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Fiche de lecture du "Malade Imaginaire" de Molière

Publié le 02/12/2021

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Introduction

Le Malade Imaginaire est une comédie ballet. Son auteur est Molière.
La comédie ballet est une pièce de théâtre qui comprend un prologue, trois actes ainsi que trois intermèdes (ballets placés entre chaque acte).
La musique de ces ballets a été composée par Marc Antoine Charpentier
Cette pièce de théâtre est représentée pour la première fois le 10 février 1673.
Molière y jouait le jouait le rôle d'Argan, le malade imaginaire.
C'est la dernière comédie de Molière. En effet, celui-ci va décéder à l'issue de sa quatrième représentation après avoir fait un malaise sur scène quelques heures auparavant.
Biographie de Molière (1622-1673)

Jean-Baptiste Poquelin dit Molière, est né à Paris le 14 ou 15 janvier 1622 dans la bourgeoisie aisée.
Sa mère mourut quand il était encore enfant. Jusqu’à 17 ans, il a fait ses études chez les jésuites puis il fait des études de droit.
En 1642, il obtient sa licence en droit.
Son père était fournisseur de la cour et il voulait que son fils le devienne aussi, mais celui-ci a fondé avec quelques amis une troupe de comédiens et un théâtre appelé « l‘Illustre Théâtre «.
Pendant les années 1643-1644, il parcourut quelques provinces de France et ce n’est qu’en 1652 qu’il établit son quartier général à Lyon. En 1645, à 2 reprises, il est emprisonné pour cause de dettes.
En 1658, il installa une troupe à Paris. En 1662, il épousa Armande Béjart. De 1659 à
1673, il a créé : les Précieuses Ridicules, l’École des Femmes, Don Juan, le Misanthrope, Amphitryon, l’Avare, Tartuffe, le Bourgeois Gentilhomme, le Malade Imaginaire (1673).
En tout, il a écrit 28 œuvres classées dans les farces, les comédies ballet, comédies de caractère, comédies de moeurs et comédies d’intrigues.
Depuis 1665, il souffre de la tuberculose. C’est entre autres pour ça qu’il se moque de la médecine. Le vendredi 17 février, il eut un malaise et fut apporté chez lui, où il mourut quelques heures plus tard en crachant du sang.
Molière n’a vécu que pour le théâtre. Innovant dans tous les domaines, il nous a légué la simplicité et le naturel dans ses pièces. On retrouve cette même recherche de la vérité dans l’observation qu’il fait des caractères humains, de leurs contradictions et de leurs ridicules. En toute liberté, il arrache sur le visage du bourgeois, du dévot, du médecin et du pédant le masque sous lequel celui-ci dissimule son imposture. Grâce à lui, la grandeur comique atteint la dimension tragique. Ses personnages vivent désormais hors du temps et sont devenus des archétypes (choses anciennes devenus des modèles, des étalons). Il fut l’ami de Racine et de Jean de la Fontaine. Il collabora aussi avec Lully, mais en 1672, celui-ci obtint le monopole pour jouer des comédies ballets, et de l’opéra, le nouveau style à cette époque. Molière fut donc privé de la faveur royale et se disputa avec son ancien ami, Lully.
Le résumé
Prologue
Des bergers et des bergères dansent et chantent un éloge pour le roi, Louis XVI, et parlent du malade imaginaire.
Acte I
Argan est assis dans sa chambre et parle tout seul en jouant deux personnages : lui-même et son apothicaire. Il fait le compte du nombre de lavements et de médicaments qu’il a pris et de ce que cela lui a coûté.
Dans la deuxième scène, il se dispute avec Toinette, sa servante. Mais elle ne veut rien entendre et elle lui dit qu’il n’est pas malade et que les médecins se servent de lui pour gagner de l’argent.
Sa fille arrive et il se lève pour aller voir son médecin. Angélique parle alors de son amant et arrête d’en parler dès que le père entre dans la chambre. Celui-ci est venu annoncer le mariage de sa fille et ils parlent de ce futur mari en bien. Il y a un quiproquo car Angélique croit que c’est son amant, Cléante, et Argan, quant à lui, parle d’un médecin, Thomas Diafoirus.
Toinette s’oppose à la décision de son maître et ils se disputent à nouveau.
Angélique est triste de savoir qu’elle ne pourra pas épouser son amant, mais un médecin qu’elle ne connaît pas et que son père a choisi rien que pour lui soigner ses maladies.
La femme d’Argan, Béline, entre dans la pièce et il se plaint de sa servante et de ses maladies.
Elle le console et il lui dit qu’il veut faire son testament, mais Béline a déjà convoqué le notaire. Béline, grâce à ses cajoleries et avec la complicité du notaire, hérite d’une grande partie de la fortune d’Argan au détriment de ses deux belles-filles.
Elle est, en effet, plus intéressée par la fortune de son mari que par ce dernier.
Toinette qui a surpris la machination, assure Angélique de son soutien.
Premier intermède
Polichinelle chante en dessous de la fenêtre de Cléante car il l’aime mais il est interrompu par le garde et est ridiculisé.
Acte II
Dès le lendemain matin, averti par Toinette, Cléante se fait passer pour le maître de chant d’Angélique afin de s’introduire dans la demeure d’Argan.
A la vue de Cléante avec son père, Angélique dissimule mal sa surprise. Mais Toinette annonce l’arrivée des Diafoirus père et fils.
Thomas, le fils, récite ses compliments à la famille. A la demande d’Argan, Cléante donne sa leçon de chant à Angélique : les deux amoureux exploitent cette opportunité pour s’avouer leur amour réciproque à travers les paroles d’un opéra. Mais Argan, irrité par le sujet de l’opéra, renvoie le jeune homme.
Ensuite, Béline survient. Thomas commence son discours pour sa future belle-mère, mais mélange tout et a un trou de mémoire. Angélique profite de cette occasion pour dire qu’elle épousera qui elle voudra, et surtout pas quelqu’un qu’elle ne connaît pas.
Ses parents se fâchent, et Argan l’ayant menacée du couvent, Angélique sort.
Argan se fait ensuite soigner par les Diafoirus, et Thomas le soigne pour l’épater. Mais ses remèdes sont complètement différents de ceux de M. Purgon. Puis ils prennent congé et Béline revient sur ses pas pour informer Argan de la présence d’un galant dans la chambre d’Angélique. Pressé d’en savoir plus, Argan interroge Louison, sa cadette, qui a tout vu mais qui feint de tout ignorer. Sous la menace, elle finit par tout raconter.
Enfin, Béralde arrive, et préoccupé par la santé de son frère, il lui propose un divertissement, c‘est à dire le second intermède.
Second intermède
Des femmes Mores chantent et dansent sur le thème de l’amour éphémère.
Acte III
Béralde demande à son frère, Argan, si les danseuses (Egyptiens et Egyptiennes vêtus
en Mores) qu’il a amenées lui plaisent (ces danseurs font office d’intermède entre l’acte II et l’acte III). Mais en guise de toute réponse, Argan s’en va à sa chaise faire ses besoins, laissant Béralde et Toinette seuls. En profitant de l’absence de son maître, Toinette demande à Béralde de défendre Angélique face à Argan contre le mariage arrangé par ce dernier. Elle lui dit aussi qu’elle va jouer un tour à sa façon mais elle ne lui dit pas encore quoi.
Béralde accepte et engage une converstion avec Argan. Il demande à son frère de ne
pas s’énerver au cours de leur conversation, pendant laquelle il défend Angélique et critique la médecine dont Argan est un fervent « partisan «. Il essaie de raisonner son frère afin qu’il se rende compte de l’absurdité de la médecine. Mais Argan reste campé sur ses idées et Béralde est fatigué de sa bêtise. Ensuite, Béralde renvoie Mr Fleurant, l’apothicaire, qui vient administrer un lavement à Argan sur l’ordonnance de Mr Purgon.
Mr Purgon, informé du refus d’Argan (enfin, si l’on puit le dire !), vient blâmer Argan.
Celui-ci essaye en vain de s’excuser auprès de Mr Purgon. Mais le médecin ne veut rien entendre et le menace de toutes sortes de maladies plus graves les unes que les autres. De plus, histoire de rajouter un peu de piment à la scène, Toinette prend un malin plaisir à remuer le couteau dans la plaie en surrenchérant les propos de Mr Purgon, faisant ainsi tomber le moral d’Argan au plus bas. Béralde essaye de rassurer son frère après son blâme, lui disant qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter, que tous ses maux sont psychologiques,… Mais rien n’y fait ; Argan reste catastrophé.
