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Comment le libertinage est-il inscrit par Laclos dans les débats des Lumières ?

Publié le 15/05/2020

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« Comment le libertinage est-il inscrit par Laclos dans les débats des Lumières ? Le terme de libertin provient du droit romain, qui opposait l'affranchi à l'homme libre.

Dès la Renaissance, il désigne un libre-penseur.Au XVIIe siècle, La Bruyère stigmatise les « esprits forts ».

Quel sens cette notion a-t-elle pris au XVIIIe siècle ? Dans quelle mesureLaclos inscrit-il cette pratique dans les débats des Lumières ? I.

Les conditions du libertinage Le libertin, créateur de lui-mêmeAu XVIIe siècle, le libertin s'affranchit de la pensée de Dieu par le rationalisme scientifique ; au XVIIIe siècle, il se libère de la morale,en particulier sur le plan sexuel.

L'Encyclopédie propose cette définition du libertinage : « Habitude de céder à l'instinct qui nous pousseau plaisir des sens.

» Le libertinage du corps est contraire au libertinage de l'esprit, auquel se livrent les protagonistes de Laclos : «[...] pour un libertinage d'esprit qu'on aurait tort de vous disputer » (CXLI).

Le libertin se forme lui-même et revendique de n'être unecréature ni de Dieu, ni de la société.

Cette prise de pouvoir de la créature contre le créateur aboutit à un renversement des valeurs. Le libertin, éducateur et prosélyteIl se forme avec rigueur et détermination.

Le terme de « travail » est aussi bien utilisé pour soi — « Je me suis travaillée », avoue laMarquise — que pour autrui — Valmont évoque « le travail qu'[il] veu[t] faire sur elle » (CXXXIII).

C'est dans ce prosélytisme latentque réside le danger des liaisons.

Le couple de libertins se partage la formation de Cécile, Valmont l'initiant sur le plan physique, laMarquise lui donnant des leçons de maintien ou d'écriture.

L'éducation de Danceny procède à l'inverse, la Marquise se consacrant aucorps, Valmont au code.

C'est, au sens propre, une entreprise de perdition. II.

Les codes du libertinage Le triomphe de la volontéLe libertinage ne peut se comprendre que dans une société régie par des codes stricts, puisqu'il s'inscrit en réaction contre un mondequi prétend le soumettre.

Avec intelligence et duplicité, le libertin substitue un code à un autre.

Intéressé par les stratégies, il doitrespecter une conduite claire et ordonnée : choisir, séduire, conquérir et quitter, sans jamais tomber amoureux.

Loin d'être une simplefigure de la sensualité, le libertin est un rationaliste, qui sait user de « méthode » (CXXV).

L'ensemble des règles qu'il s'imposeconstitue un système.

Le libertin joue avec le désir, son propre désir et celui de autre .

est triomphe de la pensée sur instinct.

Letteconstruction mentale se concrétise en un projet, ce dont s'inquiète Mme de Volanges : « Il n'a jamais fait un pas ou dit une parole sansavoir un projet » (IX).

Le libertin érige un système, ce qui fait vaciller le corps social, privé des fondements qui le légitiment. Les perversions de la raisonComme Érasme avait offert une tribune à la Folie, Laclos se fait par la lettre le porte-parole des libertins.

Leurs discours, repris par larumeur publique, prennent une valeur d'exemplarité : ils enfreignent le code moral, mais leurs préceptes ont force de loi.

Ilsdeviennent l'illustration d'une rationalité déraisonnable, parce qu'ils transgressent les lois éthiques.

De plus, les libertins mettent enoeuvre une rationalité inféodée à l'irrationnel.

Leur esprit est au service des passions — vengeance, jalousie —, voire des pulsions.Montesquieu dénonce dans L'Esprit des lois (1748) le despotisme, qui repose sur la violence et la peur.

Laclos, Sade, par leur réflexionsur le pouvoir, annoncent les exactions de la Terreur, les déviations des dictatures. III.

Les relations entre les libertins Des relations d'identitéL'idée de concevoir un couple de libertins conduit Laclos à une structure dialectique.

Valmont et Mme de Merteuil commencentapparemment à égalité.

Chacun a ses conquêtes, chacun éprouve le besoin de se confier à l'autre.

Anciens amants, ils ont conclu unpacte.

Le besoin qu'ils éprouvent à présent ne réside plus tant dans l'échange physique que dans l'échange des mots.

Ils ne peuventévoluer sans se référer à cet alter ego, qui devient comme l'équivalent de leur conscience, au point que Valmont déclare : « En vérité,plus je vais et plus je suis tenté de croire qu'il n'y a que vous et moi dans le monde qui valons quelque chose » (C).

Le libertin éprouvesans relâche le besoin d'être considéré par ses pairs. Des relations de rivalitéPar son titre nobiliaire, la Marquise est supérieure au Vicomte, mais ce léger avantage ne serait rien si Laclos ne venait placer laséduction au coeur du couple.

Cette mise en abyme devient le véritable enjeu des Liaisons.

À l'origine de leur rencontre, le romanciermentionne le désir de la Marquise — « Je vous désirais avant de vous avoir vu » (LXXXI), mais c'est la réputation de Valmont quil'éblouit.

La parodie de la chevalerie lui confère le rôle de la dame : « Jurez-moi qu'en fidèle chevalier [...] » (II) ; « Telle dans nosanciens tournois » (X) ; « semblable à nos preux chevaliers » (XX).

Elle mène le jeu amoureux et, en se refusant à Valmont, assure sadomination.

Tout au long de l'intrigue, elle agite la récompense d'une nuit partagée : « Venez et je suis à vous » (XX).

Ce présent quisemble actualiser la scène est comme un leurre : même les preuves en main, la Marquise s'esquive.

C'est ainsi que de l'amour, lecouple glisse vers la guerre. Après cent cinquante ans de cartésianisme, après un siècle d'optimisme, persuadé que l'usage de la raison ne peut conduire qu'aubonheur universel, Laclos démontre que l'intelligence peut induire le malheur, opprimer au lieu d'affranchir.

Il y a donc renversementpar rapport aux écrits des Lumières, puisque le libertin procède à une contre-éducation, la formation qu'il dispense éloignant l'initié etde la nature et de la société, corrompant le naturel par l'artificiel.. »

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