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CARNOT Lazare Hippolyte

CARNOT Lazare Hippolyte. Homme politique français. Né à Saint-Omer (Pas-de-Calais) le 6 octobre 1801, mort à Paris le 16 mars 1888. Second fils du « Grand Carnot », après Waterloo il suivit son père en exil, en Belgique, en Bavière et en Pologne. Rentré en France après la mort de ce dernier en 1823, il s'occupa d'études juridiques et sociologiques. Saint-simonien, il fut rédacteur au Producteur et, en 1830, publia un Exposé de la doctrine saint-simonienne. Elu député par la gauche (1839), il fut au nombre de ceux qui préparèrent la chute de la monarchie de Juillet. Nommé Ministre de l'instruction Publique du gouvernement provisoire de 1848, il donna sa démission le 5 juillet de la même année. Membre de l'Assemblée Constituante, il ne fut pourtant pas élu à la Législative. Opposé au coup d'Etat du 2 décembre, il combattit toujours le Second Empire, et par deux fois (1852 et 1857) refusa d'être nommé membre du Corps Législatif pour ne pas prêter serment de fidélité à l'empereur; il finit par accepter en 1864, mais se rangea immédiatement dans l'opposition. Après la chute de l'empire, en 1870, il participa au gouvernement de défense nationale, devint député en 1871, et sénateur à vie à partir de 1875. Durant toute son existence, il poursuivit des études littéraires et historiques : en 1837 il publia les Mémoires de Henri Grégoire, ancien évêque de Blois; en 1845, L'Esclavage colonial, puis les Mémoires sur Carnot par son fils (1861-1863), La Révolution française (2 vol., 1867), et, en collaboration avec David d'Angers, il fit éditer les Mémoires de Bertrand Barrère (1842-1843; 4 vol.).

Carnot, Lazare (Nolay 1753-Magdebourg 1823) ; général et homme politique français. Ses origines modestes, son caractère volontaire et intraitable ainsi que sa critique ouverte de l’Ancien Régime ne favorisent pas vraiment la carrière de C. comme ingénieur militaire, malgré ses remarquables dons scientifiques et mathématiques. Il est au contraire porté aux idéaux révolutionnaires. En 1791, le département du Pas-de-Calais l’envoie comme député à l’Assemblée législative, où il vote avec le parti des Montagnards et se fait un nom comme expert militaire énergique et audacieux. À l’ouverture des hostilités, il est chargé d’organiser l’armée dans le sud de la France. Il exécute si bien cette tâche que le Comité de salut public lui confie les fonctions de ministre de la Guerre (août 1793). Il mérite d’être appelé « l’Organisateur de la victoire ». Il est le premier à utiliser les méthodes de la guerre de masse et d’extermination moderne (armement du peuple, entretien des troupes aux frais de l’adversaire, etc.). Il incarne ainsi la volonté militaire et offensive de la Révolution, et subordonne tout aux exigences de la raison d’État. Les succès de l’armée du Nord (victoire de Wattignies, oct. 1793) sont son œuvre personnelle. Mais comme il n’a jamais pu devenir l’homme d’un parti et qu’il refuse les méthodes violentes de Robespierre, il participe au 9 Thermidor. Intègre, il conserve, même comme membre du Directoire, son indépendance et évolue vers des positions traditionnelles. Il se brouille aussi bien avec les démocrates radicaux qu’avec les contre-révolutionnaires royalistes. Finalement, il est victime des intrigues des politiciens qui savent manipuler le pouvoir tels Barras et Tallien (coup d’État du 18 Fructidor). Napoléon, en revanche, apprécie les qualités de C., le rappelle de l’exil, et le nomme ministre de la Guerre (1800) ; mais d’esprit trop indépendant, il ne conservera pas longtemps cette fonction. Il se risquera même à critiquer ouvertement l’Empire. Retiré de la vie publique, il écrit son important traité De la défense des places fortes (1809). Cet ouvrage suscite chez Napoléon un tel enthousiasme qu’il soutient financièrement l’auteur. En 1814, C. offre ses services à l’Empereur et défend Anvers jusqu’à la chute de Paris. Pendant les Cent-Jours, il exerce de manière exemplaire les fonctions de ministre de l’intérieur, ce qui, outre le fait qu’il avait voté la mort de Louis XVI, le condamne après Waterloo à l’exil à perpétuité. Il meurt ruiné à Magdebourg.

Bibliographie : M. Reinhard, Le Grand Carnot, 1950.

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