Databac

Commentaire composé : Guillaume Apollinaire : Poèmes à Lou : « Si je mourais là-bas...»

Publié le 17/05/2020

Extrait du document

Ci-dessous un extrait traitant le sujet : Commentaire composé : Guillaume Apollinaire : Poèmes à Lou : « Si je mourais là-bas...» Ce document contient 2389 mots soit 5 pages. Pour le télécharger en entier, envoyez-nous un de vos documents grâce à notre système gratuit d’échange de ressources numériques. Cette aide totalement rédigée en format pdf sera utile aux lycéens ou étudiants ayant un devoir à réaliser ou une leçon à approfondir en Littérature.

« Commentaire composé : Guillaume Apollinaire : Poèmes à Lou : « Si je mourais là-bas...»Texte étudié : Si je mourais là-bas sur le front de l'arméeTu pleurerais un jour ô Lou ma bien-aiméeEt puis mon souvenir s'éteindrait comme meurtUn obus éclatant sur le front de l'arméeUn bel obus semblable aux mimosas en fleur Et puis ce souvenir éclaté dans l'espaceCouvrirait de mon sang le monde tout entierLa mer les monts les vals et l'étoile qui passeLes soleils merveilleux mûrissant dans l'espaceComme font les fruits d'or autour de Baratier1 Souvenir oublié vivant dans toutes chosesJe rougirais le bout de tes jolis seins rosesJe rougirais ta bouche et tes cheveux sanglantsTu ne vieillirais point toutes ces belles chosesRajeuniraient toujours pour leurs destins galants Le fatal giclement de mon sang sur le mondeDonnerait au soleil plus de vive clartéAux fleurs plus de couleur plus de vitesse à l'ondeUn amour inouï descendrait sur le mondeL'amant serait plus fort dans ton corps écarté Lou si je meurs là-bas souvenir qu'on oublie- Souviens-t'en quelquefois aux instants de folieDe jeunesse et d'amour et d'éclatante ardeur -Mon sang c'est la fontaine ardente du bonheurEt sois la plus heureuse étant la plus jolie Ô mon unique amour et ma grande folie 1.

Baratier : général français mort au combat en 1917. Commentaire : Recueil poétique de Guillaume Apollinaire, pseudonyme de Wilhelm Apollinaris de Kostrowitzky (1880-1918), Poèmes à Lou fut publié partiellement sous le titreOmbre de mon amour à Genève chez Pierre Cailler en 1947.

Si quelques poèmes avaient paru dans l'Apollinaire d'André Rouveyre en 1945, une édition intégrale enfac-similé intitulée Poèmes à Lou vit le jour à Genève chez Cailler en 1955.Les Poèmes à Lou, pourvus ou non d'un titre, ont été écrits entre le 8 octobre 1914 et la fin de septembre 1915.

Leur facture est variée, depuis l'emploi rigoureux desmètres traditionnels jusqu'à la libre fantaisie du calligramme.

Certains de ces poèmes, tous adressés à la femme aimée, constituent parfois des lettres entières mais laplupart sont des fragments versifiés de lettres par ailleurs rédigées en prose.

Même isolés de leur contexte, les Poèmes à Lou ont assez de force pour être lus demanière autonome.Le poème « Si je mourais là-bas… » est composé de cinq quintils suivis d'un vers solitaire, tous en alexandrins.

Il évoque l'éventualité de la mort du poète, et ce qu'ilrésulterait de son amour pour Lou, figure, dans ce recueil, de la femme aimée.Il s'agira de voir en quoi, malgré la sourde angoisse du poète de sa mort hypothétique, la poésie sert de refuge et d'espace d'espérance, dans lequel il parvient àretrouver Lou, son aimée.

Nous verrons dans une première partie le souvenir ; puis, dans une seconde partie, l'omniprésence de la guerre ; enfin, dans une troisièmepartie, l'espoir jamais trahi du poète. I Le souvenirA/La structure commémorative : le chant mémoriell'isotopie du souvenir : de nombreux termes dans le poème reprennent la trame du souvenir.

Le terme souvenir lui-même apparaît à quatre reprises, au long du poème,et ce terme lui-même entraîne ses polyptotes (comme « souviens-t'en »).

Hormis dans la strophe centrale, on trouve le terme « souvenir » dans chacune des strophes ;c'est dire que le poème dans son ensemble est dédié à la thématique du souvenir.les temps verbaux : cette structure commémorative entraîne un système verbal particulier.

De fait, contrairement à ce que l'on pourrait attendre, aucun passén'apparaît dans ce poème.

La plupart des verbes sont au conditionnel présent, et les autres verbes sont tous au présent de l'indicatif.

La dernière strophe notammentvoit s'achever la fin de la structure principale au conditionnel pour consacrer le présent comme temps final.

Le souvenir n'est donc pas pour le poète un procédé deressassement du passé, mais constitue comme un objet qu'il manipule dans son présent.

On peut supposer que pris dans la « drôle de guerre », il ait autre chose àpenser que son passé.

Le souvenir est de fait le souvenir de lui s'il devait advenir à mourir : nous sommes donc indirectement plus dans une temporalité future. B/ Le ressassement du Nom : Loules occurrences du nom de « Lou » : on relèvera les occurrences du nom de la femme aimée par Apollinaire, Lou.

Le nom apparaît à deux reprises, à chaque fois enposition nodale : la première fois il apparaît dans la première strophe, au second vers, dans une périphrase « ô Lou ma bien-aimée », où le vocatif « où » consacre toutl'amour que le poète à pour sa Dame ; la seconde fois, il apparaît en tête de la dernière strophe, donc également en position cruciale.

Il ouvre la fin du poème, enrappelant le nom de la destinataire du texte et en accentuant le caractère tragique de cette écriture avec le groupe verbal qui suit immédiatement le nom Lou « si jemeurs ».la dissémination des lettres du nom de la femme aimée dans le corps du texte : tous les poèmes à Lou sont en quelque sorte des hommages au nom de la femmeautant, si ce n'est plus, qu'à la femme en elle-même.

Les liquides en [l] et les sonorités en [ou] sont donc très fréquentes.

Au-delà de l'apparition de son nom, tout lepoème lui est en outre destiné, comme l'atteste le dernier vers qui voit apparaître une structure claire en discours direct : « Ô mon unique amour et ma grande folie ».Ce retour du vocatif « Ô » trahit l'empreinte éminemment nostalgique de ce texte. C/ L'empreinte nostalgiqueles mots au retour : la nostalgie se traduit tout d'abord par un certain épuisement de l'écriture.

On constatera le retour des mêmes termes (comme « souvenir », « oubli», « obus », « fleurs », « sang »…).

En un certain sens, l'on peut dire que le poète tourne en rond dans son poème.

Le terme « amour », qui constitue lui-même lepropos central du texte apparaît à deux reprises, toutes deux situées dans la dernière strophe et dans le dernier vers solitaire.le lexique de la richesse et de l'opulence : si la richesse du lexique, au niveau quantitatif, est plutôt faible, celui-ci comporte une grande part de termes appartenant àun univers à la fois heureux et riche : les « mimosas en fleurs », « les soleils merveilleux mûrissant dans l'espace », les « fruits d'or »… Le poème dessine l'esquissed'un paysage plein et d'un paysage du bonheur : « la mer les monts les vals et l'étoile qui passe ».

Tout l'univers est saisi en un seul alexandrin.

Néanmoins, cette. »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles