Databac

Fronton

Fronton (Marcus Cornélius Fronto, v. 100 apr. J.-C.-v. 176). Né en Afrique du Nord, Fronton se rendit à Rome où il devint un membre influent du monde littéraire et fut considéré comme le premier orateur de son époque. Son influence politique fut négligeable bien qu'il fut élu consul en 143 (en même temps qu'Hérode Atti-cus, le sophiste grec). Une inscription le décrit comme le tuteur des futurs empereurs Marc Aurèle et Lucius Verus. On connaissait très peu de chose de son œuvre jusqu'à ce qu'une collection de lettres (partiellement en grec) fut découverte au début du xixe siècle à Rome et à Milan. Décevantes en tant que source historique, bien qu'elles soient écrites à des personnages en vue de cette époque dont on possède d'ailleurs les réponses, elles sont plus révélatrices sur des questions personnelles et littéraires. Une amitié cordiale entre Fronton et Marc Aurèle apparaît, bien que ce dernier ait fini par rejeter la rhétorique comme indigne d'une étude sérieuse. L'intérêt de Fronton pour la rhétorique se limite en grande partie à des questions de langue et de style ; il était attiré par les anciens mots latins que plus personne n'utilisait. Les modèles de vie et de langage qu'il admirait le plus étaient ceux des anciens romains jusqu'à Cicéron et Salluste ; il n'aimait pas Sénèque. Les rares exercices de rhétorique de lui qui survivent sont écrits en un latin vigoureux et direct. À partir de la mention incidente dans une lettre, d'une elocutio novella, on a supposé qu'il s'agissait d'un terme technique signifiant un «style nouveau » mis en avant par Fronton et ses amis, mais il se peut que cela ne signifie rien de plus que «nouveauté d'expression» que Fronton prisait énormément et qu'il reprochait à Marc Aurèle de ne pas utiliser.

Liens utiles