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BOUNINE Ivan Alexéevitch

BOUNINE Ivan Alexéevitch. Poète et romancier russe. Né à Voronèje (Russie), le 22 octobre 1870, mort à Paris le 8 novembre 1953. Issu d'une famille de gentilshommes campagnards qui a donné à la Russie nombre de personnages illustres, son enfance ainsi que son adolescence et la plus grande partie de sa jeunesse se passèrent à la campagne dans les propriétés paternelles. Le servage est aboli, mais le milieu qui l'entoure est encore plein des souvenirs de cette époque. Cette connaissance de la nature et des paysans aura une très grande influence sur son oeuvre. « Dès sept ans, écrira-t-il, ma vie a été liée aux champs, aux isbas des moujiks. » Il est musicien et manifeste toujours ce goût très vif pour la peinture qui apparaît dans son oeuvre littéraire. Il écrivit sa première poésie à huit ans; celle-ci parle d'une vallée de montagnes et des esprits qui s'y promènent par une nuit de lune. Ses parents, loin de contrarier sa vocation poétique, l'encouragent dans cette voie, et surtout sa mère, dont il se souviendra comme d'un être exceptionnel. Le 17 mai 1887, dans l'hebdomadaire Patrie, paraît la première poésie qu'il ait publiée : il a dix-sept ans. Deux ans plus tard il se rend à Kharkov, trouve un emploi dans le zemstvo, vit à Orel, puis à Poltava, où il est correspondant de quelques journaux provinciaux. Il passe un an et demi à Odessa, où il fait partie d'un cercle d'artistes russes du Sud. Son premier recueil de vers paraît à Orel en 1890. Jusqu'en 1894, lisons-nous dans ses Carnets intimes, il n'était en relation avec aucun écrivain et ne faisait partie d'aucun cercle littéraire. Sa première rencontre avec Tolstoï a lieu en janvier 1894. L'année suivante il se rend à Saint-Pétersbourg, où il fait connaissance des rédacteurs de la revue, Richesse russes où il avait déjà publié ses premiers récits et qui représentait une des grandes tendances littéraires de l'époque. Il fait paraître à cette époque des recueils de vers, sous le titre modeste de Tome I, II et III. Son recueil de 1901, Chute des feuilles, marque le début de sa célébrité en Russie. Le critique Tchoukovski écrit de lui en 1914 : « Si Moscou et Saint-Pétersbourg avaient été détruits, pas une ligne de son oeuvre n'eût été changée » : le vent, la fonte des neiges, la chute des feuilles sont les seuls événements qui comptent pour lui. Ses premiers écrits importants en prose datent de 1900, année où ses récits commencent à paraître régulièrement dans le recueil Les Connaissances. Il a immédiatement pris dans la littérature une place particulière que l'Académie des Sciences a reconnu en le nommant membre en 1909. Il y siège aux côtés de Tolstoï, il a trente-neuf ans, fait unique dans les annales de la littérature russe. Son élection coïncide aussi avec la parution de son premier roman, Le Village (1909), premier d'une série où, avec un âpre réalisme, il représente la pauvreté matérielle et culturelle de la campagne russe d'avant la Révolution. Dans les années qui précèdent la guerre il voyage en Turquie, dans le Proche-Orient, en Grèce, à Ceylan, en Europe, surtout en Italie. De ces voyages il rapporte beaucoup de récits de caractère descriptif; mais ses observations font naître en lui aussi des méditations dont s'inspirent ses récits de cette époque : Frères (1914), Le Monsieur de San Francisco (1915). Au cours de la guerre mondiale il publie Les Oreilles en boutonnière et les Rêves de Tchang. Lorsque la Révolution éclate, il quitte Moscou pour la Russie méridionale. En 1920 il se réfugié en France. Au cours de ces années d'exil, qu'il partage entre Paris et Grasse, il publie La Nuit (1925), Le Sacrement de l'amour (1925), La Vie d'Arseniev, A la Source des jours (1935) et Lika (1939). Bien que coupé pendant de longues années de sa patrie, Bounine en conserva un souvenir si vif et si précis que les ouvrages qu'il écrivit sur la Russie pré-révolutionnaire à l'étranger, frappent par l'extraordinaire vérité de l'observation. Il est le seul auteur émigré dont les ouvrages continuent à être lus et appréciés en U.R.S.S. Le 9 novembre 1933, Bounine reçoit le Prix Nobel de littérature pour l'ensemble de son oeuvre.

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