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CATHERINE II DE RUSSIE Ekaterina Alexéevna

CATHERINE II DE RUSSIE Ekaterina Alexéevna. Fille du grand-duc d'Anhal-Zerbst, née le 24 avril 1729 à Stettin, la jeune princesse Sophie Auguste Frédérique épousa, en 1745, l'empereur Pierre III de Russie, après avoir pris le nom de Catherine Alexéevna. Proclamée impératrice de Russie après le coup d'Etat de 28 juin 1762, elle sut, malgré une vie privée fort mouvementée, mériter le surnom de « Catherine la Grande ». Elle fonda le Collège des Médecins et une Académie pour le développement de la littérature russe; elle attira en Russie de nombreux savants, écrivains et artistes français, parmi lesquels Diderot et Falconet sont les plus célèbres. Elle mourut le 6 novembre 1796. L'activité littéraire de Catherine II s'étend sur une trentaine d'années. Elle composa des volumes entiers de lois et règlements divers, dont le premier en date fut le fameux Nakaz, ou Instruction donnée à la Commission établie pour travailler à la rédaction d'un nouveau code de lois (1765). Le nombre de lettres qu'elle écrivit et qui parvinrent jusqu'à nous est si grand qu'elle-même, parlant plaisamment, disait être atteinte de graphomanie. Pour donner au public français, qui n'a été touché que par de très rares traductions, une idée de l'importance de l'oeuvre écrite de Catherine II, il faut rappeler que ses oeuvres complètes, éditées en 1901-1908 par l'Académie des Sciences de Saint-Pétersbourg, comprennent douze volumes in-4°, soit plus de 7 000 pages de texte. La langue maternelle de l'impératrice était l'allemand; toutefois, à l'exception d'un petit nombre d'ouvrages composés directement en français, tout le reste était écrit en russe. Bien qu'émaillé de fautes d'orthographe des plus bizarres, son style était rendu très personnel par l'emploi de nombreux dictons et de locutions populaires. Sa collaboration à la traduction du Bélisaire de Marmontel (1768) marqua le début de l'oeuvre purement littéraire de Catherine IL En traduisant cette épopée (qui fut à l'origine de la disgrâce encourue par Marmontel à la cour de France), l'impératrice a voulu montrer l'étendue de son libéralisme. On connaît vingt-cinq pièces de théâtre écrites par elle, ainsi que des fragments de sept autres. En tant qu'auteur dramatique, Catherine II n'avait aucun talent, et toutes ses pièces n'auraient probablement jamais été éditées si ce n'avait été à cause de la personnalité de leur auteur. L'impératrice concevait son métier d'écrivain comme un moyen de rendre populaire l'idée de l'« absolutisme éclairé » qui lui était particulièrement chère, et de combattre les idées qu'elle considérait comme nocives. C'est ainsi que, voyant dans la franc-maçonnerie (qui fut introduite en Russie vers 1730) une force qui pourrait devenir dangereuse pour l'absolutisme, Catherine II, avant de déclencher des mesures de coercition, voulut préparer l'opinion publique. En 1785-1786, elle écrivit trois pièces antimaçonniques (les premières du genre) : L'Imposteur , Le Séduit, et Le Sorcier sibérien. Catherine II ne dédaignait pas de se servir de ses comédies même pour des buts moins importants. Ainsi, lorsque l'économiste français, Mercier de la Rivière, vint, en 1765, en Russie pour y présenter un large plan de réformes sociales, son plan n'eut pas l'heur de plaire à l'impératrice, et il fut renvoyé à Paris après la première audience. Craignant que ce brusque renvoi ne soit interprété comme un manque de libéralisme, Catherine II ridiculisa Mercier de la Rivière et son plan dans un acte intitulé L'Antichambre d'un boyard illustre. Parmi les oeuvres écrites directement en français, les deux plus importantes sont un ouvrage polémique, paru en 1770, intitulé : L'Antidote, ou Examen du mauvais livre intitulé « Voyage en Sibérie fait par ordre du Roi en 1761 », publié par M. l'abbé Chappe d'Auteroche, et une comédie antimaçonnique L'Anti-absurde.


CATHERINE II LA GRANDE (Stettin, 1729-Tsarskoïe Selo, 1796). Impératrice de Russie (1762-1796). Son règne fut l'une des grandes périodes de l'histoire russe, marquée par les conquêtes extérieures et l'éclat des lettres et des arts. Petite princesse allemande, elle fut choisie par l'impératrice Élisabeth Petrovna pour épouser son neveu et héritier, le grand-duc Pierre (futur Pierre III). Convertie à la religion orthodoxe, mariée en 1745, elle acquit rapidement, par son zèle religieux et son patriotisme russe une popularité refusée à son mari, allemand et luthérien. Appuyée par la garde impériale, Catherine II s'empara du pouvoir (1762), entraînant l'abdication de l'empereur, assassiné quelques jours après. Amie de Diderot et de Voltaire, gagnée aux idées du « despotisme éclairé », elle s'attacha d'abord à l'unification législative et administrative de l'Empire. Si son Instruction, inspirée de Montesquieu et du légiste italien Beccaria et qui devait préparer la codification des lois, fut finalement ajournée, l'impératrice favorisa l'instruction et procéda à une importante réforme administrative (1775) qui consolida son pouvoir autocratique servi par une noblesse dont les privilèges furent codifiés. La grande révolte paysanne conduite par Pougatchev (1773-1774) fut impitoyablement réprimée. À l'extérieur, Catherine II agrandit considérablement son empire. Elle annexa la Crimée conquise sur les Turcs (1783) et participa aux trois partages de la Pologne (1772, 1793, 1795) qui apportèrent à l'empire la Biélorussie, la Lituanie et l'ouest de l'Ukraine. Grand mécène, Catherine II embellit Saint-Pétersbourg, notamment par la construction de l'Ermitage (devenu aujourd'hui un musée).

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