rapport entre les actions et l'idéal).b) Les méthodes sont différentes : l'introspection domine en psychologie, la méthode comparative en sociologie et la critique dutémoignage en histoire.c) Elles n'étudient pas seulement l'homme, puisqu'on a constitué une psychologie et une sociologie animales : donc pas d'objet vraimentcommun.

Tout motif de liaison est donc absent. 3° On critique enfin le nom de sciences morales, qui semble subordonner toutes ces disciplines à la morale, à la valeur des actionshumaines par rapport à un idéal — ce qui est antiscientifique au premier chef. D'où l'on conclut : Puisque toutes ces disciplines, dans la mesure où elles sont scientifiques, partent des faits pour en tirer des rapports oulois, elles doivent être purement et simplement considérées comme diverses branches des sciences expérimentâtes séparées et distinctesentre elles. II.

— Les partisans des « sciences morales ». 1° Ils répondent en montrant d'abord le caractère scientifique de ces divers ordres de connaissances qui ont :a) des objets propres énonces plus haut;b) des méthodes appropriées qui permettent d'analyser la complexité des faits (rôle de l'esprit de finesse);C) et aboutissent à des lois a .vaut une certitude réelle correspondant à l'objet, car il existe un déterminisme en les sciences morales : 4°actes spontanés assez nombreux; 2° liberté n est pas caprice : l'homme agit d après les motifs rationnels; 3° la certitude de ces loisaugmente avec le nombre de cas envisagés; si la prévision n'est pas certaine pour un cas particulier (contre Taine), les lois morales sontvraies dans l'ensemble.On trouve donc, en somme, les caractères d'objectivité positive, d'analyse, de généralité et de déterminisme suffisant à une vraie science. 2° Par ailleurs, rien n'empêche, à vraiment parler, de grouper ces sciences en un faisceau spécial, car elles pimentent des caractèrescommuns qui les différencient des sciences expérimentales proprement dites. A.

Objet : Activité mentale psychique qui est à la base des faits sociologiques et historiques. a) Cette activité humaine étant rationnelle et perfectible explique qu'il y ait, en face de la constatation du fait, l'élaboration d'un idéal etexige l'existence de sciences réelles et de sciences normatives correspondantes.b) L'étude de la psychologie et de la sociologie animales, ni est qu accessoire et auxiliaire, pour éclairer et faire paraître, à l'état isolé,certains facteurs sensibles qui, chez l'homme, sont débordés par l'intelligence et l'activité libre. B.

Méthode : a) Dans toutes ces sciences, à côté de l'étude objective et extérieure, il faut faire une place plus ou moins grande à l'étude du sujet par lui-même ou introspection, qui, seule, permet de saisir en son individualité le fait mental.

L'étude subjective sera doncnécessaire pour éclairer et interpréter les résultats de l'observation et de l'expérimentation des faits externes, comme celles-ci serontindispensables pour généraliser les données de l'introspectionb) De plus, en raison de la difficulté de l'expérimentation en ces matières, la méthode comparative joue un rôle important en psychologie,sociologie et histoire pour atteindre cependant des résultats généraux. C.

Rigueur des lois énoncées : Comme il a été dit plus haut, elles valent seulement pour l'ensemble, puisque la nature même de l'objet étudié suppose des exceptions possibles dues à la liberté.Aussi l'introduction des mathématiques (statistiques, graphiques) pour en traduire les résultats ne devra se faire qu'avec prudence etn'aura qu'une valeur très relative. 3° Le nom des sciences morales lui-même peut avoir sa justification.Loin de faire dépendre ces disciplines de la morale normative, ce mot doit se prendre au sens étymologique de « mos, mores » — façoncourante d'agir des hommes — et il indique fort bien ce que ces sciences de l'esprit humain, pris individuellement ou en groupe, ont decommun par opposition aux sciences de la matière.

Elles correspondent aux sciences noologiques de la classification d'Ampère.

Sans attribuer à ce vocable une valeur trop absolue, et tout en laissant à chacune de ces sciences, leurs caractères spéciaux et à toutesleur parenté exacte avec le? sciences expérimentales, il semble donc qu'on puisse continuer à parler, comme d'un groupe suffisammenthomogène, des « sciences morales », au sens que nous venons d'indiquer.. »

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