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Les valeurs sont-elles l'?uvre de notre moi ?

Publié le 16/05/2020

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« Position de la question. Les valeurs sont-elles données à l'homme du dehors? Ou bien sont-elles, de sa part, une création libre? I.

La réception des valeurs. A.

— Il n'est pas douteux qu'en fait nous recevons le plus souvent nos valeurs de l'éducation, de la tradition, bref,sous une forme ou sous une autre, du milieu social.

Chaque société, à un moment donné de l'histoire, a ses idéauxde valeur, qui s'imposent à l'individu.

On sait assez que l'école sociologique de DURKHEIM a tenté d'expliquer ainsi lecaractère transcendant et obligatoire des valeurs morales.B.

— DURKHEIM lui-même (Sociologie et Philosophie, p.

56) a dû reconnaître cependant que « chaque individuexprime la morale commune à sa façon...

Chaque conscience, dit-il, sous l'influence du milieu, de l'éducation, del'hérédité, voit les règles morales sous un jour particulier ».

Toutefois, ce coefficient personnel dans la réception desvaleurs semble, aux yeux de DURKHEIM, être surtout négatif.

Il y a beaucoup plus, selon lui, dans la consciencecollective que dans la conscience individuelle : « Des multiples courants moraux qui travaillent notre époque, chacunde nous n'en aperçoit guère qu'un, celui qui traverse notre milieu individuel, et encore n'en avons-nous qu'unesensation fragmentaire et superficielle » (Ouv.

cité, p.

98).C.

— Une telle conception est insuffisante : elle réduit la conscience individuelle à un reflet appauvri de laconscience sociale.

Or, le rôle de l'individu est tout autre.

A mesure qu'il se libère du conformisme primitif, «l'individu, avoue DURKHEIM (Division du travail, p.

400), devient davantage un facteur indépendant de sa propreconduite ».

Même quand il reçoit ses valeurs du dehors, il doit donc les intégrer à sa vie spirituelle en se lesappropriant, ce qui suppose : — 1° qu'il les repense de façon quelque peu personnelle, qu'il se les justifie à lui-mêmepar la réflexion; — 2° qu'il les vit effectivement, qu'il en fait l'objet d'une expérience intime dans ses actes commedans sa pensée.

C'est à cette condition seulement que les valeurs, qui sont essentiellement choses d'esprit, serontdes valeurs authentiques, et non de simples faits s'imposant à lui de l'extérieur.

Il peut même arriver — et ceci,DURKHEIM encore l'a admis — que la conscience individuelle soit amenée à rejeter les valeurs courantes outraditionnelles, à se « rebeller » contre elles; et bien souvent, le progrès moral (DURKHEIM lui-même a rappelé le casde Socrate) est dû à cette insurrection de la conscience. II.

La création des valeurs. Il y a donc une sorte de re-création des valeurs par la conscience individuelle.

Faut-il en conclure qu'ainsi quecertains l'ont soutenu de nos jours les valeurs sont l'objet d'une création totalement « libre », qu'elles sontentièrement « l'oeuvre de notre moi »? — Il y a là une grave équivoque.A.

— Sans doute, on peut dire que les valeurs sont « l'oeuvre de notre moi », mais seulement dans le sens où,comme il a été expliqué ci-dessus, elles deviennent vraiment valeurs pour nous en tant que nous nous les assimilonspar la pensée et par l'expérience vécue.

Mais il serait erroné d'en déduire qu'elles sont purement subjectives.

Il fautmaintenir l'idée d'une certaine objectivité des -valeurs, ne serait-ce que parce que toute valeur digne de ce nom estvaleur de communauté et qu'il est de son essence même de tendre à l'universalité.

« La valeur, écrit R.

LE SENNE,;ne provient pas de nous...

Sa vertu lui vient d'elle-même ».

La valeur nous dépasse; elle implique une transcendance; et, même lorsque nous la faisons nôtre, même lorsqu'elle répond ànos aspirations les plus profondes, nous sentons bien qu'en nous donnant à elle,nous nous élevons au-dessus de nous-même.B.

— Même équivoque lorsqu'on affirme que les valeurs sont, de notre part, le fruitd'une création libre.

Certes, en un sens, nous devons les assumer librement, c'est-à-dire sans contrainte, par une adhésion spontanée.

Mais c'est un contresens defaire ici spontanéité synonyme d'arbitraire, d' « incertitude essentielle » ou de «pouvoir discrétionnaire ».

La gratuité absolue du choix n'aboutit à rien de moins qu'àruiner la notion de valeur elle-même.

La justification des valeurs fait partie de l'acte par lequel nous les assumons comme nôtres.

Y renoncer, c'est s'en remettre au hasard ou au caprice. Conclusion: Toute valeur implique transcendance et immanence.

Elle ne saurait être émanation de note moi ni objet d'une création arbitraire. TRANSCENDANCE : Désigne tout ce qui dépasse, surpasse leplan de la nature et de l'humain.. »

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