Après cela, Toinette annonce à Argan l’arrivée d’un médecin qui désirerait le rencontrer. Elle le décrit à Argan en lui disant qu’il lui ressemble comme deux gouttes d’eau.
Toinette, déguisée en médecin de passage, se présente à Argan puis elle se retire prétextant un oubli de commission à son valet. Argan, quant à lui, est stupéfait de la ressemblance avec la vraie Toinette. Ressemblance que son frère approuve car il a compris le jeu de Toinette et ne veut pas éveiller les soupçons d’Argan. Après, comme le soi disant docteur devait partir,Toinette revient dans ses habits normaux afin de mieux masquer le subterfuge. Argan aimerait la faire rester pour comparer la ressemblance entre elle et le médecin, mais elle se retire, prétendant qu’elle doit absolument partir. Ensuite, Toinette réapparaît en médecin et ausculte Argan. Elle établit un diagnostic bien différent des autres médecins qu’Argan a pu consulter jusque là. Pour mieux le persuader de son grand art, elle lui vante une sorte d’élixir de jouvence. Elle demande ce que Mr Purgon lui prescrivait avant puis, elle lui conseille de se faire couper un bras et de se faire ôter un oeil sous prétexte que ces organes prennent trop d’importance par rapport à leur double.
Enfin, Toinette dévoile son subterfuge à Argan. C’est alors que Béralde revient à la charge au sujet d’Angélique. La discussion dérive jusqu’à Béline. Toinette propose alors à Argan, qui est si sûr des bons sentiments que sa dame lui porte, de faire le mort pour voir qui a raison. Argan accepte et joue la comédie pendant que Béralde part se cacher. Toinette crie qu’Argan vient de rendre l’âme, Béline accourt aussitôt. Toinette fait semblant d’être triste tandis que Béline se réjouit de la mort de son mari. C’est à ce moment qu’Argan se relève et châtie sa femme. Béralde sort alors de sa cachette. Toinette propose à Argan de recommencer le stratagème mais cette fois-ci, ce sera Angélique qui sera jugée sur les sentiments qu’elle porte à son père. Argan accepte et rejoue le mort. Angélique arrive et lorsqu’elle apprend la nouvelle, s’effondre en larmes près de son père. Pour finir, Cléante entre en scène et s’informe du malheur de sa bien-aimée. Il est aussitôt désolé de la mort d’Argan. Celui-ci, rassuré de l’affection que lui porte Angélique et Cléante, cesse de jouer la comédie et rassure Angélique, un peu surprise. C’est alors que Cléante demande Angélique en mariage ; Argan accepte mais pose une condition : Cléante doit devenir médecin et la main de sa fille lui sera accordée. Béralde intervient en proposant à Argan de devenir lui- même médecin ainsi il pourra se soigner tout seul.
Troisième intermède
Le 3ème intermède est la parodie du serment du futur candidat en médecine, Argan.
Les personnages
Argan : héros de la pièce, il est joué par Molière lui-même. Il est hypocondriaque et très égoïste (Il veut marier sa fille à un médecin, pour qu’il puisse se faire soigner tout le temps), se souciant peu des sentiments de sa fille dont le coeur soupire déjà pour Cléante. Il est insupportable pour les gens de son entourage à part pour les médecins et sa chère femme, Béline. Il envisage même de déshériter ses propres enfants au profit de sa seconde femme, Béline. Heureusement, tous ses plans seront désamorcés par l’habile Toinette et son frère, Béralde.
Béline : seconde femme d’Argan, elle vise la fortune de ce dernier. Pour mettre toutes les chances de son côté, elle est très attentionnée envers Argan et lui marque son affection. Elle sera démasquée par Toinette, en qui elle avait une totale confiance. (note : de tous les personnages principaux, c’est elle qui apparaît le moins(5 scènes), il s’agit là d’une des stratégies de Molière qui nous montre que même si Béline est absente, elle est tout aussi efficace que si elle était là. En effet, elle s’emploie bien à ce qu’Argan garde son identité de malade pour qu’il lui cède plus facilement sa fortune).
