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BREMOND abbé Henri

BREMOND abbé Henri. Critique français. Né à Aix-en-Provence- le 31 juillet 1865, mort à Arthez (Basses-Pyrénées) en 1933. Il entra tout jeune dans la Compagnie de Jésus, et accomplit son noviciat et ses études philosophiques en Angleterre. Il enseigna en France de 1892 à 1899, et fit partie de la rédaction d'Etudes, célèbre revue jésuite où parurent ses premiers essais de critique littéraire. En 1904 il fut « écarté » de la Compagnie de Jésus et se fit prêtre séculier, ce qui lui permit de se consacrer exclusivement aux études. Il publia d'abord le premier volume de L'Inquiétude religieuse (1901) (le second volume parut en 1909), oeuvre qui annonce déjà ce mouvement de renaissance du spiritualisme catholique français, philosophique et surtout littéraire, dont le rôle devait être si grand au vingtième siècle. En 1905-1906 il publia quatre volumes consacrés à Newman; en 1912 parut sa Sainte Chantal; accueillie avec faveur par le public, ce livre fut mis à l'index en 1913 sur les instances des visitandines d'Annecy. Il se consacra ensuite à sa grande oeuvre restée inachevée : Histoire littéraire du sentiment religieux en France depuis la fin des guerres de religion jusqu'à nos jours par laquelle il visait à devenir une sorte de Sainte-Beuve catholique. Il connut son heure de succès pendant le Premier après-guerre, avec la publication de essai Pour le romantisme (1923) et de deux études encore plus célèbres : La Poésie pure et Prière et poésie (1927), où il prend position contre l'intellectualisme et le néo-classicisme, et soutient que la poésie est un phénomène entièrement irrationnel, fruit d'une « intuition » instinctive de l'univers, qui se confond parfois avec l'intuition religieuse des mystiques. Élu en 1923 à l'Aca-démie Française, il fut reçu le 24 mai 1924; sa lecture en séance publique des cinq Académies sur la poésie pure souleva une controverse retentissante dans les milieux littéraires.

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