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Fabius Cunctator Quintus

Fabius Cunctator Quintus (Fabius Maximum Verrucosus Cunctator, v. 275-203 av. J.-C.). Célèbre général romain et consul durant la seconde guerre punique, dictateur en 221 et à nouveau en 217, après qu'Hannibal eut anéanti l'armée romaine avec le consul Flaminius à sa tête à la bataille du lac Trasimène. Pendant le deuxième semestre de sa seconde période de commandement, il livra une bataille défensive contre Hannibal (voir puniques, guerres 2) et c'est à la suite de cela qu'on le surnomma Cunctator, «le temporisateur»; il suivit opiniâtrement les mouvements d'Hannibal tout en évitant d'en venir directement aux prises avec lui. Il piégea une fois Hannibal et ses hommes dans une vallée, mais ceux-ci s'échappèrent derrière un troupeau de boeufs chassés avec des fagots en feu attachés à leurs cornes. Rome en vint à se défier de la politique d'usure de Fabius, d'autant plus que cette dernière permettait à Hannibal de ravager la Campanie en toute liberté, et on obligea Fabius à partager son commandement avec son magister equitum (chef de la cavalerie) Minucius Rufus. La tradition prétend qu'il fallut par la suite l'arrivée opportune de Fabius pour le sauver de la défaite. Après que Rome eut pris le risque de livrer la bataille rangée de Cannes en 216 et subi une défaite désastreuse, il fallut en revenir à la stratégie temporisatrice de Fabius. Le nom qui lui avait été donné par dérision prit un sens honorable, et fut incorporé dans un vers célèbre du poète Ennius: unus homo nobis cunctando restituit rem (un homme, en temporisant, remit les choses en l'état à notre avantage). Fabius fut élu consul (et chef du Sénat) pour la cinquième fois en 209 lorsqu'il récupéra Tarente sur les Carthaginois. Il s'opposa avec acharnement aux plans de Scipion (l'Africain) qui avait chassé les Carthaginois d'Espagne en 205, pour porter la guerre chez l'ennemi même en envahissant l'Afrique; il mourut en 203, à peu près au moment où Hannibal quittait l'Italie, avant que la guerre ne trouvât une conclusion favorable à Rome. C'est à bon droit que l'on appela Fabius le Bouclier de Rome, et les générations suivantes l'admirèrent pour son courage (peut-être peu imaginatif) et ses vertus patriciennes démodées. On raconte une anecdote qui donne un exemple de la façon dont les Romains approuvaient une stricte observance des convenances. En 213, il servit comme légat de son fils Q. Fabius qui était consul. En entrant dans le camp de ce dernier, le père s'avança à cheval pour le saluer et passa devant les licteurs, mais son fils lui enjoint sévèrement de descendre de cheval. Le père s'exécuta avec satisfaction avec ces mots : « Je voulais voir si tu te rappelais que tu étais consul. » Dans le vocabulaire politique britannique, «le fabianisme» est l'expression d'une politique sociale de progression prudente, en opposition avec toute révolution soudaine.

Fabius Cunctator, Quintus Fabius Maxi-mus Verrucosus, dit le Temporisateur (mort en 203 av. J.-C.) ; général romain.

F., arrière-petit-fils du consul qui remporta en 295 à Sentinum une importante victoire sur les Gaulois et les Samnites, est issu de l’une des plus anciennes familles de l’aristocratie romaine. Avant le début de la deuxième guerre punique, il avait été élu consul (en 233 et en 228), censeur (en 230) et vraisemblablement désigné dictateur en 221. Il s’était déjà distingué en battant les Ligures (233), mais c’est à sa prudence après la défaite du lac Trasimène (217), dans la conduite de la guerre qu’il mena comme dictateur contre Hannibal, qu’il doit sa renommée. Sa tactique, qui consiste à suivre l’ennemi pas à pas sans jamais engager de bataille, semble d’une prudence excessive. Elle lui vaut les surnoms de « Temporisateur », de « bouclier de Rome», à l’inverse de Marcellus, surnommé le « glaive », et permet à Rome de bénéficier d’un répit, nécessaire à la restauration de ses forces. Après le désastre de Cannes (216), il est réélu consul (en 215 et en 214), à la suite de manipulations semble-t-il. Il évite tout combat jusqu’en 209, année où il réussit à la suite d’une trahison à s’emparer de Tarente, cela au cours de son cinquième consulat. Hannibal perd ainsi une cité alliée, l’une des villes les plus florissantes de la Grande-Grèce. Les trophées en provenance de Tarente et surtout le riche butin en œuvres grecques originales, ont, comme l’avaient fait en 211 les pièces rapportées de Syracuse par Marcellus, contribué à l’inspiration et à l’enrichissement du goût artistique romain. Le sud de l’Italie reste toutefois dans son ensemble aux mains des Puniques. Ce n’est qu’en 202 qu’ils sont défaits près de Zama par le jeune Scipion l’Africain. F. ne verra pas cette victoire (il meurt en 203), mais la part qui lui en revient n’échappa pas à ses contemporains : selon le poète Ennius il fut « l’homme dont la temporisation nous redonna un Etat ».

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