Angélique : fille aînée d’Argan, elle est amoureuse de Cléante. Lorsque son père lui propose un mari pour médecin, elle accepte mais elle n’en pense pas moins. D’ailleurs, lorsque Cléante vient prétextant le remplacement du maître de chant d’angélique, elle n’a pas hésité à chanter une chanson d’amour contant une histoire relativement semblable à la leur (Acte II scène 5).
Béralde : frère d’Argan, il essaie de raisonner Argan sur sa prétendue maladie mais Argan reste sourd à ses belles paroles et ne change pas d’avis. Il est très raisonneur et possède une certaine clairvoyance sur le monde de la médecine. Mais puisqu’il ne peut raisonner son frère par une discussion, il va essayer de le faire par la comédie en laissant Toinette faire son jeu de faux médecin.
Toinette : servante d’Argan, elle est très maligne et a découvert le manège de Béline envers son mari, qu’elle démasquera par la suite devant les yeux d’Argan. Elle va même s’arranger pour prouver à Argan les bons sentiments que lui portent sa fille et son amant. Elle va également se déguiser pour prouver à Argan la stupidité de sa maladie. Toutes ces choses vont permettre à Argan et à sa famille de prendre un autre tournant.
Le clan des médecins : ce « clan « comporte Mr Fleurant, Mr Purgon et les Diafoirus. Mr Fleurant est un apothicaire venant administrer les traitements que Mr Purgon prescrit à Argan.
Mr Purgon est le médecin d’Argan et bien qu’il n’apparaisse qu’une fois dans la pièce, il semble être plus important que les autres médecins. En effet, il est question d’héritage avec lui dans le mariage entre Angélique et Thomas Diafoirus. De plus, Argan en parle sans cesse, le défendant et le décrivant comme le meilleur des médecins. Les Diafoirus, quant à eux ne sont pas très importants, enfin peut-être plus Thomas car il est question de mariage à son sujet.
Thomas vient de sortir de l’université et on ne peut pas dire qu’il soit épris d’Angélique. Il accepte plutôt le mariage pour des raisons financières.
Cléante : amant d’Angélique, il l’aime et veut essayer de prouver son amour. Il va faire une déclaration assez originale en se faisant passer pour le remplaçant du maître de chant d’Angélique, chantant ainsi une chanson d’amour prouvant son amour pour elle. Cependant, cela ne plaît pas à Argan qui le renvoie. À la fin, il sera amené à exprimer les sentiments qu’il porte à Argan. Celui-ci accepte qu’il se marie avec sa fille, si Cléante se fait médecin. Cette condition sera par la suite annulée par la proposition de Béralde qui consiste à ce que Argan se fasse médecin lui-même.
Mr Bonnefoy : homme de loi ou plutôt notaire, il vient prendre déposition du testament d’Argan en faveur de sa femme.
Les thèmes
C’est une pièce grave, en premier lieu parce que la mort y est présente partout. Outre
la mort, l’hypocrisie des notaires, l’imposture médicale, sont violemment dénoncés. Même si le cœur du sujet est parfaitement original, les thèmes secondaires sont traditionnels. Par exemple, la fausse mort pour connaître la vérité des sentiments, le quiproquo sur l’identité du futur époux de la jeune fille, le déguisement de l’amant en maître de musique,… Abordons maintenant ces thèmes plus en profondeur.
1) L’argent
Argan est riche, et il dépense sa fortune dans la maladie. Toinette lui dit crûment qu’il est « une bonne vache de lait «. Le mariage également est indissolublement lié à l’argent : épouser Angélique est une bonne affaire pour Thomas Diafoirus, mais Argan y trouvera aussi son compte. Béline est sans conteste le personnage le plus marqué par l’obsession de l’argent.
Elle presse Argan pour qu’il fasse son testament en sa faveur, et sa cupidité éclate lors de la fausse mort d’Argan : elle est prête à le dépouiller sur-le-champ.
2) Le corps
Au XVII ème siècle, le corps est considéré comme sale, mauvais. M. Purgon brutalise le corps car pour lui, c’est de la pourriture qu’il faut constamment nettoyer (clystère, lavements, purgations, …) Molière ridiculise ces idées, car il a toujours défendu le corps comme étant bon, sain et naturel
D’un autre point de vue, les amoureux de la pièce (Cléante et Angélique) réhabilitent le
corps comme objet de désir et de jouissance. Cléante est « bien fait « et a « l’air le meilleur du monde « (I, 4).
