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MARCUSE, NIETZSCHE ET LE RENVERSEMENT DES VALEURS

Publié le 15/05/2020

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« MARCUSE, NIETZSCHE ET LE RENVERSEMENT DES VALEURS Bien que la pensée nietzschéenne ne soit pas expressément commentée comme dans Éros et civilisation, la plupartdes perspectives d'avenir ouvertes dans L'homme unidimensionnel se rattachent directement à son inspiration.Nombreux sont les aspects de 1' « existence pacifiée » qui évoquent le « renversement de toutes les valeurs », etl'annonce marcusienne du « changement qualitatif » perpétue, selon les mots mêmes de l'auteur, « le soufflelibérateur de la pensée nietzschéenne qui met en pièces la Loi et l'Ordre » (p.

268), bien plutôt que la dialectiquehégélienne ou marxiste.

La dialectique en effet présuppose la continuité.

Or Marcuse privilégie la rupture, il appellede ses voeux le refus absolu.

Chez Hegel, la logique de l'histoire repose sur le progrès qui totalise et qui conserve.

Ilfaut au contraire selon Marcuse accomplir un véritable saut pour accéder au « changement qualitatif », et ce saut,comme chez Nietzsche, n'est pas d'abord un changement politique ou social, mais un changement de valeurs, unetransformation radicale du principe d'évaluation.L'homme occidental a depuis longtemps placé les valeurs de connaissance au-dessus des valeurs d'imagination.

Il apréféré la frustration et la répression des instincts (au profit du travail et du savoir) plutôt que le jeu et la libresatisfaction de ses tendances.

Il a accordé plus de prix à l'universel (« la Loi et l'Ordre ») qu'à l'individuel, d'où lenivellement moral, l'effacement des particularités individuelles.

Il a mis l'intelligible (la science, la théorie) au-dessusdu sensible (le désir, la jouissance).

Ces valeurs étaient fondées sur la peur, peur que l'ordre et le conformisme nesoient subvertis par des instincts égoïstes ou destructeurs.

Nietzsche pose comme condition du renversement desvaleurs que l'exaltation des différences individuelles l'emporte sur la recherche du nivellement.

Or l'art est la plushaute affirmation de non-conformisme, il est le « grand stimulant de la vie ».

Désormais l'art ne devra plus êtreconsidéré comme inférieur, mais, devenu la valeur suprême, il commandera à la science.

« Considérer la science sousl'optique de l'art », ce mot d'ordre nietzschéen va être repris par Marcuse.Pour ce dernier également, il importe avant tout de déterminer les valeurs : « La technologie, dit-il, dépend partoutde fins qui ne sont pas technologiques » (souligné par nous).

Pour lui aussi, il faut renverser les « anciennes valeurs» : les valeurs suprêmes de la société industrielle, le calcul, l'efficacité, la conformité, la lutte, doivent être niées etrejetées.

Il faudra affirmer la paix, la non-conformité, la libre invention de nouvelles relations sociales.

La rationalitéscientifique devra être repensée du point de vue de l'art, c'est-à-dire de l'invention individuelle de nouveauté (quicomprend à la fois la création artistique et l'art de vivre).

Or Marcuse, comme Nietzsche, estime que l'art n'est pasirrationnel, mais représente une raison plus haute, plus englobante.

La raison étroite de la science devra êtrerévisée par la « raison de l'art » (p.

281).

Marcuse comme Nietzsche oppose constamment l'art comme valeur dedestruction du monde établi, à la science comme valeur essentiellement conservatrice.Autre élément nietzschéen : la libération devra aboutir à une nouvelle maîtrise de la vie naturelle.

Autour de soi, ilfaut « humaniser la nature », expression nietzschéenne utilisée par Marcuse.

Sur le plan de l'individu : apprendre àconnaître ses véritables instincts, à redéfinir ses besoins personnels, c'est-à-dire, comme le voulait Nietzsche, «refuser l'instinct grégaire, aller contre la tyrannie de la majorité » (p.

296), afin de se déterminer soi-même.Sans doute serait-il faux de poursuivre plus loin le rapprochement, car les points de divergence sont nombreux.

AinsiMarcuse situe le dépassement possible des anciennes valeurs sur le plan de la société globale : l'humanité toutentière peut et doit être transformée.

Nietzsche, bien moins optimiste, prévoit au contraire que les valeurs «répressives » seront défendues et conservées par la majorité des hommes, tandis que seules quelques grandesindividualités solitaires (les «Surhommes ») seront capables de promouvoir un nouveau style d'existence.. »

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