3) Le langage
Les médecins du Malade Imaginaire possèdent une science purement verbale. Béralde les dénonce ainsi : « Ils savent parler en beau latin, savent nommer en grec toutes les maladies, les définir et les diviser, mais pour ce qui est de les guérir, c’est ce qu’ils ne savent point du tout « (III, 3). Il suffit d’une interruption à Thomas Diafoirus pour perdre le contrôle de son discours. Et dans le dernier intermède, on entend que du latin de cuisine raillé ! Molière insiste surtout sur l’abondance des mots dans la langue médicale, et la rhétorique laborieuse et mal dominée.
4) La mort
Les médecins considèrent la mort comme un accident négligeable, mais excellent en tant que moyen de pression sur leurs malades. Argan avoue : « Monsieur Purgon dit que je succomberais s’il était seulement trois jours sans prendre soin de moi « (III, 3). En revanche, c’est une obsession pour Argan et sa peur constante.
Dans le dernier intermède, le contraste entre la réalité et la comédie est saisissant : il est prédit au docteur qu’il vivra mille ans…, mais Molière mourra sur scène au cours de la cérémonie finale.
5) Les objets
Tous les objets que possède et manie Argan sont les signes de son univers rétréci et obsessionnel. Par exemple : les factures, les jetons, son bâton censé soulager son corps affaibli, son costume négligé et douillet comme il convient à un malade,… Ces objets quotidiens montrent le caractère psychologique d’Argan : maladie et amour infini de soi, cupidité, fausse tendresse,…
6) La paternité et les relations familiales
Argan et M. Diafoirus renvoient, chacun à leur façon, une image désastreuse de la paternité. M. Diafoirus est un père tyrannique et aveugle. Quant à Argan, il est inconstant, imprévisible, despotique et égocentrique. Il veut marier Angélique pour lui-même,… Les relations familiales sont, elles empoisonnées par la maladie d’Argan autour de laquelle tourne toute la vie de famille. La seule solution pour ses membres est la dissimulation et le mensonge.
7) La médecine et la religion
Dans le Malade Imaginaire, Molière fait une satire anti-médicale évidente. Mais cela dissimule aussi des idées antireligieuses. Béralde, lors de sa discussion avec Argan, dresse un discours libertin contre la religion. Il dénonce ainsi le despotisme pratiqué par les médecins et les prêtres, la dépendance du malade / dévot pour le médecin / prêtre, la confiance absurde dans l’efficacité des remèdes / de la grâce,…
Comme on peut le remarquer, Molière est radicalement contre la médecine de l’époque, qui était plus un art de divination qu’autre chose. Toutes les connaissances étaient très confuses, mais, au total, il existait trois remèdes capitaux : la saignée, la purge et le clystère (ou lavement). A XVIIème siècle, le principe de départ étant que la maladie venait d’un dérèglement des humeurs, pour guérir, il fallait restaurer l’équilibre en retirant ou ajoutant des liquides à tel ou tel humeur.
Le genre
La pièce du Malade Imaginaire est une comédie ballet en trois actes et rédigée en prose (les personnages font aussi des vers libres!). Comme dans la plupart de ses pièces,
Molière est fidèle au schéma des comédies comme dans celle-ci.
Elle fut rédigée par Molière en 1673 lorsqu’il était malade. On pense qu’il l’a écrite à cause de sa maladie (Quand Toinette, déguisée en médecin cite, comme organe malade à plusieurs reprises, le poumon ; organe dont il était atteint.). Mais quoi qu’il en soit, il avait une grande source d’information de la médecine car il a vu beaucoup de médecins en rapport à sa maladie. Ses informations sont non seulement riches mais fondées (ex : Acte III scène 5).
La satire ou plutôt l’objet de cette farce est la médecine.
L’atmosphère y est sombre, en effet presque tous les personnages énoncent la mort si ce n’est Louison et quelques autres (ex : Argan quand il rédige son testament, Acte I scène 7 ou Acte III scènes 13 et 14 où Toinette, Angélique et Cléante prononcent tous la prétendue mort d’Argan, ou encore quand Mr Purgon menace Argan de toutes sortes de maladies puis de mourir, Acte III scène 5,…).
Mais si c’est une pièce noire, c’est aussi une pièce folle. Certes le thème de la mort est énoncé à plusieurs reprises mais il est souvent « désamorcé « (ex : Mr Purgon le menace de mort mais après, Toinette, déguisée en médecin, vient contrer le diagnostic de Mr Purgon en disant tout l’inverse, ou quand Angélique et Cléante pleurent la mort d’Argan et que ce dernier se réveille,…). De plus les personnages entrent à un rythme soutenu (surtout à l’acte III où plusieurs personnages entrent successivement pour constater la mort d’Argan.) et parfois même pour une seule apparition dans le roman (ex : Les Diafoirus, Mr Bonnefoy, Mr Purgon, Mr Fleurant,…). N’oublions pas non plus que tous les personnages jouent la comédie (Béline fait semblant de porter de l’attention à son mari, Argan joue le mort, Toinette fait semblant d’être un grand médecin,..).
Dans les comédies de Molière, c’est surtout la bourgeoisie qui est mise en scène ; ici
on nous montre l’histoire d’une famille aisée dont le maître de maison est hypocondriaque.
Molière fait ici une parodie de la réalité de la médecine.
Il s’inspire de la comédie d’intrigue italienne mais « Le Malade imaginaire « est avant tout une farce (déguisements ; avec Toinette, Acte III scène 8, grossièretés ; « dispute « entre Argan et Toinette ;, Acte I scène 2).
Cette pièce-ci n’est pas un exemple type du classicisme, malgré certains caractères communs, dont notamment le fait que la pièce se joue dans un seul lieu (la chambre d’Argan).
Ceci est un trait du classicisme.
De plus, il y a quelques grandes règles :
- C’est un genre littéraire du siècle de Louis XIV, c’est à dire le XVIIème siècle ;
- l’idéal humain est l’honnête homme. Il faut faire preuve de retenue, être ouvert,
curieux, savant sans être pédant, agréable, poli, raffiné. En un mot, il faut plaire tant par son physique que par son discours ;
- le but premier est de plaire et d’instruire, On doit provoquer la réflexion par le biais d’une réaction émotionnelle (pleure, rire, …) ;
- il y a trois unités : l’action, le temps et le lieu. Pour respecter ces trois règles-là, il faut que l’intrigue forme un tout organique, que l’action se déroule sur 24 heures, et que tout cela se passe dans un seul lieu ;
- Enfin, il faut qu’il y ait une cohérence des caractères, une bienséance (les bonnes manières), le souci de la perfection et le respect de la vraisemblance ;
Le classicisme est comme une ligne droite, la noblesse et l’équilibre, tandis que le baroque peut être comparé à une courbe, un mouvement et un foisonnement (grossissement, abondance (les éléments s’enchaînent de plus en plus vite, et ils sont de plus en plus complexes)).
Les lieux
Acte I: Il se joue dans la chambre d’Argan et celui-ci est assis quand les gens lui parlent.
Dans la 4ème scène, il se lève pour aller voir son médecin en-dehors de sa chambre.
1er intermède: On se retrouve dans une ville et Polichinelle est en train de chanter pour
Toinette en dessous de la fenêtre.
Acte II: Cet acte se joue à nouveau dans la chambre d’Argan.
2ème intermède: On est aussi dans la chambre d’Argan.
Acte III: À nouveau Argan est assis sur sa chaise dans sa chambre.
3ème intermède: Un ballet a lieu avec des docteurs, des apothicaires et des chirurgiens qui dansent et chantent.
Il aime bien être enfermé, il reste toujours dans sa chambre en croyant qu’il ne pourrait pas bouger, cela pourrait symboliser la mort et la maladie dont il est atteint. Le fait de jouer toutes les scènes dans le même lieu est une preuve que cette pièce appartient au courant classique.
Le public
Molière, dans ses pièces, visait surtout la cour du roi Louis XIV. En effet, il était le « protégé « du roi, et dans ses oeuvres, il ne cesse de faire des éloges sur celui-ci (Dans,
Tartuffe avec le prince, qui est en réalité Louis XIV). Mais le Malade Imaginaire ne fut vu par le roi qu’un an après la mort de son auteur, car Lully avait alors le monopole des divertissements royaux. Outre la cour, Molière écrivait aussi pour des gens civilisés voulant se divertir.
 

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